dimanche 11 mai 2014

" Israël n'espionne pas les USA ", selon Amos Yadlin


"Israël n'espionne pas les Etats-Unis, a affirmé samedi l'ancien chef du renseignement militaire israélien Amos Yadlin, en réaction au rapport de samedi dans le magazine américain Newsweek accusant Israël de dépasser "la ligne rouge" en matière d'espionnage sur le sol américain. Dans une entrevue accordée à la deuxième chaîne israélienne, Yadlin a affirmé qu'"en tant qu'ancien chef du renseignement militaire, [je peux dire] avec certitude, Israël n'espionne pas les États-Unis. Et les chefs militaires des 29 dernières années vous diront la même chose"...



"Chaque premier ministre [d'Israël], depuis l'incident Pollard, a très clairement demandé aux responsables du renseignement : Israël ne doit pas espionner les Etats-Unis".
Plus tôt samedi, le ministre israélien des Affaires stratégiques et du Renseignement, Youval Steinitz, a pour sa part affirmé qu'il s'agit d'une "tentative malicieuse et intentionnelle de saboter les relations entre Israël et les Etats-Unis".
Le magazine américain Newsweek a rendu public un nouveau rapport ce week-end sur le sujet, présentant des preuves de responsables du renseignement américain sur les actions présumées d'Israël.
Selon Newsweek, malgré la fausse colère affichée par les représentants israéliens cette semaine qui s'indignaient de l'étude, l'Etat hébreu a effectué de l'espionnage contre des cibles américaines, et continue de le faire. De leur côté, les autorités américaines '"exonèrent" de toute sanction Israël, qui reçoit un traitement spécial.
Le magazine cite un "ancien haut responsable du renseignement américain", qui rappelle un incident s'étant produit il y a 16 ans, au cours duquel un agent de la protection rapprochée ("Secret service") qui était seul pour un moment dans une suite d'hôtel réservée au vice-président américain Al Gore a repéré un homme - apparemment un agent du renseignement israélien – qui serait sorti d'une bouche d'aération pour arriver dans la pièce.
L'agent des services secrets américain a toussé légèrement, afin d'alerter l'agent israélien de sa présence, ce dernier ne l'ayant pas remarqué, ce qui a provoqué une fuite succincte de sa part.
Newsweek décrit une relation compliquée entre Israël et les Etats-Unis. Bien que les services de renseignements américano-israéliens soient généralement en termes amicaux, parfois des incidents comme ceux-ci peuvent se produire - mais la réponse des États-Unis est généralement de les balayer sous le tapis au lieu d'engager un véritable scandale.
"Les activités intensives d’espionnage menées par Israël aux Etats-Unis sont régulièrement passées sous silence en raison du réseau "d'amis" de l'Etat hébreu "au Congrès, dans l’industrie, et au sein des administrations successives, Républicaines et Démocrates, prêts à contester toute insulte (envers Israël) de la part de responsables américains", a déclaré jeudi un ancien responsable du renseignement américain au magazine Newsweek.
L’espionnage israélien sur le sol américain est "considérable depuis des années", a déclaré le responsable et "incomparable à celui d'autres pays alliés".
"Israël a dépassé la ligne rouge de l'espionnage", alertait la semaine dernière le journal.
"Une petite communauté d’ex-agents de la CIA, du FBI, et de militaires liés à ce dossier a félicité la publication du rapport (du magazine Newsweek)", a-t-il ajouté, "Aucun d’eux n’est antisémite et cela n’a pas de rapport avec l’antisémitisme. Il s’agit juste de savoir pourquoi Israël est traité comme un enfant gâté, alors que si le Japon ou l’Inde faisaient la même chose, leurs activités seraient considérées comme scandaleuses".
Des sources du renseignement américain ont confié à Newsweek qu’après l’Affaire Pollard, le FBI a été forcé de convoquer plusieurs fois des diplomates israéliens à Washington pour des réprimandes.
"Il est tout simplement impossible de mettre un Israélien dans l’embarras", a déclaré un autre responsable américain jeudi.
Selon un rapport publié mardi dans Newsweek, “les efforts déployés par Jérusalem pour dérober des secrets américains sous couvert d’accords commerciaux et de contrats technologiques ont franchi la ligne rouge (...) et sont allés bien au-delà des activités menées par d’autres alliés proches des Etats-Unis tels que l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et le Japon”.
Les auteurs du rapport ont affirmé que l’industrie américaine et des secrets dans le domaine technologique seraient les principales cibles de l’espionnage israélien.
"Israël est le seul pays, parmi tous les alliés des Etats-Unis, qui continue de franchir la ligne rouge en matière d'espionnage", avait affirmé un ancien membre du Congrès.
De son côté, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Liberman a qualifié mercredi de "malveillant" ce rapport et a estimé qu'il avait été "fabriqué".
Source I24News