Malgré la situation de guerre, des marchandises syriennes parviennent à franchir les frontières, jusqu’aux étalages des marchés de Jérusalem-Est. L’expression « Business as usual » pourrait illustrer la situation qui prévaut dans la région. Si la guerre en Syrie et l’emprise de Daesh ralentissent le commerce intrarégional, ils ne l’empêchent pas totalement. Le chaland qui déambule dans les ruelles de la vielle-ville de Jérusalem sera surpris de découvrir des pantalons en coton fabriqués en Syrie...
DÉBOUCHÉS EXTÉRIEURS
Les fabricants syriens sont conscients que pour parvenir à écouler leurs articles, ils doivent impérativement trouver des débouchés extérieurs : la pauvreté locale ne leur permet pas de vendre sur place leurs produits à un prix correct. Les marchés proches plus aisés se trouvent en Israël et dans les Territoires palestiniens.
C’est donc à dos de chameaux et en camionnettes, que les marchandises syriennes font le trajet jusqu’à la frontière jordanienne, pour pénétrer à travers le pont Allenby dans les territoires palestiniens et israéliens. La route jusqu’à Jérusalem-Est est toute tracée.
COÛT DU TRANSPORT
Certes, la situation économique des Arabes israéliens et palestiniens qui habitent à Jérusalem, n’est pas reluisante ; mais elle est bien meilleure à celle de la plupart des peuples de la région. Même en prenant en compte les “coûts de transport”, le commerce régional est encore rentable pour le fabricant syrien ; en effet, celui-ci doit rémunérer de nombreux intermédiaires, notamment les transporteurs syriens, puis jordaniens et enfin israéliens.
Interrogé par le journal Yediot Yéroushalaim, un commerçant de Jérusalem-Est explique que les articles en pur coton sont les principales marchandises syriennes vendues en Israël : vêtements pour bébés, sous-vêtements, pantalons et habillement d’hiver. Malgré les différents intermédiaires à rémunérer, le prix de vente au détail à Jérusalem ne dépasse pas les quelques dizaines de shekels.
AFGHANISTAN ET DUBAÏ
La Syrie n’est pas le seul pays fournisseur de produits bon marché qui sont vendus dans la vieille ville de Jérusalem. De nombreuses marchandises en provenance de pays arabes qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec Israël sont aussi proposées à la vente aux hiérosolymitains, juifs et arabes, comme aux touristes étrangers.
Le journal Yediot révèle une réalité que les Israéliens préfèrent ignorer : dans les marchés de Jérusalem-Est, les produits de Syrie sont alignés à côté des cosmétiques fabriqués en Afghanistan et des vêtements sortis des usines de Dubaï.
Jacques Bendelac (Jérusalem)
Source Israel Valley
