mardi 14 avril 2015

Günter Grass, prix nobel de littérature, ancien Wafen SS et antisémite notoire est décédé...enfin !


Le prix Nobel de littérature Günter Grass, est mort lundi à 87 ans. Son chef-d’œuvre reste «Le Tambour», adapté au cinéma par Schloendorff. «Le prix Nobel de littérature Günter Grass est mort ce matin à l’âge de 87 ans dans une clinique de Lübeck», la ville du nord de l’Allemagne où il résidait, a annoncé la maison d’édition Steidl, sur son compte Twitter...Details sur ce sombre individu ici...


Sur sa page internet, frappée de la mention «Günter Grass 1927 - 2015», l’éditeur a publié plusieurs photos noir et blanc de l’écrivain, au profil si reconnaissable: épaisse moustache, pipe toujours allumée et lunettes baissées sur le nez.
Homme de gauche, réputé pour ses prises de position polémiques, Günter Grass, prix Nobel de littérature 1999, était l’écrivain allemand de la seconde moitié du XXe siècle le plus connu à l’étranger.
«Avec Günter Grass, le monde de la littérature perd un auteur au verbe éloquent et notre République l’un de ses citoyens les plus combatifs», a déclaré le président de l’Académie des Arts de Berlin, Klaus Staeck.
L’auteur était en effet à la fois une figure incontournable du paysage littéraire de son pays et un acteur du débat public national qu’il contribuait à secouer par ses prises de position souvent polémiques.
Son chef-d’œuvre reste Le Tambour (1959), l’histoire d’Oskar Matzerath, petit garçon qui décide de refuser de grandir et dont le petit tambour d’enfant résonne des soubresauts du nazisme, de la guerre et plus généralement du monde violent des adultes.
Succès planétaire, le livre sera adapté au cinéma par Volker Schloendorff et reçut la Palme d’or à Cannes en 1979 et l’oscar du meilleur film en langue étrangère en 1980.
L’écrivain, longtemps compagnon de route des sociaux-démocrates et proche, notamment, du chancelier Willy Brandt, a longtemps pourfendu les omissions de la classe dirigeante allemande d’après-guerre sur le nazisme.

L’anticommunisme le mène chez les SS

Un positionnement qui donna un écho d’autant plus fort aux révélations tardives qu’il fit lui-même en 2006 dans son autobiographie En épluchant les oignons : l’écrivain, ancien membre des Jeunesses hitlériennes, avait été enrôlé en 1944 dans les Waffen SS, ce qu’il avait toujours passé sous silence.
Après la chute du régime hitlérien, il connaît l’errance dans l’Allemagne de l’année zéro, puis le miracle de la reconstruction dans une République fédérale anticommuniste et matérialiste.
Après un apprentissage de sculpteur, il séjourne à Paris dans les années cinquante et se décide pour une carrière d’écrivain.

Grass a droite sur la photo


Dans l’Allemagne prospère des années 60, traversée par la contestation étudiante puis le terrorisme rouge, Günter Grass se veut contestataire, mais dans un sens réformiste.
En janvier 1993, il quittera bruyamment le Parti social-démocrate (SPD) devenu à ses yeux trop conservateur, mais cela ne l’empêchera pas de s’engager en 1998 en faveur du chancelier SPD Gerhard Schröder.
C’est en 1999 qu’il reçoit le Prix Nobel de littérature couronnant l’ensemble de son œuvre, 27 ans après un autre écrivain allemand politiquement engagé, Heinrich Böll.

Un poème où il défend l’Iran

La dernière des prises de positions polémiques de Grass datait d’il y a trois ans. La publication dans un quotidien allemand d’un poème dans lequel il défendait l’Iran et estimait qu’Israël menaçait, avec ses armes atomiques, «la paix mondiale déjà si fragile», avait provoqué une véritable tempête de réactions. Isräel l’avait alors déclaré persona non grata.
D’ailleurs, les hommages rendus à l’écrivain et à l’homme public portent la trace de ses prises de position et des réactions souvent viscérales qu’il a pu susciter.
Sur son compte Twitter, l’écrivain britannique Salman Rushdie, s’est lui aussi exprimé: «C’est très triste. Un vrai géant, un inspirateur et un ami. «Joue du tambour pour lui, petit Oskar», a-t-il écrit, en référence au héros du Tambour . «Nous étions amis et nous nous estimions», a pour sa part déclaré l’écrivain hongrois et Prix Nobel, Imre Kertesz.

Source L'Avenir