jeudi 5 juin 2014

L’histoire du sidour du Baal Chem Tov

 
La Hiloula du Baal Chem Tov coïncide avec celle du Roi David et donc avec la fête de Chavouot. À cette occasion, Hamodia se penche sur l’histoire émouvante du Sidour de Rabbi Israël.  Selon toute vraisemblance, ce  sidour écrit à la main par le rav Guershon de Kitov, beau frère du Baal Chem Tov a, été remis à rabbi Israël, en 1708, peut-être par deux de ses élèves, les frères rabbi Its’hak Dov et rabbi Méïr Margaliot. Apparemment en guise de remerciement, le Baal Chem Tov leur aurait demandé d’inscrire à la page de l’Amida, des prières et des bra’hot pour leur famille...



Mais il y a également dans ces pages d’Amida, des zi’hronot mentionnant d’autres célèbres élèves du Becht, tels que rabbi Yé’hiel de Zlotchov qui demande santé pour sa femme et sa fille. Le nom de rabbi Nahum de Tchernobyl, le Méor Einaïm, est également mentionné dans ces pages.
Ce sidour exceptionnel reflète les « Kavanot » particulièrement élevées du Baal Chem Tov. Ainsi dans les pages consacrées à la Tékiat Chofar de Roch Hachana, on peut distinguer des taches de sang et des signes de larmes. Et dans les pages consacrées aux Kavanot du Compte de l’Omer ? on remarque un rajout fait à la main probablement par le Baal Chem Tov lui-même. De même, le sidour contient des formules inconnues par ailleurs comme dans le Birkat Hamazone du Séder de Pessa’h où il est écrit : « Yadékha Haguedoucha » (main pleine) et non « Yadékha Hakédocha » (main sainte)
Les périples du Sidour
Il est aujourd’hui de notoriété que le Baal Chem Tov avait un fils unique, Rabbi Tsvi qui était un tsadik nistar. Il semble qu’il ait hérité du sidour de son illustre père. Ensuite, ce sidour serait passé entre les mains de son propre fils Rabbi Israël qui était l’ami de rabbi Mordé’haï de Tchernobyl. On raconte que Rabbi Israël, le petit-fils du Becht était en déplacement dans un village juif lorsqu’il s’est senti mal. Sentant sa fin proche, il a fait venir les dirigeants de la communauté et leur a confié le précieux sidour en demandant qu’il soit remis à son ami Rabbi Mordé’haï de Tchernobyl. Les notables de la communauté ont tenu parole. Le sidour est donc resté en possession de rabbi Mordé’haï. Mais de nombreuses années plus tard, on retrouve la trace du sidour chez rabbi Its’hak Lipson, un ‘hassid riche qui l’aurait reçu de son épouse, elle-même descendante du rabbi de Tchernobyl. Quelques années plus tard, Rabbi Lipson aurait fait faillite et ce sont ses descendants qui ont vendu le sidour à Rabbi Yossef Its’hak Schneershon, l’avant-dernier Rabbi de Loubavitch pour une somme de 1 000 dollars.
Dans la Varsovie d’avant-guerre, la rumeur sur l’acquisition du Rabbi s’est vite propagée. Le Rabbi Yossef Its’hak a « reconnu les faits » et souvent il montrait le sidour aux personnes qui lui en faisaient la demande, à la condition toutefois que ces personnes se trempent auparavant dans un mikvé. On raconte même qu’à certaines périodes, il y avait la queue devant le domicile du Rabbi à Varsovie pour voir le sidour. Lorsque le Rabbi a quitté la Pologne en pleine guerre mondiale pour rejoindre les États-Unis, il a bien évidemment apporté le sidour du Baal Chem Tov parmi les milliers livres de sa célèbre collection. Le Rabbi Yossef Its’hak a demandé plus tard à son gendre, le futur Rabbi, Ména’hem Mendel de photocopier les feuilles du sidour. Après lui avoir succédé à la tête de ‘Habad, le Rabbi avait raconté qu’il avait toujours une grande crainte face à ce sidour au point de ne pas oser le toucher.
Aujourd’hui, le sidour du Baal Chem Tov se trouve au domicile du Rabbi au 770 Eastern Parkway, à Brooklyn.

Source Hamodia