jeudi 12 juin 2014

Le franco-israélien Patrick Drahi devrait financer le renflouement du journal " Libération " ...


La direction de Libération présentera jeudi aux salariés un plan de renflouement largement financé par Patrick Drahi, le patron de Numéricable et bientôt de SFR, et annoncera aussi la nomination de Laurent Joffrin à la tête du journal, selon des sources concordantes. Le comité d'entreprise, qui se réunit jeudi à 14h30, devra se prononcer sur ce plan de recapitalisation de 18 millions d'euros, apportés via une holding baptisée Presse Media Participations (PMP), créée par la société de Bruno Ledoux BLHM, Patrick Drahi ainsi que quelques autres actionnaires, selon des sources syndicales et de la direction...



Le montage final n'est pas encore connu, mais Patrick Drahi serait de loin le principal bailleur de fonds.
Cette recapitalisation remettra le quotidien à flot, après des mois de quasi-faillite. Ces derniers mois ont aussi été marqués par une guerre ouverte de la rédaction contre les projets de transformation du journal annoncés par Bruno Ledoux, copropriétaire de l'immeuble qui abrite Libération et artisan de ce nouveau tour de table.
Patrick Drahi rejoindra la longue liste des hommes d'affaires qui ont renfloué Libération depuis trente ans, dont Edouard de Rothschild qui l'avait recapitalisé en 2005-2006.
"Patrick Drahi est très attaché au pluralisme dans la presse française, dont Libération est un titre important", a expliqué un de ses proches.
Le patron du groupe de télécoms Altice et de Numéricable, qui s'intéresse de plus en plus aux médias, s'affiche ainsi comme le chevalier blanc de l'un des grands journaux français, lui auquel le ministre Arnaud Montebourg, partisan de l'offre concurrente de Bouygues sur SFR, avait reproché son statut de résident fiscal suisse.
A 50 ans, ce polytechnicien a bâti en dix ans, à coup d'acquisitions, un groupe de télécoms présent dans 9 pays. Alors qu'il est en train de racheter SFR pour 13,5 milliards d'euros, il envisage déjà de nouvelles acquisitions. Il est classé comme 14ème fortune française par le magazine Forbes, avec 6,3 milliards de dollars.
Dans les médias, il détient en Israël le groupe Hot (chaînes de télévision et téléphonie mobile) et la chaîne d'info i24 News, et en France les chaînes Vivolta, Shorts TV, Kombat Sport et le groupe MCS.
Avant lui, un autre grand patron des télécoms, Xavier Niel (Free) est lui aussi devenu patron de presse en rentrant au capital du Monde et du Nouvel Observateur.
La nouvelle direction de Libération devait aussi annoncer l'arrivée de Laurent Joffrin comme directeur de la publication et de la rédaction. Il remplacera Nicolas Demorand, qui a démissionné en février. Elle compte ensuite nommer un adjoint venant des médias numériques.
Ce sera la troisième fois que Laurent Joffrin, 61 ans reviendra à la tête de Libération, après avoir alterné avec le Nouvel Observateur, qu'il a dirigé plusieurs fois et dont il a été forcé de quitter la direction en mars par les nouveaux propriétaires du magazine, le trio Niel-Bergé-Pigasse.
Quand il avait dirigé Libération, de 2006 à 2011, c'est lui qui avait convaincu Bruno Ledoux d'entrer au capital du journal, alors en quête de fonds. Depuis les deux hommes sont restés en bons termes.
Les syndicats se disaient satisfaits mercredi de la confirmation de la recapitalisation du journal, ainsi que de la promesse de l'ouverture d'une clause de cession, qui permettra aux journalistes qui le souhaitent de partir dans de bonnes conditions.
Quant au retour de Laurent Joffrin, il ne suscite "ni enthousiasme ni rejet", a commenté un syndicaliste. "Avec lui, on ne vas pas allumer le feu (de la discorde), mais pas non plus rallumer la flamme de Libération. On compte sur le deuxième homme, ou femme, pour réveiller tout ça".

Source Paris Normandie