Comme la Paracha, notre Haftara se focalise sur les règles strictes concernant les Cohanim. Voici le texte de la Haftara en francais suivi de 3 analyses du texte....
Texte de la Haftara :
Mais les sacrificateurs, les Lévites, fils de Tsadok, qui ont fait le service de mon sanctuaire quand les enfants d’Israël s’égaraient loin de moi, ceux-là s’approcheront de moi pour me servir, et se tiendront devant moi pour m’offrir la graisse et le sang, dit le Seigneur, l’Éternel.
Ils entreront dans mon sanctuaire, ils s’approcheront de ma table pour me servir, ils seront à mon service.
Lorsqu’ils franchiront les portes du parvis intérieur, ils revêtiront des habits de lin ; ils n’auront sur eux rien qui soit en laine, quand ils feront le service aux portes du parvis intérieur et dans la maison.
Ils auront des tiares de lin sur la tête, et des caleçons de lin sur leurs reins ; ils ne se ceindront point de manière à exciter la sueur.
Lorsqu’ils sortiront pour aller dans le parvis extérieur, dans le parvis extérieur vers le peuple, ils ôteront les vêtements avec lesquels ils font le service, et les déposeront dans les chambres du sanctuaire ; ils en mettront d’autres, afin de ne pas sanctifier le peuple par leurs vêtements.
Ils ne se raseront pas la tête, et ne laisseront pas non plus croître leurs cheveux ; mais ils devront couper leur chevelure.
Aucun sacrificateur ne boira du vin lorsqu’il entrera dans le parvis intérieur.
Ils ne prendront pour femme ni une veuve, ni une femme répudiée, mais ils prendront des vierges de la race de la maison d’Israël ; ils pourront aussi prendre la veuve d’un sacrificateur.
Ils enseigneront à mon peuple à distinguer ce qui est saint de ce qui est profane, ils lui feront connaître la différence entre ce qui est impur et ce qui est pur.
Ils seront juges dans les contestations, et ils jugeront d’après mes lois. Ils observeront aussi mes lois et mes ordonnances dans toutes mes fêtes, et ils sanctifieront mes sabbats.
Un sacrificateur n’ira pas vers un mort, de peur de se rendre impur ; il ne pourra se rendre impur que pour un père, pour une mère, pour un fils, pour une fille, pour un frère, et pour une soeur qui n’était pas mariée.
Après sa purification, on lui comptera sept jours.
Le jour où il entrera dans le sanctuaire, dans le parvis intérieur, pour faire le service dans le sanctuaire, il offrira son sacrifice d’expiation, dit le Seigneur, l’Éternel.
Voici l’héritage qu’ils auront : c’est moi qui serai leur héritage. Vous ne leur donnerez point de possession en Israël : je serai leur possession.
Ils se nourriront des offrandes, des sacrifices d’expiation et de culpabilité ; et tout ce qui sera dévoué par interdit en Israël sera pour eux.
Les prémices de tous les fruits, et toutes les offrandes que vous présenterez par élévation, appartiendront aux sacrificateurs ; vous donnerez aux sacrificateurs les prémices de votre pâte, afin que la bénédiction repose sur votre maison.
Les sacrificateurs ne mangeront d’aucun oiseau et d’aucun animal mort ou déchiré.
Analyse 1 : Les fils de Tsaddoq
Dans le premier verset de cette haftara (Ezéchiel 44, 15 à 31), le prophète met l'accent sur le rôle que joueront « les kohanim fils de Tsaddoq » dans le service qui sera célébré dans le troisième Temple.
Que signifie cette restriction de la fonction sacerdotale aux seuls « fils de Tsaddoq » ?
Déjà au chapitre 40, 46 Ezéchiel avait annoncé que ce sont les fils de Tsaddoq , et eux seuls ( Metsoudath David ), qui assureront alors le service de Hachem , et ce par opposition à ceux « qui se sont éloignés de Hachem dans les égarements d'Israël par lesquels ils se sont égarés d'auprès de Lui » (44, 10).
Au début de la monarchie, deux grands prêtres se sont partagé la dignité de kohen gadol, Tsaddoq et Eviathar (voir notamment I Samuel 15, 24 à 29).
Cependant, Eviathar s'est rangé aux côtés d' Adoniyahou lorsque celui-ci s'est dressé contre son père, le roi David, qui avait désigné Salomon comme son successeur (I Rois 1, 7).
En punition de sa rébellion, Salomon le démit de ses fonctions sacerdotales et l'exila à Anatoth (I Rois 2, 26 et 27).
Rappelons que le prophète Jérémie faisait partie des « kohanim qui étaient à Anatoth » (Jérémie 1, 1). On peut donc dire d'Ezéchiel et de Jérémie que, bien qu'ils fissent l'un et l'autre partie des kohanim , ils n'appartenaient pas au même lignage.
Signalons encore que la dignité de kohen gadol , pendant la période du deuxième Temple, a toujours été conférée aux seuls descendants de Tsaddoq , en tout cas jusqu'aux Hasmonéens.
Jacques KOHN
Analyse 2 : Une anomalie scripturale
Cette haftara, qui définit ce que sera le rôle des kohanim dans le futur troisième Temple, contient un verset qui présente une anomalie scripturale (qeri kethiv) :
« Et dans les litiges ils se tiendront debout pour juger ; ils jugeront par Mes jugements, et ils garderont Mes lois et Mes statuts dans toutes Mes solennités, et ils sanctifieront Mes Chabbathoth » (Ezéchiel 44, 24).
Mais alors qu’il est écrit : וִשְׁפְּטֻהוּ (« ils seront jugés »), on doit lire : יִשְׁפְּטֻהוּ (« ils jugeront »).
Dans son œuvre maîtresse, le Méchekh ‘hokhma (ad Wayiqra 24, 23), Rabbi Méir Sim‘ha hakohen de Dvinsk interprète ce mot selon la manière dont il est écrit et non d’après celle dont on le lit, et il comprend ce verset comme signifiant que « dans les litiges, [les juges] aussi se tiendront debout pour être jugés ».
Et rappelant la règle selon laquelle, dans un procès, les parties doivent « se tenir debout », tandis que les juges restent assis (Chevou‘oth 30b), il en déduit que ce verset oblige également ceux-ci à rendre des comptes à la justice.
Autrement dit, lorsque ce verset indique que les juges « se tiendront debout », il vient nous apprendre qu’ils seront eux aussi jugés, de même que le kohen gadol « juge et peut être jugé » (Sanhédrin 18a).
Jacques KOHN
Analyse 3
Le début de notre paracha nous parlait des règles que devaient observer les prêtres (COHANIM) dans leur vie personnelle. Elles sont toujours en vigueur de nos jours, malgré l’absence du Temple de Jérusalem.
Le COHEN doit notamment observer l’interdiction de pénétrer dans un cimetière ou dans une maison où se trouverait une personne décédée n’appartenant pas à sa famille proche (père, mère, épouse, enfants, frères ou sœurs non-mariées). Il y a donc là des règles spécifiques de pureté qui lui sont imposées.
De plus, il ne peut contracter n’importe quelle union. Ainsi, il ne peut épouser une femme de mauvaises mœurs, (prostituée), déshonorée (issue du mariage d’un COHEN avec une personne qui lui serait interdite), ou une femme divorcée. Il lui est également interdit d’épouser une femme non-juive même si elle est convertie selon la HALAKHA.
Comme référence à ce qui vient d’être dit, il convient de se reporter à Lévitique XXI, 1 - 15).
C’est donc en complément à ces interdits, que nos Maîtres ont adopté pour texte de la Haphtara devant être lue ce chabbat, selon le rite sefarade, le texte du prophète EZEZCHIEL XLIV, 15 à 31.
Nous commenterons ici le verset 24 disant : "« Ils observeront mes doctrines et mes statuts pour toutes mes solennités, et ils sanctifieront mes sabbats. »" Il ne s’agit pas ici du degré d’observance des jours fériés, comme certains le supposent, car la TORAH est à ce point de vue la même pour le simple israélite comme pour le COHEN.
Selon RADAK, il faut lire : « Ils observeront mes fêtes et mes sabbats, sous le rapport des sacrifices et autres offrandes dont la responsabilité leur est confiée. » En acceptant cette interprétation, on pourrait comprendre ceci dans le sens suivant :
« Dans toutes mes solennités, ils observeront mes doctrines et mes statuts. », seulement dans les solennités, mais pas dans d’autres circonstances. Aussi, tout en soulignant le rôle qu’ont à jouer les prêtres, EZECHIEL veut aussi mettre l’accent sur le fait que l’observance des fêtes et des solennités religieuses nous incombe à tous, sans distinction.
Une autre interdiction de droit commun vient particulièrement s’adresser au prêtre : "« Tout animal mort ou déchiré, soit volaille soit quadrupède, les pontifes ne pourront en manger ». (verset 31)." Déjà dans la TORAH, dans notre paracha de EMOR (Lévitique XXII, 8) il était écrit : « Une bête morte ou déchirée, il (le COHEN) n’en mangera point ; elle le rendrait impur : je suis l’Eternel ».
La fin de ce verset souligne la conséquence de cette transgression pour le pontife.
IBN EZRA, sur ce verset précise : « La souillure attachée à cette consommation a pour le prêtre une gravité particulière, en ce qu’elle l’exclut momentanément de l’exercice de ses fonctions. Cette défense est donc spécialement intimée aux prêtres, à cause de l’impureté résultant de sa violation, impureté qui le concerne plus que personne.
Cependant, n’oublions pas que le Judaïsme ne connaît pas de pompe pontificale. Nous sommes tous une nation de prêtres.
Dans l’exercice du culte, il n’est pas nécessaire de faire appel à des ornements extérieurs comme marque d’orgueil devant la grandeur de D.ieu.
En somme, les prêtres aussi bien que tous les fidèles doivent trouver leur raison d’être dans une existence mise au service de D.ieu, en conformité avec Sa Loi. Les prêtres doivent simplement considérer qu’ils ont plus de devoirs que les autres, et ils doivent s’efforcer de s’en montrer dignes.
Source Massorti + Chiourim + Yoyo24 + Chiourim
