mardi 10 juin 2014

Lieberman dénonce la cacophonie du gouvernement


Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a dénoncé lundi la "cacophonie" au sein du gouvernement au sujet du conflit avec les Palestiniens, suite aux déclarations contradictoires de quatre ministres israéliens dimanche lors de la conférence annuelle d'Herzliyah sur les questions sécuritaires. "Quatre ministres, qui sont apparus les uns après les autres en prenant des positions diplomatiques totalement différentes, ont créé un spectacle grotesque", a déclaré M. Lieberman lors d'une conférence dans la ville d'Eilat au sud d'Israël...



"La politique d'un gouvernement ne peut pas être représentée de cette façon", a déploré le ministre des Affaires étrangères, dans des propos rapportés par son porte-parole. "Nous devons décider et définir un programme diplomatique, auquel tous les membres du gouvernement seront liés", a poursuivi Lieberman.
La ministre israélienne de la Justice, Tzipi Livni, a appelé à la reprise des négociations de paix interrompues fin avril, alors que son collègue de l'Intérieur, Gideon Saar, se disait favorable au maintien d'un statu quo.
Naftali Bennett, qui détient le portefeuille de l'Economie et dirige le parti Foyer juif, a lui déclaré qu'Israël devait commencer à annexer des territoires en Cisjordanie.
Ce à quoi le ministre des Finances, Yair Lapid a répondu que son parti centriste Yesh Atid quitterait la coalition et ferait tomber le gouvernement si un tel plan était mis à exécution.

M. Lieberman s'est prononcé en faveur d'un accord avec les Palestiniens, mais seulement s'il fait partie d'un (accord plus global) résolvant également nos relations avec le monde arabe et la question des Arabes israéliens.
"Au Moyen-Orient, tout le monde a peur de tout le monde, en conséquence toutes les parties doivent venir à la table des négociations au même moment", a souligné le ministre, en appelant les Etats arabes modérés (...) "à coopérer ouvertement avec nous face aux menaces communes que représentent l'Iran, la Syrie, Al-Qaïda et l'extrémisme islamiste".

Netanyahou évoque le manque d'expérience de Lapid

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a rejeté dimanche les propositions de son ministre des Finances, Yair Lapid, qui a présenté plusieurs étapes en vue de parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens. Il a, par ailleurs, annoncé qu'il quitterait la coalition si Israël "annexait unilatéralement une seule implantation dans les territoires palestiniens".
"Toute personne ayant de l'expérience dans les affaires de l'Etat sait qu'on ne fait pas de concessions en échange de rien. Certainement pas à un gouvernement qui comprend une organisation terroriste qui veut anéantir Israël", a déclaré Netanyahou.
"Nous avons déjà vu ce que donnaient les retraits unilatéraux avec Gaza", a-t-il ajouté, faisant référence aux tirs de roquettes dont Israël est victime presque sans interruption depuis des années.

Lapid propose un plan de politique générale

S'exprimant lors de la conférence annuelle de Herzliyah, Yair Lapid a prononcé un discours de politique générale, traçant des plans de négociations et proposant des compromis, qui se heurtent à la position de l'aile droite des membres de la coalition. Le ministre a également demandé à Netanyahou de présenter une carte fixant les frontières d'Israël.
Lapid est un membre clé du gouvernement de coalition et dirige le parti centriste Yesh Atid, la deuxième plus grande faction à la Knesset après le Likoud-Beitenou de Netanyahou.
Le ministre s'en est également pris aux implantations situées au-delà de la ligne verte. "Les implantations nous coûtent très cher", a-t-il dit.
"Elles nuisent à la croissance, au PIB, à nos relations économiques avec le monde. Outre les milliards que nous perdons par la construction d'infrastructures inutiles, on perd beaucoup plus de milliards de dollars en activité économique, des millions que nous pourrions utiliser pour réduire les impôts, accroître la sécurité et améliorer les services civils".
Lapid a concrètement proposé un plan en 3 étapes, comprenant chacune plusieurs mesures incluant le gel des constructions israéliennes en dehors des grands blocs d'implantations, le démantèlement des implantations isolées et un réajustement des frontières pouvant inclure des échanges de territoires.
Il a ensuite indiqué que la médiation américaine devait jouer un rôle central dans le réajustement des frontières, avec un redéploiement de l'armée israélienne en concertation avec les Américains.
"L'argent que l'on enterre quelque part entre Itamar et Yitzhar pourrait nous aider à réduire la taille des classes dans nos écoles, établir de meilleurs services de santé, réduire les écarts sociaux et investir dans le système de défense antimissile Dôme de fer et dans l'armée."
Netanyahou a convoqué une autre réunion - dimanche ou lundi - pour discuter de la façon d'intensifier les sanctions contre le nouveau gouvernement palestinien formé conjointement avec le Hamas.

Source I24News