Le 1er juin marque le 65ème anniversaire du Farhud, l'infâme pogrom contre les Juifs de Bagdad en 1941, qui a entraîné 200 morts et 2000 blessés et lors duquel 900 maisons juives ont été détruites. Ce fut le début de la fin d'une communauté qui existait depuis 26 siècles, précédant l'Islam de 10 siècles et qui comptaient 125 000 âmes. Aujourd'hui, il n'y a plus aucun Juif en Irak. Pourtant ceux qui défendent les Arabes prétendent que le sentiment anti-juif qui a provoqué l'expulsion des Juifs du Moyen Orient et d'Afrique du Nord est dû à la création de l'état d'Israël…, ce qui, de plus, présupposerait une responsabilité collective, comme si les Juifs du monde arabe étaient directement responsables de ce qui se passait en Israël...
Alors
que les communautés arabes et musulmanes d'Occident protestent haut et fort
quand on fait le lien entre elles et les terroristes du 11/9, elles n'hésitent
pas à attribuer une responsabilité collective à tous les Juifs. Ainsi, écrivant
dans la lettre interconfessionnelle de Contra Costa (Ca), l'imam de Concord
(Californie), Dr Amir Araim et un Irakien, représentant à l'Onu de l'ex
président Saddam Hussein, font le lien entre l'expulsion des Juifs d'Irak et les
événements de Deir Yassin, le village arabe qui a été conquis par Israël en
1948, après que les armées arabes aient envahi le pays. En effet, les chargés de
la propagande pro arabe avaient à l'époque prétendu qu'il y aurait eu des
"massacres".
Même si
on laisse de côté cet étonnant amalgame, l'allégation d'Araim qu'il y a un lien
direct entre Deir Yassin et le pogrom de Bagdad est une déformation grossière de
l'histoire, puisque le pogrom a eu lieu 7 ans
auparavant.
Le
pogrom a commencé à 15 h le 1er juin 1941 et c'était un jour de fête
juive, Shavouot (la Pentecôte). La violence a commencé quand une foule pro nazie
a attaqué les représentants de la communauté juive qui traversaient le pont "al
Khour" pour aller rendre hommage au Régent Abdoul Illah, à son retour à Bagdad.
La foule a ensuite tué, incendié et violé tout ce qu'elle rencontrait à travers
le quartier juif. Les enfants juifs étaient une cible privilégiée et ils étaient
massacrés devant leurs parents. Le superintendant de la police a refusé
d'intervenir pour arrêter les émeutes. Il ne souhaitait pas tuer ou blesser des
musulmans pour sauver des Juifs.
Ce
pogrom est doublement embarrassant pour les apologistes des Arabes. D'abord il
met en relief le problème du million de Juifs expulsés des pays arabes du Moyen
Orient et d'Afrique du Nord. En contraste avec les réfugiés Palestiniens, les
Juifs expulsés n'ont pas été reconnus comme réfugiés par les Nations Unies. Ils
n'ont reçu que l'assistance des communautés juives d'accueil et de l'état
d'Israël. Et au lieu de languir durant 4 générations dans des camps de réfugiés
comme le font encore les Palestiniens (qui ont vu leur nombre de réfugiés
multiplié par 7 en 60 ans), les Juifs des pays arabes sont devenus des citoyens
productifs et utiles d'Israël et de nombreuses sociétés Occidentales. Ensuite le
pogrom a été lancé par les nazis, ce qui résultait de l'action du Moufti de
Jérusalem Haj Amin al Husseini. Ce dernier a comploté avec les Nazis pour
renverser le gouvernement d'Irak, pro anglais, et assurer à Hitler
l'approvisionnement en pétrole, vital dans son effort de guerre. En échange, les
Nazis devaient éliminer "la question juive" du mandat britannique en Palestine.
En octobre 1939, le Moufti est venu en Irak, participant à un coup d'état mené
par des officiers irakiens ayant adopté l'idéologie nazie, connus sous le nom du
"Carré doré". Le Moufti a apporté l'argument d'unité, les thèmes antisémites
nazis, "les Juifs sont les ennemis de l'état".
Le coup d'état ayant échoué, le Moufti s'est enfui à Berlin où il a été accueilli et hébergé par SS H Himmler et, plus tard, par A Hitler lui-même. Bien que les Nazis tenaient les Arabes en une estime juste au-dessus de celle qu'ils avaient pour les Juifs, ils ont considéré le Moufti comme un atout contre les Britanniques, et sa propagande antijuive diffusée depuis Berlin était utile aux deux parties. Cette culture antisémite du Moufti a imprégné l'Irak d'après guerre, à travers le parti Baath.Les
spécialistes de la propagande pro arabe prononcent généralement dans un même
souffle, les mots "nazi" et "Juif". Ce qui pourrait les embarrasser, c'est que
le nazisme fait partie de la culture politique arabe. En 1947, quand les Nations
Unies ont abordé la question du mandat britannique sur la Palestine, les
Irakiens ont organisé de nouveaux pogroms et ont utilisé les tactique nazies de
spoliation et ont saisi les biens Juifs. Parallèlement les socialistes des
partis Baath irakien et syrien ont trouvé leur inspiration dans la doctrine
nazie. Ceci va à l'encontre des allégations fallacieuses que l'antisémitisme est
une invention occidentale et non un phénomène du Moyen
Orient.
Les différents pogroms ont entraîné la disparition de la communauté juive irakienne. Le 23 septembre 1948, Safiq Adès, un membre fortuné de la communauté a été pendu sur la place publique de Basra et son corps a été mutilé. Un mois plus tard, tous les employés juifs de l'administration furent licenciés sans ménagement. L'Irak a séquestré ou saisi tous les biens Juifs. Avec un cynisme inouï, l'oligarchie politique Irakienne en a profité, obligeant les expulsés à passer par leur propre agence de voyage pour partir en Israël. De même, pour amener le nouvel Etat juif à la banqueroute, l'Irak a imposé l'expulsion vers Israël tous les mois de 15 000 Juifs sans le sou. Israël les accepta, même s'il n'y avait pas assez de tentes pour héberger tout ce monde. Ils vinrent et vécurent dans des camps de réfugiés. On a peu parlé de la détresse des réfugiés Juifs orientaux et séfarades et quand on en parle les gens sont abasourdis par ce qui s'est passé. Toutefois, en quelques années, ces réfugiés ont été intégrés dans la société israélienne. À l'opposé des Arabes palestiniens, on ne les a pas abandonnés à languir sans espoir, génération après génération, dans des camps (et assistés par une aide internationale fort généreuse jusqu'à ce jour).
Lentement
mais inévitablement, la vérité sur le million de réfugiés juifs des pays arabes
est en train d'éclater au grand jour. Se souvenir des pogroms d'Irak (Farhoud)
c'est rétablir l'histoire d'une population oubliée, qui a souffert, qui a été
persécutée et qui a été longtemps ignorée.
Les
Arabes et les Musulmans doivent en fin de compte être responsables de leur
propre antisémitisme, dont la conséquence a été la formation du plus grand
groupe ethnique en Israël.
Source Nuit d'Orient
