Deux femmes ont été prises pour cible par des terroristes Palestiniens, ces trente-six dernières heures en Israël, lors d'attaques au couteau. Ce qui fait redouter aux forces de sécurité une inflexion de la stratégie du djihad islamique, auquel le gouvernement Netanyahu impute ces actes terroristes...
"Jusque-là, ce sont surtout des hommes et des soldats qui étaient ciblés. Par ailleurs, ces attaques ne s'étaient jamais produites à l'intérieur des implantations, restant confinées à l'extérieur. Mais là, nous avons franchi un nouveau cap", a ainsi déclaré Gadi Eizenkot, chef d'état-major de l'armée israélienne, en marge d'une conférence donnée à l'institut de sécurité nationale de Tel-Aviv, le 18 janvier.
Dafna Meïer a été tuée à coups de couteau dans sa maison d'Otniel, dimanche 17 janvier, sous les yeux de ses enfants âgés de 4 à 17 ans. Ces derniers n'ont pas été blessés. Le meurtrier de Dafna Meïer est parvenu à s'échapper. L'armée israélienne a indiqué, ce mardi matin, avoir appréhendé un suspect pouvant être l'auteur de cette attaque.
Après l'assassinat de cette infirmière de 38 ans, vivant dans une colonie juive proche d'Hébron en Judée-Samarie, une autre femme a été prise pour cible lundi 18 janvier au matin dans le sud de Jérusalem. Michal Froman, âgée de 30 ans et enceinte de six mois, a été grièvement blessée alors qu'elle marchait dans une rue de la colonie de Tekoa.
"Son pronostic vital n'est pas engagé", a indiqué le porte-parole de Shaare Tzedek, l'hôpital de Jérusalem, où elle a été admise. Son assaillant, un Palestinien de 17 ans, a été abattu par les forces de l'ordre. Après avoir été déclaré "mort" par la police, l'assaillant serait en réalité gravement blessé.
À la suite de ces deux attaques dans le sud de la Judée-Samarie, plusieurs milliers de travailleurs palestiniens ont été interdits d'entrée lundi dans les villages de cette partie de Judée-Samarie, pour une durée indéterminée, a indiqué l'armée.
Côté palestinien, on continue de présenter ces attaques comme des "gestes spontanés" traduisant l'exaspération d'une population, victime de l'occupation des territoires palestiniens.
Dans l'entourage de Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne actuellement en voyage en Inde, on souligne que "ces attaques se multiplieront dans les mois à venir tant que des discussions n'auront pas repris avec le gouvernement israélien".
Au cabinet de Benyamin Netanyahu cependant, on doute de l'efficacité d'une reprise des négociations. "Mahmoud Abbas est désormais dépassé par une fraction extrêmiste", explique l'un de ses conseillers, qui avance, pour preuve, un sondage réalisé à la mi-décembre en Judée-Samarie. Sondage au terme duquel 60 % des Palestiniens interrogés demanderaient la démission de Mahmoud Abbas.
Depuis le 1er octobre, 155 Palestiniens et 24 Israéliens sont morts, selon un décompte de l'Agence France-Presse.
La majorité des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques, contre des civils ou des membres des forces israéliennes, commises principalement à l'arme blanche. Un Américain et un Érythréen ont également trouvé la mort dans ces violences.
Source Le Point
