Buteur de la finale de Coupe Gambardella remportée par le FC Metz en 2010, Jordan Faucher vient d’être élu meilleur joueur étranger en Israël. En six ans, l’attaquant a connu plusieurs détours. Qu’il raconte...
La récompense est à l’image de la trajectoire du garçon : peu banale. À 24 ans, Jordan Faucher a, en effet, réussi la performance de remporter le titre de meilleur joueur étranger en Israël alors qu’il évolue… en D2, avec le Maccabi Herzliya.
Son fait d’armes ? « J’ai marqué 21 buts en 34 matches de championnat et deux autres en Coupe. Quitte à choisir, je préférais avoir le titre de meilleur buteur. Là, j’ai eu les deux », sourit cet attaquant de 24 ans.
Faucher est un nom qui parle sous nos latitudes. Son père, Jean-Robert, est le directeur du Pôle espoirs Grand-Est, ancien entraîneur des jeunes au sein du club grenat également.
Pour l’anecdote, l’oncle de Jordan, Fathi Chebel, a défendu les couleurs de l’ASNL et du FC Metz dans sa riche carrière. Et le titre en Gambardella gagné en 2010 par les Messins doit beaucoup au but égalisateur inscrit par le jeune homme face à Sochaux (1-1, 4-3 aux penaltys)…
Jordan Faucher, justement, n’avait pas été conservé par les Grenats et son périple a commencé là. Par un premier contrat pro à Tours (L2) qui oubliera de le recontacter après la rétrogradation en National décidée par la DNCG. Cap, ensuite, sur la Belgique, à Tournai puis Anvers en 2012. « Sportivement, c’était bien , admet l’attaquant, mais je n’ai pas été payé pendant trois mois. Il fallait trouver une solution. »
Son agent déniche une porte de sortie vers une D2 israélienne, mais l’affaire prend encore une tournure complexe.
« J’étais allé voir sur place le club de Ra’anana et ça me plaisait. Ils m’ont alors envoyé un billet d’avion, mais mon passeport avait expiré , raconte Jordan. J’ai reçu un second billet ensuite, mais c’était un samedi, j’avais un match à jouer et le président d’Anvers ne m’a libéré que le lundi. A cinq jours de la fin du mercato, le club israélien ne voulait pas attendre et il a pris quelqu’un d’autre… »
« Un seul regret »
Le troisième billet sera le bon finalement, mais la destination deviendra Herzliya. Le terrain de la révélation pour Faucher. « Ce pays vit le foot à 100 % , apprécie-t-il. Il y a beaucoup de supporters, parfois fanatiques, des stades neufs, des terrains récents…
Mes conditions de vie sont excellentes aussi en bord de mer avec des gens qui me reconnaissent dans la rue. »
Quid du jeu ? « C’est sans doute moins tactique et moins physique qu’en Ligue 2, mais plus technique. Ce football privilégie la vitesse, le jeu au sol et l’agilité. C’est très plaisant à jouer. »
Jordan Faucher n’a qu’« un seul regret » à ce jour : « Je n’ai pas eu la reconnaissance que j’espérais à Metz », dit-il « sans amertume ». « J’étais souvent meilleur buteur chez les jeunes et j’aurais aimé signer un contrat professionnel avec mon club formateur, mais il y a eu une blessure. Le club a voulu attendre, je ne comprenais pas trop. Et comme j’avais deux-trois propositions, j’ai dû penser à mon avenir. »
Son bonheur était dans l’après. Au bout d’un curieux parcours et de plusieurs détours.
Christian JOUGLEUX
Source Le Republicain Lorrain
