mardi 14 avril 2015

" Nu parmi les loups " : un film qui retrace les dernières semaines du camp de la mort de Buchenwald ...

 
Le 1er avril passé, ARD, la première chaine de droit public allemande, a diffusé le terrible film «Nu parmi les loups» qui retrace les dernières semaines du camp de la mort Buchenwald qui a été libéré le 11 avril 1945 par des troupes de la 4e division blindée américaine...
 


Ce film, a été réalisé sur la base de motifs du roman paru en 1958 de Bruno Apitz qui était lui-même détenu à Buchenwald. Il décrit l’épouvantable cruauté avec laquelle les SS de triste mémoire détruisaient la dignité humaine la plus élémentaire des prisonniers, dont le seul tort était le plus souvent de ne pas être considéré digne de la race des seigneurs, telle qu’elle a été décrétée par Hitler, le plus grand criminel de tous les temps.

Ce film montre l’épouvantable cruauté dont l’homme est capable. Un prisonnier juif avait placé son fils de trois ans dans une valise pour le prendre avec lui à Buchenwald, dans l’espoir que ce camp sera rapidement libéré par les troupes alliés.
Un groupe de prisonniers s’est chargé de cacher l’enfant recherché par les pourritures de SS. Les détenus en question, qui refusaient de livrer l’enfant ont été atrocement torturés voire abattus.
A un moment où l’Allemagne toute entière s’écroulait, les pervers sbires SS faisaient la chasse à un innocent enfant juif de trois pour pouvoir le tuer ! Ils n’ont pas réussi, mais le prix payé par les prisonniers qui l’ont caché, était terrible.
La cruauté montrée dans ce film est telle que dans la Mediathek de l’ARD, il ne peut être visionné que la nuit entre 20:00 et 06:00 heures, pour le rendre inaccessible aux enfants de moins de douze ans.
La Seconde Guerre mondiale qui prit fin le 8 mai 1945, a coûté la vie à 55 millions d’enfants, de femmes et d’hommes, dont environ six millions de juifs assassinés par les nazis et un nombre indéterminé de victimes d’autre groupes tels sinti et roma, homosexuels, handicapés, prisonniers de guerre etc.

La déclaration universelle des droits de l’homme

Pour combattre la répétition autant de la guerre que des épouvantables atrocités commises par les nazis, les Nations Unies ont publiée en 1948 la Déclaration universelle des droits de l’homme, reprise par la Convention européenne des droits de l’homme.

Elle a été adoptée le 4 novembre 1950 à Rome par le Conseil de l’Europe, fondé le 5 mai 1949 sur la base du Traité de Londres par dix pays que sont la Belgique, le Danemark, la France, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède. Aujourd’hui, le Conseil de l’Europe réunit 47 pays qui comptent plus de 800 millions d’habitants. La Suisse a adhéré le 6 mai 1963 et elle est représentée à l’Assemblée parlementaire par six parlementaires fédéraux.
Le processus de réconciliation européenne a été mis en route le 9 mai 1950 avec la déclaration du ministre français des affaires étrangères Robert Schuman contenant l’appel suivant : «Le Gouvernement Français propose de placer l'ensemble de la production franco-allemande de charbon et d'acier, sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d'Europe» dans le but de rendre toute guerre entre la France et l’Allemagne non seulement impensable mais matériellement impossible. Mission accomplie, c’est le moins qu’on puisse dire.
Certes, beaucoup trop de pays dans le monde ne respectent pas les droits de l’homme. En revanche, sur notre continent, la Convention européenne des droits de l’hom­me est une condition impérative à respecter par tous les 28 pays membres de l’Union européenne qui compte plus de 500 millions d’habitants.

Un dérapage antieuropéen de plus de la droite nationaliste suisse

Christoph Blocher et ses affidés veulent placer le droit suisse au-dessus du droit international qui protège avant tout les petites nations et ses citoyennes et citoyens. L’éventuelle acceptation de cette initiative conduirait inévitablement à le résiliation de la Convention européenne des droits de l’homme par la Suisse qui serait obligée de quitter le Conseil de l’Europe.
Depuis plus d’un quart de siècle, ce milliardaire peu recommandable diabolise de manière abjecte le processus d’intégration européenne en général et l’Union européenne en particulier qu’il ne cesse de traiter de «construction intellectuellement ratée».

Compte tenu du fait que pour le moins l’Europe occidentale vit depuis septante ans en paix et en liberté grâce aux efforts entrepris par les Européens dès le lendemain de l’horrible Seconde Guerre mondiale, il est légitime de se poser des questions au sujet des capacités intellectuelles de l’auteur de cette parole imbécile. Venant de ce milliardaire, elle n’est toutefois guère surprenante, car il n’a encore jamais reconnu le moindre mérite aux efforts entrepris par nos voisins pour assurer la pérennité de la paix.
L’initiative de la droite nationaliste suisse visant à placer la droite suisse au-dessus du droit international en résiliant la Convention européenne des droits de l’homme n’est rien d’autre qu’une nouvelle manifestation de mépris envers l’Union européenne.

Le film «Nu parmi les loups», récemment diffusé par la TV allemande, montre que seul des personnages sans foi ni honneur se permettent de mépriser à ce point la mémoire envers les millions d’enfants, d’hommes et de femmes qui ont atrocement souffert voire péri dans les camps de concentration nazis de sinistre mémoire.
Ce constat est également valable pour tous ceux qui soutiennent cette initiative en la signant et qui envisagent de l’approuver si elle devait être soumise à une votation populaire.

Source Hebdo.ch