dimanche 15 mai 2016

Le Hezbollah accuse les insurgés syriens d’avoir tué leur chef militaire




Le Hezbollah chiite libanais accuse les combattants sunnites opposés à Bachar Al-Assad d'être responsables de la mort de Moustafa Badreddine, l'un des ses plus importants chefs militaires. Une version des faits questionnée par l'Observatoire syrien des droits de l'homme...






Celui qui dirigeait les opérations du Hezbollah sur le théâtre syrien aurait été tué vendredi par des tirs d'artillerie sur une base proche de l'aéroport de Damas, selon le Hezbollah.
Après l'annonce de la mort de Moustafa Badreddine, des dirigeants du mouvement chiite avaient d'abord mis en cause Israël. Mais samedi matin, le Hezbollah, qui combat aux côtés du régime Assad dans la guerre en Syrie, a accusé les « groupes takfiris », une expression qu'il utilise pour désigner les « rebelles extrémistes » sunnites syriens.
Un politicien libanais étroitement lié au gouvernement de Bachar Al-Assad a confié à l'Associated Press, sous le couvert de l'anonymat, que Moustapha Badreddine avait péri jeudi soir après qu'un obus eut explosé près de lui à l'extérieur des locaux du Hezbollah situés à proximité de l'aéroport de Damas.
Il a ajouté que le Hezbollah et l'armée syrienne étaient très présents autour de l'aéroport et que cette zone était fréquemment visée par des tirs d'obus.
Le secteur au sud de la capitale syrienne abrite de nombreux groupes armés opposés au régime Assad, dont le Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaida.
Mais selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), « aucun bombardement ou tir venant de la Ghouta orientale [ qui s'étend entre l'aéroport et le centre de Damas, tous deux sous contrôle gouvernemental ] en direction de l'aéroport international de Damas n'a été signalé depuis plus d'une semaine ».
Rami Abdoulrahmane, directeur de l'OSDH basé à Londres, a déclaré qu'aucune frappe n'avait eu lieu dans la région de l'aéroport depuis mercredi, selon son réseau de sources sur le terrain.
Le conflit syrien a fait plus de 250 000 morts depuis 2011, dont environ 1000 à 1200 combattants du Hezbollah.
Dans un communiqué, le Hezbollah a affirmé que la mort de Moustafa Badreddine ne ferait qu'augmenter sa volonté de continuer à lutter contre les insurgés au régime de Bachar Al-Assad, jusqu'à ce que ceux-ci soient vaincus.

Qui était Moustafa Badreddine ?


Âgé de 55 ans, Moustapha Badreddine était le plus haut dirigeant militaire du Hezbollah depuis 2012, date à laquelle le mouvement chiite libanais s'est joint à la guerre civile syrienne.
Il avait été condamné à mort au Koweït pour son rôle dans des attentats à la bombe commis en 1983, mais était parvenu à s'échapper des prisons koweïtiennes après l'invasion du pays par l'Irak, en 1990.
Pendant de nombreuses années, Moustapha Badreddine avait organisé des opérations militaires contre Israël à partir du Liban et d'autres pays. Moustafa Badreddine, était sous le coup de sanctions américaines et avait été inculpé par le Tribunal spécial pour le Liban de l'ONU dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri en 2005. L'année dernière, une déclaration du département du Trésor américain détaillant les sanctions prises à son encontre le décrivait comme responsable des opérations militaires du Hezbollah en Syrie depuis 2011.
Cette source affirmait en outre qu'il accompagnait le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors de réunions stratégiques avec Bachar Al-Assad à Damas.


Source Radio Canada