jeudi 3 mars 2016

Netanyahu veut pouvoir expulser vers Gaza les proches d’auteurs d’attentats

 
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu fait examiner depuis hier la possibilité d'expulser vers la bande de Gaza les proches des auteurs palestiniens d'attentats. M. Netanyahu, confronté depuis cinq mois à une nouvelle vague de violences, a demandé au conseiller légal du gouvernement de « vérifier la possibilité juridique de transférer vers la bande de Gaza les membres des familles de terroristes ayant aidé ces derniers », a dit le bureau du Premier ministre...



« Je pense que cela réduira de manière spectaculaire les agissements terroristes contre Israël, ses citoyens et ses habitants », a écrit M. Netanyahu dans sa lettre au conseiller Avichai Mandelblit, publiée sur le site du quotidien Haaretz. Le succès de l'initiative de M. Netanyahu semble cependant incertain. Le conseiller juridique que M. Netanyahu a sollicité a en effet exprimé il y a quelques jours son opposition à de telles expulsions, illégales selon lui au regard des lois israéliennes et internationales, ont rapporté les médias.
« Toute forme de châtiment collectif est illégale et on essaie ici de punir les proches sans qu'ils soient accusés de quoi que ce soit », a déclaré à l'AFP Sarit Michaeli, porte-parole de B'Tselem, ONG israélienne qui documente les violations des droits de l'homme en Judée-Samarie. « Nous sommes là en complète violation de la loi internationale et des conventions de Genève », a-t-elle insisté.
« J'ai du mal à croire que (M. Mandelblit) donnera son accord à une législation encore plus draconienne que celle héritée du mandat » britannique, qui n'autorise à expulser que les auteurs d'attentat eux-mêmes, a dit à la radio publique le professeur Moshe Negbi, expert en droit. « De toute évidence, le Premier ministre est soumis à une forte pression de la droite et de politiciens qui l'accusent d'être trop mou », dit Mme Michaeli. L'un de ses principaux rivaux au sein de son parti, son ministre des Transports Israël Katz, avait défendu ces expulsions mardi.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte de tensions israélo-palestiniennes renouvelées et de fortes pressions exercées sur M. Netanyahu par l'aile la plus à droite de son camp.

Les attaques quasiment quotidiennes, au couteau surtout mais aussi à l'arme à feu et à la voiture bélier, ainsi que les heurts entre Palestiniens et forces israéliennes ont coûté la vie à 180 Palestiniens, 28 Israéliens, un Américain, un Érythréen et un Soudanais depuis le 1er octobre, selon un décompte de l'AFP. La plupart des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d'attentats.
 

Gaza comme un repoussoir

Hier encore, deux Palestiniens de 18 ans infiltrés dans la ville israélienne d'Eli en Judée-Samarie ont légèrement blessé un habitant qui a réussi à se barricader dans sa maison avec sa femme et ses enfants, jusqu'à ce que des soldats israéliens abattent les agresseurs, a rapporté l'armée israélienne.
Le gouvernement de droite de M. Netanyahu a déjà pris des mesures vigoureuses et dénoncées pour certaines comme contraires au droit international et relevant du châtiment collectif, comme la démolition des maisons d'auteurs d'attentats.

L'expulsion de proches d'auteurs d'attaques vers la bande de Gaza durcirait encore la répression. Israël a par le passé expulsé vers Gaza des détenus palestiniens sortis de prison dans le cadre d'échanges de prisonniers.
Source L'Orient le Jour