lundi 10 août 2015

La Thaïlande s’importe dans le désert de la Arava

 
Les agriculteurs de la Arava tentent de faire face à la crise en tournant le dos aux poivrons, qui sont pourtant le symbole de la culture dans le désert israélien. Après plusieurs années de crise et une offre qui dépasse largement la demande, les maraîchers d’Ein Yahav et des environs ont décidé de diversifier leurs cultures...
 


Alors que la nouvelle saison agricole est sur le point de démarrer dans la Arava (partie de la vallée du Grand Rift s’étendant entre la mer Morte et Eilat), 30 % des cultivateurs de poivrons ont décidé de tenter leur chance dans d’autres domaines.
Rami Sadeh, un agriculteur d’Ein Yahav, confie au site d’informations agricoles Agrisupportonline, que ses collègues sont prêts à investir dans des espèces qui mûrissent moins vite que le poivron, quitte à devoir attendre trois mois après les semences pour pouvoir les commercialiser.

Cette décision, difficile pour les agriculteurs habitués aux poivrons qui poussent rapidement, est due au fait que trop de maraîchers se sont lancés dans la culture des poivrons et l’offre est devenue telle, qu’ils ne peuvent plus obtenir de prix intéressants pour leurs récoltes.
« Le poivron est une bonne culture qui répond à notre désir de vendre rapidement nos récoltes. C’est pourquoi nous ne souhaitons pas reproduire l’erreur d’une entrée sur des marchés déjà existants et risquer d’augmenter à nouveau l’offre. Nous avons choisi de nouvelles espèces pour lesquelles il n’y a pas de concurrence ou que l’on peut faire pousser hors saison et ainsi obtenir l’exclusivité sur le marché », explique M. Sadeh.
Grâce aux températures douces enregistrées en hiver dans la Arava, les fruits d’été peuvent pousser dès la fin de l’hiver. « Il y a 40 ans, nous avons essayé d’exploiter ce climat pour obtenir une production exclusive des fruits estivaux dès le mois de mars, mais les minéraux se trouvant dans l’eau de la région ont eu raison de la santé des arbres qui ont laissé la place aux poivrons », explique l’agriculteur du moshav dont les légumes se trouvent dans tous les supermarchés israéliens.
Les agriculteurs du désert ont finalement réussi à développer des espèces d’arbres fruitiers capables de s’adapter à la terre riche en minéraux de la Arava. « Nous allons maintenant planter des abricotiers et des pêchers, auxquels nous ajouterons par la suite des pruniers et des nectariniers, qui mûriront avant le reste du pays et seront les seuls fruits d’été sur le marché avant le début de la saison officielle », explique M. Sadeh.
Une autre espèce qui arrivera à Ein Yahav à la place des poivrons : le haricot thaï. « L’exotisme de l’espèce en termes de goût et d’aspect la différenciera des autres haricots qui se trouvent sur le marché. »
Le moshav introduira également la culture de mini-pastèques pesant 3 kg au lieu des 10 kg de leurs grandes sœurs. Ces fruits seront commercialisés quelques semaines après la pastèque traditionnelle. Ils contiennent en outre 12 % de sucre, contre 10 % pour la pastèque classique en pleine saison. Notons également des aubergines sans graines venues d’Espagne et ayant une meilleure durée de vie.
Après avoir fait fleurir le désert, les agriculteurs de la Arava ne manquent pas de ressources pour affronter la crise.

Source IsraPresse