mardi 15 mai 2018

Toute sa vie, ce Bourbonnais a cru avoir été abandonné alors que sa mère, juive, avait été déportée en 1942


Joseph Nadanowska a pensé toute sa vie que sa mère l’avait abandonné. Jusqu’à sa mort, il n’a jamais su la vérité. Juive, sa mère, a été arrêtée et déportée en 1942......Détails.......  

« Et ma mère ? », s'interrogeait encore Joseph Nadanowska, au seuil de sa vie. Il est décédé à 66 ans, en 2004, à Moulins, sans jamais avoir de réponse à sa question… Joseph Nadanowska a toujours cru, comme on le lui avait dit, que sa mère l'avait abandonné. Il a toujours cherché à savoir, à comprendre.
Au décès de son mari, sa femme, Monique Nadanowska, a continué les recherches.
C'est elle qui, avec l'aide d'associations, a retrouvé l'histoire Szajndla Nadanowska, la mère de son mari. Elle en a remonté le fil jusqu'à découvrir la vérité.
 
Abandonné par sa mère ?
 
C'est ce qu'a toujours pensé Joseph Nadanowska. Placé par l'Assistance publique dans une famille d'accueil en Saône-et-Loire puis à Gannay-sur-Loire, Joseph a grandi en n'ayant guère d'autres explications que celle-là.
Plusieurs fois, il a demandé à l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) d'ouvrir son dossier, convaincu d'y trouver une piste, un début de réponse.
L'AP-HP a toujours refusé.
Toute sa vie, il a composé avec ce silence et cette interrogation sur sa mère. Pourquoi l'a-t-elle abandonné ?
 
Sa mère déportée
 
Il a fallu la persévérance de Monique Nadanowska pour connaître la vérité. En 2006, deux ans après la mort de Joseph, ses recherches la conduisent sur le site Internet du Memorial de la Shoah.
Apparaît alors le nom de Szajndla Nadanowska. Monique Nadanowska tombe des nues.
En quelques minutes, elle découvre ce que son mari a cherché toute sa vie, la vérité sur sa mère. Elle est terrible.
Szajndla Nadanowska, polonaise, juive, a été déportée le 22 juin 1942, dans le camp d'extermination nazi d'Auschwitz. La jeune femme n'en est pas revenue.

Un hommage à Moulins



L'histoire de Joseph Nadanowska et de sa mère a ému. Le Foyer de l'enfance à Moulins a été le premier à rendre hommage à l'ancien enfant placé en famille d'accueil.
Depuis le 16 novembre 2015, le foyer parental porte son nom.
Serge et Beate Klarsfeld, à la tête de l'association des fils et filles de déportés juifs de France, avaient fait le déplacement à Moulins, leur association avait épaulé Monique Nadanowska dans ses recherches.
Serge Klarsfeld avait alors expliqué que Szajndla « a été déportée par le premier convoi qui part de Drancy. Ce sont les premières femmes à être déportées, 66 femmes partiront par ce convoi n°3 ».
 
Les excuses et l'hommage de l'Assistance publique
 
Une autre plaque a été dévoilée, le 21 janvier 2016, en mémoire de Joseph Nadanowska, dans le hall des locaux de l'AP-HP à Paris. Martin Hirsch, directeur de l'Assistance publique, a parlé d'une « faute » de l'AP-HP qui a toujours refusé d'ouvrir le dossier Nadanowska.
Or, il y était indiqué que sa mère était juive. Un indice suffisant qui aurait orienté les recherches de Joseph Nadanowska.
Sans doute parce qu'elle ne portait pas l'étoile jaune, Sjzajndla Nadanowska a été arrêtée par la police française, le 15 juin 1942, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) où elle habitait avec son fils.
Samedi 28 avril 2018, son nom s'est ajouté à la liste des 50 femmes et hommes juifs de Levallois qui ont été déportés. Une plaque fixée sur la façade de la syngagogue de la ville honore leur mémoire.
Désormais, y figure aussi Szajndla.
« Le rabbin de Levallois, Chalom Lellouche, m'a appelée parce qu'il voulait rendre hommage à Szajndla. Il voulait poser une plaque sur la synagogue », témoigne Monique Nadanowska.
L'épouse de Joseph a pu se rendre dans la rue où son mari habitait avec sa mère, 52 avenue de la Porte de Villiers. Là où Szajndla Nadanowska a été arrêtée. Elle avait 28 ans.
Joseph alors âgé de 4 ans, n'a jamais revu sa mère. Dans son discours, Monique Nadanowska s'est adressée à elle :
« J'ai l'impression, Szajndla, de vous avoir toujours connue car Joseph pensait si souvent à vous, se rappelant combien vous étiez douce et belle. Quelques semaines avant son décès, malgré sa grande fatigue, il évoquait encore votre souvenir avec moi. Joseph ne vous a jamais oubliée ».
 
Leïla Aberkane

Source La Montagne
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