Une loi pourrait passer en Israël pour nourrir de force les prisonniers palestiniens en grève de la faim par intraveineuse. Aux yeux de plusieurs organisations de la société civile, comme l'association médicale israélienne, ce procédé serait assimilable à de la torture, rapporte le quotidien israélien Haaretz lundi.
Le ministère de la Défense passive israélien a publié dimanche un rapport sur le "traitement des grévistes de la faim". Le rapport prévoit une révision d'un protocole déjà existant afin de s'attaquer à une situation délicate pour l'administration pénitentiaire israélienne. Suite au dépôt du rapport, une loi sera présentée au parlement israélien (Knesset) pour permettre de nourrir les prisonniers de force par deux procédés différents.
L'initiative fait suite aux grèves en série observées en 2012, et perpétrées en protestation contre des arrestations ou détentions administratives que les prisonniers jugeaient "abusives" lorsqu'elles n'étaient pas suivies de procès.
La vie de certains prisonniers a été mise en danger en raison des grèves de la faim prolongées. C'est pourquoi elles ont recueilli cette année une attention toute particulière de l'opinion publique et des médias, ainsi qu'une hostilité envers les autorités publiques et l'administration pénitentiaires.
Le rapport a été rendu public afin d'être soumis à la critique, après avoir été formulé conjointement par le ministère de la Justice, le ministère de la Santé et le Service pénitentiaire d'Israël. Il a également été approuvé par le procureur général Yehouda Weinstein en septembre dernier, selon Haaretz.
Si la loi passe, les détenus se seront administrer un traitement médical contre leur gré. La décision de procéder à la mesure reviendra au fonctionnaire du service pénitentiaire, mais le prisonnier aura le droit à un avocat.
Le processus serait déclenché en cas de danger de vie du prisonnier. Toujours selon le quotidien israélien, l'intraveineuse sera utilisée au cas où le prisonnier serait incapable d'avaler ou, alternativement, un tube d'alimentation sera utilisé.
Avant de valider le projet de loi, le tribunal examinera le caractère intrusif de la procédure et si elle porte atteinte ou non à la dignité du prisonnier.
L'avocat Yoel Hadar, conseiller juridique du ministère de la Défense passive, affirme que le seul objectif de la loi est d'empêcher que les prisonniers meurent des suites de la grève de la faim.
"Nous savons que l'Association médicale israélienne ne prend pas en charge ce projet de loi (…), mais je pense que ce projet répond aux loi du serment d'Hippocrate. Les décès doivent être évités."
Aux yeux de l'association, il s'agit d'un procédé de "torture et d'humiliation".
Le mémorandum sera soumis à la critique publique au cours du mois prochain. Il devrait être transféré pour législation à la prochaine session de la Knesset.
Source I24News
