Reuven Rivlin, ancien président du Parlement israélien et membre du parti de la droite nationaliste Likoud, a été élu mardi par les députés 10e président d'Israël. L'homme de 74 ans, qui a longtemps été hostile à la création d'un Etat palestinien, succède à Shimon Peres, artisan des accords de paix de 1993. Le plus vieux chef d'Etat en exercice quittera le pouvoir le 28 juillet, quelques jours avant son 91e anniversaire. Shimon Peres a un successeur : Reuven Rivlin, 74 ans, a été élu mardi président d'Israël par les députés de la Knesset. Figure de la vie parlementaire du pays - élu depuis 1988, il a présidé la chambre à deux reprises -, ce "faucon" de la droite israélienne soutenu par le Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahou a obtenu 63 voix, contre 53 à son rival centriste Méïr Sheetrit....Decryptage...
"Je pense qu'ils (les députés) ont écouté le sentiment du peuple", s'est réjoui le nouveau président à la télévision, en référence aux sondages favorables à sa candidature qui ont ponctué cette campagne. Reuven Rivlin a également dit ne plus être "un homme de parti politique" et a annoncé son départ du Likoud, majoritaire à la Knesset. Le prochain président vient de l'aile la plus à droite de cette formation sioniste de tendance nationaliste. Avocat de formation et ancien officier du renseignement militaire, il est réputé être un partisan du "Grand Israël" (qui inclurait la Cisjordanie et la bande de Gaza) et par conséquent hostile à la création d'un Etat palestinien.
Partisan du "vivre ensemble" avec les Palestiniens
Le conservateur a toutefois modéré son discours ces dernières semaines en affirmant au Times of Israel qu'il ne "s’agit pas pour le président de déterminer les arrangements entre Israël et les Palestiniens (mais) de faciliter le dialogue et la compréhension". Lui préfèrerait une "confédération" et prône depuis longtemps le "vivre ensemble" et l'intégration des Palestiniens comme citoyens israéliens. Il a fait aussi du rapprochement avec les Arabes israéliens, descendants des 160.000 Palestiniens restés sur leur terre après la création d'Israël en 1948, sa marque de fabrique politique. Selon le quotidien de gauche Haaretz, toutefois, Reuven Rivlin "se servira de la fonction présidentielle pour faire avancer la colonisation en Cisjordanie, qu'il adule".
Pour bon nombre d'observateurs, le nouveau président d'Israël n'aura pas la stature de Shimon Peres. A la tête de l'Etat hébreu depuis 2007, ce dernier s'était appuyé sur sa notoriété internationale pour dépasser le rôle de sa fonction, essentiellement honorifique. Il s'était fait ainsi messager de la paix, comme l'a encore illustré son voyage au Vatican avec le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas dimanche dernier. Le prix Nobel, récompensé pour son rôle dans les accords d'Oslo de 1993, était ainsi sorti de son devoir de réserve pour s'opposer sur certains sujets sensibles au Premier ministre Benjamin Netanyahou. Le mois dernier, Shimon Peres l'a ainsi accusé publiquement d'avoir fait capoter en 2011 la conclusion d'un accord qu'il avait négocié secrètement avec les Palestiniens.
Rival de Netanyahou
Comme le dernier père fondateur de l'État d'Israël, qui a fait l'essentiel de sa carrière politique au sein du Parti travailliste, Reuven Rivlin s'est également opposé à Benjamin Netanyahou, bien que les deux hommes soient issus du même courant politique. Leurs divergences idéologiques et relations personnelles sont de notoriété publique, et le soutien du Premier ministre à sa candidature a été très timide. Le chef du gouvernement aurait même tenté de le contrer en tentant de convaincre le prix Nobel de la paix et survivant de l'Holocauste Elie Wiesel, de se porter candidat.
Mardi, Benjamin Netanyahou a salué son élection et souligné que les "deux missions" du président seront de "rassembler toutes les composantes du peuple israélien" et de "représenter Israël face au monde". "Je suis sûr que tu seras à la hauteur", s'est pour sa part enthousiasmé Shimon Peres, lors d'un entretien téléphonique avec Reuven Rivlin dont les propos sont rapportés par un communiqué de la présidence.
Source Le Journal du dimanche
