Révélations : Israël détient 0,9% du capital de la BAII, la nouvelle banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, créée par la Chine. Qu’est-ce qui a poussé le gouvernement israélien à débloquer 750 millions de dollars pour participer au capital d’une banque asiatique qui siège à Pékin ? ...
La question est d’autant plus légitime que les Etats-Unis, le principal allié d’Israël dans la région, se sont opposés à la création de cette banque. Il faut croire que les relations internationales ont « leurs raisons que la raison ne connaît point », pour reprendre un adage philosophique bien connu.
CONCURRENCER LE FMI ET LES ÉTATS-UNIS
C’est en octobre 2014 que la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (en français BAII, ou en anglais AIIB : Asian Infrastructure Investment Bank) a été constituée à Pékin à l’initiative du président chinois. Son objectif est de favoriser le développement des pays asiatiques et l’intégration économique régionale en répondant aux besoins d’infrastructures.
En fait, il s’agissait de mettre en place des institutions financières internationales qui soient moins dépendantes des États-Unis ; autrement dit, il s’agit donc de concurrencer le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, la Banque de développement d’Asie, et d’autres institutions de développement qui ont été critiquées par la Chine pour être trop contrôlées par les États-Unis et d’autres nations riches.
ISRAËL PARMI 57 PAYS MEMBRES
Dès son lancement, 22 pays d’Asie ont signé le mémorandum d’entente pour construire la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, comme la Chine, l’Inde, la Thaïlande, la Malaisie, Singapour, les Philippines, l’Indonésie, etc. En mars 2015, le Royaume-Uni, suivi de la France, l’Allemagne, l’Italie, la Suisse et la Russie, annoncent leur intention de devenir membres de la BAII.
C’est aussi en mars 2015 qu’Israël a décidé d’adhérer à la Banque qui compte dorénavant 57 pays membres. Aujourd’hui, la Banque dispose d’un capital propre de 100 milliards de dollars qui seront consacrés à des projets de développement des infrastructures dans les pays d’Asie, dans les domaines variés des transports, énergie, communication, eau, etc.
PARTS DE CAPITAL DE $ 750 MILLIONS
Aujourd’hui, Israël possède 0,9% des actions à droit de vote ; sa part dans le capital de la banque, légèrement inférieure, a été fixée à 0,75%. Autrement dit, le gouvernement israélien s’est engagé à mettre à la disposition de la BAII un capital d’un montant de 750 millions de dollars ; un cinquième de cette somme (150 millions) sera effectivement débloqué et versé à la banque au cours des cinq prochaines années, alors que le solde sera mis en réserve. En échange de sa prise de capital, Israël pourra envoyer cinq Israéliens, spécialistes de la finance, remplir des postes de direction à la tête de la banque.
Pour Israël, ce sont surtout des considérations économiques et géopolitiques qui ont dicté sa décision d’adhérer à la BAII. Son adhésion lui permettra de renforcer ses liens avec la Chine et d’autre pays asiatiques qui montent en puissance ; ce qui multipliera les opportunités pour les entreprises israéliennes de prendre part à des projets d’infrastructures financés par la banque sur le continent asiatique.
Jacques Bendelac (Jérusalem)
Source Israel Valley