Le député Avigdor Lieberman a adressé samedi les déclarations turques disant qu'Israël était derrière un article du Washington Post disant qu'Ankara avait révélé un réseau d'espionnage israélien en Iran. Lieberman a écrit sur sa page Facebook samedi : "mon opposition à présenter des excuses à la Turquie n'est pas nouvelle, et je l'ai clairement exprimé avant et après. J'étais certain qu'elles ne mèneraient pas à un rapprochement mais compromettraient le statut d'Israël dans la région et joueraient en faveur des extrémistes du Moyen Orient, y compris la Turquie dirigée par l'islamiste radical Erdogan."
"C'est pourquoi je ne suis pas surpris par les accusations de la Turquie qu'Israël est derrière l'article du Washington Post sur "l'exposition d'espions israéliens en Iran", et je ne suis même pas certain qu'il y avait un tel réseau d'espions," a ajouté Lieberman.
"Cette accusation turque qui affirme qu'Israël était derrière le rapport (du Washington Post) pour ne pas avoir à payer des compensations aux passagers du Marmara, de même que les accusations antérieures qui disaient qu'Israël était derrière les émeutes de manifestants turcs sur la place Taksim, ou les accusations d'Erdogan qui disait avoir "des documents et des preuves" qu'Israël était derrière le coup d'état qui a renversé Morsi en Egypte, sont sans fondement, et prouvent encore que la Turquie d'Erdogan n'est pas intéressé à améliorer ses relations avec Israël."
"C'est pourquoi j'espère que nous arrêterons de nous bercer d'illusions et comprendrons la réalité que nous vivons et la différence entre ce que nous voulons et nous avons."
Plus tôt samedi, le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a soutenu le chef du renseignement turc, Hakan Fidan, en ce qui concerne la conduite de ce dernier en "exposant des espions israéliens en Iran." Davutoglu a été cité par le quotidien turc Hurriyet, samedi, disant que la critique occidentale de Fidan était déplacée, alors que le chef du renseignement ne faisait que son travail.
"C'est le jour pour se tenir avec Fidan, qui a été la cible d'accusations. Fidan ne fait pas ce travail pour ses intérêts personnels, mais pour la Turquie," a déclaré le ministre des affaires étrangères.
"Quand vous lisez ces articles, Hakan Fidan est accusé d'établir une structure de renseignement indépendante, et de ne pas laisser d'autres agences de renseignement opérer en Turquie. Par conséquent, il est blâmé pour avoir fait son travail," a déclaré Davutoglu dans une interview avec Kanal 7.
Jeudi, David Ignatius, un important journaliste du Washington Post, a rapporté que la Turquie avait révélé aux renseignements iraniens l'identité de jusqu'à 10 iraniens qui se réunissaient en Turquie avec leurs officiers traitants du Mossad.
Selon les témoignages, des responsables ont critiqué la décision turque comme compromettant potentiellement les intérêts d'Israël. Selon le rapport du Post, Israël soupçonnait Fidan d'avoir transmis des informations à l'Iran, en raison des liens apparemment amicaux entre Fidan et Téhéran.
Le ministre turc des affaires étrangères a toutefois insisté samedi que les rapports d'Ignatius étaient contradictoires et incohérents. "Ces accusations sont tellement incompatibles que d'une part elles disent que Fidan est un proche de l'Iran, mais dans le même article, il est accusé de soutenir les groupes qui luttent contre l'influence de l'Iran. C'est une accusation très grave. Aucun de nos représentants n'agit au nom de tout autre pays," a dit Davutoglu.
"La Turquie n'est pas un pays dans lequel d'autres services de renseignement peuvent confortablement effectuer des opérations. C'est une exigence de l'indépendance," a-t-il ajouté.
Selon Davutoglu, Fidan est devenu le chef de l'organisation nationale de renseignement après avoir obtenu le crédit de tous pour avoir participé à des négociations avec Israël et les autorités (terroristes) de Gaza.
Fidan est l'un des proches conseillers du premier ministre turc Erdogan. Il a été nommé chef du renseignement de la Turquie en 2010, et était considéré par le ministre israélien d'alors, Ehoud Barak, comme étant pro-iranien.
Un profil récemment publié dans le Wall Street Journal a placé Fidan comme le numéro deux en Turquie, devançant même le président Abdullah Gul, et un responsable israélien a été cité comme disant qu'il "est clair qu'il n'est pas un ennemi de l'Iran."
Source Juif.Org
