jeudi 12 juin 2014

Rejet de conversion pour des réfugiés africains


Des dizaines de réfugiés soudanais et érythréens résident illégalement en Israël ont montré leur volonté d'appartenir au peuple juif l'an dernier, afin de recevoir des permis de résidence et peut-être, un jour, accéder à la nationalité israélienne, a rapporté mercredi le site israélien Ynet, une demande qui a été rejeté par les instances rabbiniques de conversion de l'Etat hébreu...



Les "conditions requises" pour être prétendant à la conversion en Israël n'étaient pas remplies par les demandeurs d'asiles africains, qui n'ont pas témoigné d'une foi juive, comme le rapportait le ministère des Affaires religieuses, mais simplement d'une nécessité pressante d'obtenir le droit de résider en Israël.
Le "droit du retour" octroie à tout Juif, descendant de Juif ou converti de résider sur le sol israélien, un droit qui ne peut être donné aux réfugiés qui fuient les conflits en Afrique, s'ils n'ont pas embrassé la foi juive et suivi le processus de conversion au judaïsme.
Pourtant, le rabbinat a rejeté leur demande, estimant que le refus direct de conversion a fait rapidement réaliser à la communauté africaine qu'elle ne trouverait pas de solution dans cette voie. Les demandes ont rapidement chuté.
"Le gouvernement a construit une barrière dans le sud, à la frontière égyptienne du pays, et nous en construisons ici, à la porte d'entrée du peuple juif", a déclaré Shmuel Jeselsohn, à la tête du Comité de conversion, rapporté par Ynet.
Selon Jeselsohn, quelques années plus tôt, les autorités rabbiniques n'imposaient pas de telles conditions avant l'acceptation d'un sujet à la conversion, de sorte que "tous ceux qui étaient exilés ou en danger d'expulsion d'Israël venaient taper à la porte et il fallait les recevoir en entretien et débuter un processus de conversion". Cette politique a été interrompue suite à des abus répétés, et les candidats doivent désormais être soumis à un processus complexe d'entretiens et de dossiers avant de prétendre à la conversion.
Des sources religieuses anonymes affirment cependant craindre que la situation des migrants ne soit régularisée dans le futur, sous les pressions constantes des associations de soutien. Si leur statut est "en règle", les autorités religieuses ne pourront plus rejeter en bloc leur demande de conversion, comme il a été question pour les "descendants de Juifs d'Union soviétique", arrivés dans les années 90, cite Jeselsohn. "Mais là, nous parlons de milliers de personnes qui n'ont aucun lien avec le judaïsme", affirme-t-il.

Les Palestiniens aussi veulent se convertir

"Nous sommes souvent contactés par des Palestiniens", raconte le rabbin, "qui ont des difficultés à venir en Israël".
C'est avec un peu d'ironie que Jeselsohn explique à Ynet, qu'un jour un Bédouin qui commençait à prendre des cours de judaïsme s'est plaint de ne pas "recevoir d'aide sociale, à la manière des étudiants en Yeshiva".
Source I24News