Des responsables américains ont tenu des négociations officieuses avec le Hamas pour discuter du rôle qu'il aurait dans le gouvernement d'union nationale avec le Fatah, selon deux sources diplomatiques de haut rang citées par le site américain BuzzFeed. Les réunions auraient eu lieu entre l'Egypte, le Qatar et la Jordanie. Le Hamas aurait donné aux Etats-Unis l'assurance qui lui a permis de soutenir ce gouvernement d'union, au grand dam d'Israël. Le Département d'Etat a rejeté ce rapport...
"Mesures sérieuses"
Les Palestiniens ont appelé jeudi les Etats-Unis à "prendre des mesures sérieuses" contre Israël après l'annonce par l'Etat hébreu de la construction de 1.500 nouveaux logements en Judée-Samarie et à Jérusalem-Est, en réponse à la formation du gouvernement d'union palestinien.
"Avec cette décision, Netanyahu veut pousser les Palestiniens à la confrontation ou à l'internationalisation du conflit", a déclaré à l'AFP Nimr Hammad, conseiller du président Mahmoud Abbas en exhortant "l'administration américaine à prendre des mesures sérieuses contre ce que le gouvernement israélien est en train de faire".
Israël a publié mercredi un appel d'offres pour la construction de 1.500 nouvelles unités de logement à Jérusalem-Est et en Judée-Samarie, une mesure comprise comme une réaction à la formation du gouvernement d'union par le Fatah et le Hamas.
Selon le correspondant diplomatique de la 10e chaîne israélienne, Moav Vardi, 38 structures devraient être construites en dehors des grands blocs d'implantations. Vardi a cité le ministre du Logement, Ariel Uri, du parti nationaliste Foyer juif de Naftali Bennett, qui a indiqué qu'il s'agissait là d'une "réaction sioniste appropriée au nouveau gouvernement palestinien de terreur".
Selon le rapport de Vardi, 223 des unités de logement seront à Efrat, 484 à Betar Illit, 38 à Geva Binyamin, 76 à Ariel, 78 à Alfe Menashe, 155 à Givat Ze'ev et 400 dans le quartier de Ramat Shlomo à Jérusalem.
L'Etat hébreu a refusé de reconnaître le nouveau gouvernement palestinien qui a prêté serment lundi après un accord surprise d'unité signé en avril entre le Hamas et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) visant à mettre fin à des années de rivalité entre le mouvement islamiste et le Fatah, qui domine l'OLP.
Soutien international
Israël a été pris par surprise par le soutien international de ce gouvernement d'union palestinien. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a en outre répété plusieurs fois cette semaine qu'il ne comprenait pas comment "le monde pouvait définir le Hamas comme une organisation terroriste, condamner le terrorisme international mais souhaiter la bienvenue à ce nouveau gouvernement palestinien dont le Hamas est un commanditaire majeur".
Par ailleurs, les responsables israéliens dont Benyamin Netanyahou ont vivement critiqué la décision de l'administration américaine de travailler avec le gouvernement palestinien d'union nationale.
Plus tôt mercredi, le secrétaire d'Etat américain Kerry a défendu la décision des États-Unis de travailler avec le gouvernement palestinien, malgré les critiques d'Israël, soulignant qu'il ne comprend pas de ministres du Hamas.
S'adressant à des journalistes à Beyrouth, Kerry a précisé que le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lui avait assuré que ce nouveau gouvernement technocratique "était attaché aux principes de la non-violence, des négociations, qu'il reconnaissait l'Etat d'Israël et acceptait les accords précédents et les principes du Quartet".
"D'après ce que nous savons maintenant sur la composition de ce gouvernement technocratique, qui n'a pas de ministre affiliés au Hamas et est attaché aux principes que je décris, nous allons travailler avec lui, le cas échéant", a déclaré Kerry. Et d'ajouter que cela ne constituait en aucun cas la reconnaissance d'un Etat palestinien constitué.
"Les États-Unis ne reconnaissent pas de gouvernement de 'Palestine' parce que ce serait reconnaître un Etat alors qu'il n'y a pas d'Etat" a-t-il dit.
La communauté internationale a quant à elle exprimé son soutien au gouvernement palestinien qui a prêté serment lundi. Les États-Unis, la Russie, la Chine, l'Inde, la Turquie, la France et le Royaume-Uni ont tous annoncé leur soutien. L'Union européenne et les Nations Unies ont également exprimé leur approbation.
Cette semaine, Rami Hamdallah, le Premier ministre du gouvernement palestinien d'unité nationale nouvellement nommé, a également exhorté la communauté internationale à faire pression sur Israël pour permettre des élections également à Jérusalem-Est.
Hamdallah dirige un gouvernement dont la tâche principale est de préparer des élections palestiniennes en Judée-Samarie et dans la bande de Gaza dans les six prochains mois. Aucune élection n'a eu lieu depuis 2005, ni à Gaza ni en Judée-Samarie. Les Palestiniens veulent aussi la participation de dizaines de milliers de citoyens vivant à Jérusalem-Est, qu'Israël a annexé après la guerre des Six Jours en 1967, et qui sont donc Israéliens et vivent sous pleine souveraineté israélienne. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lors d'une réunion de la Knesset a indiqué qu'il ne permettrait pas à l'OLP de tenir des élections parlementaires ou présidentielles à Jérusalem-Est.
Source I24News
