Après deux millénaires de cohabitation paisible entre juifs et musulmans en Terre d'Islam, le XXe siècle aura été définitivement le siècle de l'affrontement brutal et inattendu, au regard de l'histoire, entre ces deux communautés religieuses. Si la Shoah aura finalement rapproché juifs et chrétiens, la création de l'Etat d'Israël va durablement brouiller juifs et musulmans. Une nouvelle génération d'auteurs arabes s'élève aujourd'hui, pour imaginer un nouveau rapport, que pourraient établir juifs et musulmans, dans le monde, au XXIe siècle, en mettant l'Humain et l'Universel, au cœur de leurs relations.
Le XXe siècle, un indéniable point d'inflexion dans les relations entre juifs, chrétiens et musulmans...
Des hauteurs de l'Atlas marocain aux confins de l'Iran, en passant par les déserts de l'Arabie, des communautés juives ont paisiblement vécu en Terre d'Islam, pendant près de deux mille ans, avec néanmoins des épisodes sporadiques d'oppression, qui restent cependant infiniment moins tragiques que les pogroms subis en Europe pendant le dernier millénaire, et en particulier, le siècle dernier.
La Shoah va alors constituer, au milieu du XXe siècle, un point d'inflexion indéniable dans les relations entre les juifs du monde et les autres communautés religieuses.
En effet, si le drame innommable qui s'est joué au cœur de l'Europe, a finalement et indéniablement rapproché chrétiens et juifs, sur un sentiment initial de culpabilité, puis ensuite sur la convergence d'intérêts, la création de l'Etat d'Israël sur la Terre de Palestine, va durablement opposer juifs et musulmans, qui vont s'affronter, d'abord dans des guerres-éclairs, avant de s'enliser dans une interminable et assourdissante guerre émotionnelle mondiale qui dure jusqu'à ce jour, et dont le 11 septembre 2001, aura été l'un des avatars.
Près de 70 ans après la création de l'Etat d'Israël, le fait est, que ce dernier est devenu une puissance incontournable du Moyen-Orient, au niveau économique et militaire, et un acteur technologique d'envergure mondiale.
De l'autre côté de ses frontières, l'Etat Palestinien, toujours à naître, est aujourd'hui dépourvu de ressources propres, ghettoïsé par Israël, enlisé dans des guerres de pouvoirs intestines, avec un avenir bien incertain. Si les responsabilités sont largement partagées dans le sort de l'Etat de Palestine aujourd'hui, le drame humain du peuple palestinien, est dû en partie, à l'embargo généralisé dans lequel le tient Israël, au mépris du droit international.
La rue arabe, jusque-là indéfectiblement pro-palestinienne, semble aujourd'hui absorbée par les problèmes sociaux-économiques et politiques qui ont découlé des différents 'printemps arabes', induits par la récession économique de l'Europe, elle-même contaminée par la crise financière outre-Atlantique.
C'est dans ce contexte mondial compliqué du début du XXIe siècle, que des intellectuels arabes, voyant les importantes implications de la confrontation judéo-musulmane, tentent de repenser les relations entre juifs et musulmans, pour les décennies à venir, et d'infléchir un retour à une relation pacifiée, voire à une relation de collaboration symbiotique entre les deux communautés, qui auraient, entre autres bénéfices, de résoudre le drame du peuple palestinien.
En tête de pont de ces intellectuels arabes, moi, essayiste marocain de 35 ans, qui publie, en février 2014, aux Editions Auteurs du Monde, un essai intitulé La Posture d'Abraham, Un regard surprenant sur Israël et la Palestine, dans lequel je développe un nouveau concept, préalable et fondateur d'un rapprochement judéo-musulman, au XXIe siècle.
Source Huffingtonpost
