dimanche 15 novembre 2015

L’enquête se poursuit, la France en deuil


Pendant que l’enquête se poursuit, la France se recueille.

Il s’agit de la pire attaque terroriste qui ait jamais frappé la France. Six attaques ont eu lieu simultanément à Paris et à Saint-Denis, vendredi 13 novembre...



Un bilan provisoire fait état d’au moins 129 morts et 352 blessés, dont beaucoup dans un état grave, selon le procureur de la République de Paris, François Molins, mais il pourrait s’alourdir.
Sept terroristes sont morts, l’un tué par les forces de l’ordre, les autres après avoir actionné leurs ceintures explosives. L’organisation Etat islamique a revendiqué ces meurtres, samedi.
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  • Ce que l’on sait de l’enquête

Trois équipes de terroristes. Le procureur François Molins a évoqué, samedi 14 novembre dans la soirée, trois équipes de terroristes, qui ont mené « des actions coordonnées ».
Ils étaient équipés du même type d’armes, et surtout portaient tous des gilets explosifs de même genre, composés de TATP (péroxyde d’azote) et d’un dispositif avec les mêmes piles et boutons-poussoirs.
Contre l’intervention en Syrie. Selon le magistrat, les « terroristes » qui ont perpétré l’attaque contre la salle de spectacle du Bataclan ont évoqué la Syrie et l’Irak. De nombreux témoignages de personnes présentes au Bataclan ont fait état de références à François Hollande et à l’engagement militaire de la France en Syrie.
Un kamikaze français identifié. L’un des 7 terroristes tués, un Français né en 1985, a été identifié grâce à des traces qu’il a laissées dans le carnage du Bataclan. Il s’agit d’Ismaël Omar Mostefaï, un homme de 29 ans natif de Courcouronnes, dans l’Essonne, qui vivait ces dernières années dans le quartier de La Madeleine, à Chartres (Eure-et-Loir) Il a été condamné à 8 reprises, sans jamais être incarcéré.
Il avait fait l’objet d’une « fiche S » pour radicalisation en 2010, mais n’avait « jamais été impliqué dans un dossier de filière ou d’association de malfaiteurs terroriste ».
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Selon les informations du Monde, il aurait séjourné en Syrie entre l’automne 2013 et le printemps 2014.
A son retour, installé à Chartres, il a été observé lors de surveillances d’un petit groupe de salafistes par les services de renseignement. Samedi en fin de journée, dans le cadre de l’enquête, son frère et son père ont été placés en garde à vue, et leurs domiciles respectifs ont été perquisitionnés à des fins de vérification.
Un passeport trouvé. M. Molins a confirmé qu’un passeport syrien avait été retrouvé à proximité d’un des kamikazes de Saint-Denis, sans que le lien avec son propriétaire ait encore été formellement établi.
Il appartient à un Syrien né en 1990, qui n’était pas connu des services de renseignement français.
Deux véhicules identifiés. L’analyse des images de vidéosurveillance et des témoignages ont mis les enquêteurs français sur la piste de deux véhicules : une Seat noire et une Polo de la même couleur immatriculée en Belgique. Ce dernier véhicule avait été loué par un Français résidant en Belgique.
Piste en Belgique. L’homme a été contrôlé samedi matin à la frontière belge à bord d’un autre véhicule dans lequel se trouvaient deux autres personnes résidant dans la région de Bruxelles.
Les trois hommes, qui n’étaient pas connus des services de renseignement français, ont été interpellés par la police belge, qui a également ouvert plusieurs enquêtes.
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  • L’heure du recueillement dans toute la France

Malgré l’état d’urgence décrété vendredi soir et, dans certains départements, l’interdiction de se rassembler, de nombreux Français ont manifesté samedi 14 novembre leur solidarité avec les victimes des attentats de vendredi à Paris.
A Paris, ils étaient nombreux à venir se recueillir toute la journée de samedi sur les lieux des fusillades.
Des bougies, des mots ou des bouquets de fleurs ont été déposés jusqu’à tard le soir samedi.
Des rassemblements ont également eu lieu dans toute la France. A Caen, une centaine de personnes est venue se recueillir place du théâtre. Alors qu’à Lille, le rassemblement a été perturbé par des militants d’extrême droite, rapidement chassés par les personnes présentes.
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  • Les mesures prises par les pouvoirs publics

Etat d’urgence. Dès vendredi, tard dans la soirée, le président de la République François Hollande a annoncé la mise en place en place de l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire.
Instauré par la loi du 3 avril 1955, motivé alors par la situation en Algérie, l’état d’urgence est un régime à part – entre la situation normale et l’état de siège – qui renforce les pouvoirs de l’autorité administrative.
Il n’est décrété que dans des situations exceptionnelles, à l’image de celle qu’a connue Paris vendredi soir.
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Contrôle aux frontières. M. Hollande a également « décidé le rétablissement immédiat des contrôles aux frontières », a fait savoir l’Elysée et non « la fermeture » comme annoncé dans un premier temps par le président.
Le rétablissement des contrôles aux frontières avait en fait déjà été décidé et mis en œuvre à compter de vendredi pour un mois, afin de sécuriser l’entrée sur le territoire dans le cadre de la conférence de Paris sur le climat (COP21), prévue du 30 novembre au 11 décembre, où 195 délégations officielles sont attendues.
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Plan blanc dans les hôpitaux. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), a annoncé le déclenchement du « plan blanc » dans tous ses hôpitaux après les attaques meurtrières qui ont frappé Paris.
Les plans prévoient la coordination entre les services d’urgence, un renforcement des moyens de communication et de coordination, mais aussi la réquisition des personnels médicaux et hospitaliers.
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Manifestations interdites. Les manifestations sur la voie publique sont interdites à Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne jusqu’au 19 novembre.
Cette décision s’explique par le fait que les forces de sécurité intérieure sont mobilisées pour « assurer la sécurisation générale de l’agglomération » et « ne peuvent être distraites de cette mission prioritaire pour assurer la sécurité spécifique des cortèges ou des rassemblements », selon l’arrêté signé par le préfet de police Michel Cadot.
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Etablissements scolaires fermés. L’ensemble des établissements scolaires et universitaires d’Ile-de-France restent fermés dimanche. Ils rouvriront lundi 16 novembre.
Tous les voyages scolaires sont annulés jusqu’au 22 novembre. Des cellules psychologiques sont déployées dans les écoles, collèges, lycées et établissements d’enseignement supérieur.
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Les marchés annulés. A l’issue d’une réunion à Paris, qui s’est tenue samedi 14 novembre, le préfet de police a donné instructions aux concessionnaires des marchés parisiens de ne pas « ouvrir » les marchés de rue avant jeudi prochain, le 19 novembre.
Côté cinéma, Gaumont a annoncé que toutes ses salles situées dans Paris intramuros seraient fermées dimanche. Idem pour le Lido. En revanche, le réseau des Ecrans de Paris et les cinémas MK2 rouvrent leurs portes ce dimanche.

Source Le Monde