mercredi 16 décembre 2015

L’AIEA passe l’éponge sur d’anciennes activités nucléaires de l’Iran !


L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a formellement refermé hier le dossier concernant les tentatives de l'Iran de se doter de l'arme atomique dans les années 2000, ouvrant la voie à une mise en œuvre prochaine de l'accord nucléaire historique conclu en juillet. Dans une résolution adoptée à la majorité des 35 pays composant son exécutif, l'agence onusienne a sobrement pris acte hier à Vienne du fait qu'elle avait pu mener son enquête sur ces activités « selon le calendrier convenu »...


Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, un des principaux artisans de l'accord conclu à Vienne le 14 juillet avec les grandes puissances (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), a immédiatement « salué » cette décision.
Israël a de son côté dénoncé hier une « résolution erronée » de l'AIEA, soulignant que « les questions en suspens restent en suspens, non résolues, ouvertes, non réglées », et que « certains soupçons sont même plus forts aujourd'hui qu'en 2011 ».
Cette étape était prévue par la feuille de route adoptée en juillet dans le cadre de négociations pour solder le dossier nucléaire iranien. La fermeture officielle de l'enquête va désormais permettre à Téhéran d' « accélérer » la mise en œuvre des mesures préliminaires à l'application de l'accord de Vienne, a souligné l'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, Reza Najafi. Téhéran espère une entrée en vigueur début janvier et entend remplir tous ses engagements d'ici à « deux, trois semaines », a assuré M. Najafi.

Ce délai est toutefois jugé « peu réaliste » par plusieurs sources diplomatiques occidentales. L'Iran doit en effet encore modifier son réacteur à eau lourde d'Arak, envoyer à l'étranger la majeure partie de son stock d'uranium enrichi et achever de démonter des milliers de centrifugeuses.
« Ce dossier a une histoire longue et complexe, et l'héritage de méfiance entre l'Iran et la communauté internationale doit être surmonté », a relevé hier le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano.
Les investigations de l'AIEA ont en effet confirmé que l'Iran avait bel et bien mené avant 2003 une série de travaux pour se doter de l'arme atomique, malgré les démentis de la République islamique.

« Aller de l'avant »


L'enquête, dont les conclusions avaient été rendues publiques le 2 décembre, avait toutefois relevé qu'aucune indication « crédible » ne suggérait la poursuite de telles activités depuis 2009.
Les activités suspectes, dont certaines s'étaient poursuivies après 2003, n'avaient « pas dépassé le stade d'études de faisabilité et scientifiques, et l'acquisition de certaines compétences et capacités techniques », selon les experts de l'AIEA.
Très désireux de voir entrer en vigueur l'accord nucléaire, qui apparaît comme un des principaux succès diplomatiques du président Barack Obama, les États-Unis avaient fait savoir dès octobre que les conclusions de l'AIEA n'entraveraient pas sa mise en œuvre.

Malgré « la longue histoire de dissimulation, de déni et de tromperie » de l'Iran, l'accord du 14 juillet « va de l'avant » et doit à ce titre avoir la priorité, a fait valoir hier l'ambassadeur américain auprès de l'AIEA, Henry Ensher.
L'accord de Vienne, mettant fin à plus de treize ans de différends concernant le nucléaire iranien, est destiné à garantir la nature strictement pacifique des activités nucléaires iraniennes, notamment par le biais d'un contrôle renforcé de l'AIEA. En échange, l'Iran, une puissance pétrolière et gazière, doit bénéficier d'une levée des sanctions internationales qui brident son économie. Cette levée pourra intervenir après que l'AIEA aura formellement constaté le respect par Téhéran de tous ses engagements préliminaires.

En pratique, l'Iran doit notamment se contenter d'exploiter 5 060 centrifugeuses servant à enrichir l'uranium et réduire son stock d'uranium enrichi à 300 kg, en exportant plusieurs tonnes excédentaires.
Source L'Orient le jour