jeudi 18 avril 2019

Pessah pour les nuls...


Pessah pour les nuls, c'est l'article qu'il faut absolument lire avant Pessah, non seulement pour comprendre l'enjeu et la symbolique de cette fête millénaire, a t-elle une réelle signification de nos jour ? Et bien oui, plus que jamais.......Détails...........


Traversée de la Mer Rouge Ce n’est pas par hasard qu’à chaque fête nous rappelons dans nos prières le souvenir de la sortie d’Egypte "זכר לציאת מצרים", car en fait cette délivrance est la première pierre de cet immense édifice que constituera le Peuple d'Israël. 
En effet, c’est dans cet exil qu’Israël est passé d’une famille à un peuple et c’est au moment de la sortie d’Egypte qu’Israël s’est vu confier sa mission. 
Cette mission-là, D. nous l’a révélée sous la forme des Mitsvote et plus spécialement celles instituées en Egypte même et maintenues pour les générations à venir. La fête de Péssa’h qui vient commémorer cet événement, est donc primordiale.
Nous avons souvent l’impression qu’à Péssa'h nous sommes plus rigoureux que durant l’année, dans l’accomplissement des Mitsvote. 
En vérité ce n’est pas seulement une impression, mais une réalité tout à fait objective. 
Nous nettoyons à tel point qu’il ne reste pas même une miette de pain, nous ne consommons que des produits sous surveillance spéciale, nous nous réunissons tous ensemble, proches et moins proches, afin de raconter les miracles qui se sont passés il y a des millénaires, nous consommons des herbes amères et des pains azymes. 
De plus, à l’époque du Temple, tous les habitants d’Erets Israël étaient réunis la veille dePéssa'h sur le parvis du Temple à Jérusalem, afin d’accomplir en famille le sacrifice de l’agneau pascal.
Pourquoi toutes ces nombreuses lois, pourquoi toute cette ferveur?
Le Séfer Ha’hinoukh, (Livre des Commandements, traduit en français par R.Samuel) à propos de la Mitsva qui nous défend de briser un os de l’agneau pascal (voir Mitsva 20) répond à cette question. 

Aussi, dès la première étape, qui devait conduire notre peuple à la condition d’hommes libres,de peuple saint et ensuite d’année en année en commémorant cet événement.
Il convient que nous fassions des actes symboliques pour nous prouver, à nous même, notre nouvelle dignité; or c’est par l’action que cette idée se fixe en nous!

On peut se demander pourquoi D. nous impose tant d’actes symboliques pour fixer en notre mémoire cet événement ?
Une seule Mitsva n’aurait elle pas suffi pour atteindre ce but?

Mais ce serait là une pensée de jeune homme inexpérimenté.
« Si tu veux mon fils acquérir du discernement, écoute ceci et cherche à le comprendre: sache que l’homme se crée par ses actes, que son coeur et ses pensées évoluent, pour le bien comme pour le mal, selon ses activités.
Même une personne pervertie dont les pensées seraient constamment orientées vers le mal, si elle commençait à s’intéresser et à s’occuper de Tora et de Mitsvote, serait peu à peu entraînée vers le bien et par la force de ses actes finirait par détruire en elle le mauvais penchant.
En effet, le fait est connu et véridique: l’esprit de l’homme se crée et se modifie selon ses activités. Par la variété et la multiplicité des actes religieux, toutes nos pensées sont occupées et c’est ainsi que nous pouvons progresser normalement...
Si tu médites ce que je viens de dire, tu comprendras pourquoi la Tora a consacré tant de commandements au souvenir de la sortie d’Egypte qui est une des bases de notre foi. »

Il nous faut donc approfondir le sens de Péssa’h afin de mieux saisir son importance. Nous devons différencier entre deux sortes de délivrance: la délivrance matérielle et la délivrance spirituelle.

La délivrance matérielle 

La Tora nous décrit explicitement l’asservissement cruel qu’ont subi les Hébreux.
Le Maror vient nous rappeler chaque année par son goût amer, les dures épreuves qu’ont subi nos ancêtres sous le régime de Pharaon.
L’obligation de consommer la Matsa et l’interdiction de manger du ‘Hametz durant la semaine de Péssa’h nous enseignent, (selon l’explication donnée par le Rav C.R. Hirsch) qu’en aucun cas il ne faut penser que c’est par notre seul mérite que nous avons été délivrés de cette servitude. 

Bien au contraire, le peuple ayant été entraîné jusqu’au quarante neuvième degré d’impureté, rien ne laissait prévoir un tel bouleversement et c’est uniquement grâce aux bienfaits de D. que cette indépendance nous a été accordée.
C’est “Sa main puissante” qui a fait pencher la balance en notre faveur. C’est pour cela que nous nous abstenons de tout levain qui est signe d’indépendance, étant donné que c’est lui qui fait gonfler la pâte.
Tandis que la Matsa elle, est constituée d’une pâte continuellement travaillée, ce qui représente pour nous l’asservissement. Les Mitsvote de Péssa'h illustrent bien le fait, que c’est par la seule volonté divine que nous avons été sauvés.
En nous ordonnant de sacrifier et de consommer l’agneau pascal avant même la sortie d’Egypte, au vu et au su des Egyptiens, D. a voulu briser d’un seul coup le joug de l’esclavage et la terreur qu’avaient les enfants d’Israël de leurs maîtres Egyptiens, afin qu’il ne leur reste que la crainte de D.

Il est frappant que le Talmud de Jérusalem (Yérouchalmi Roch Hachana Ch.3 hal.5) nous enseigne qu’avant de sortir d’Egypte, D. a ordonné aux Hébreux les lois concernant la libération des esclaves. 
Car c’est justement à l’heure où les enfants d’Israël reçoivent leur liberté qu’il faut étudier la notion d’esclavage et s’interroger sur le statut de l’esclave tel qu’il est vu par la Tora. 
L’ordre de libérer les esclaves après six années de servitude vient nous enseigner qu’il ne doit pas y avoir d’esclavage à perpétuité, car seul le service divin est un service permanent.

La délivrance spirituelle
 
Le Zohar (rapporté par la Hagada du Chné Lou’hote Habérite du Chla Hakadoch) nous dévoile, que les Hébreux ont été délivrés à la dernière minute, car ils étaient tombés dans le quarante neuvième degré d’impureté et que s’ils avaient atteint le cinquantième il aurait été impossible de les en sortir.
Mais une fois libérés, ils ont commencé une longue ascension qui se termina quarante-neuf jours après devant le Mont Sinaï et cette fois ils culminèrent au quarantième degré de sainteté.

Le Sfat Emèt (Rabbi de Gour) explique que l’ordre qu’a donné Moïse aux Hébreux et aux générations à venir de se rappeler de la sortie d’Egypte, avait pour but de refaire apparaître l’impression de sainteté (Kédoucha) dont ont été imprégnés les enfants d’Israël au moment de leur délivrance.

De quelle manière ont-ils reçu cette Kédoucha ?
 
Le Sfat Emèt explique que les Hébreux ont été placés par D. dans un nouvel environnement surnaturel. S’ils étaient restés sous l’influence de la nature, ils auraient du normalement continuer leur esclavage en Egypte, qui était à cette époque une super puissance de la région. 
Mais D. a voulu abolir le règne de la nature afin de démontrer que celui qui veut sincèrement se mettre au service D. est obligé de s’élever au dessus de ce bas monde et d’éloigner de lui toute philosophie matérialiste.

Dans quelles conditions peut-on acquérir la Kédoucha ? 

Il y a deux dimensions fondamentales qui déterminent la Kédoucha: la conscience du temps et la conscience du lieu:
" קדושת הזמן וקדושת המקום".

(Voir l’étude consacrée à ce sujet par le Rav J. B. Solovétchik dans son article intitulé « Le Sacré et le Profane». 
Cette étude se situe à la fin de son livre « l’Homme de la Halakha », qui a été traduit en français par le Dr B. Gross).
Ces deux dimensions sont rapportées par la Halakha à propos des sacrifices, qui doivent obligatoirement être offerts dans l’intention d’être sacrifiés et consommés dans un certain temps et un certain lieu, bien définis par la Tora. Afin de nous approprier la Kédoucha nous devons retrouver en nous ces deux dimensions.

La conscience du temps
 
Il est frappant de constater que les débuts de l’histoire temporelle du peuple juif, ont été fixés par la Tora peu avant la délivrance d’Egypte (Ex. XII, l-2). Ceci permet aux Juifs d’être eux-mêmes les maîtres du calendrier hébraïque. En effet c’est au tribunal rabbinique (Bèt Dine) que revient le privilège, après avoir reçu le témoignage de ceux qui ont les premiers vu apparaître la nouvelle lune, de fixer et d’annoncer le début du nouveau mois, ce qui a une influence directe sur les festivités de l’année juive.
La Tora nous ordonne de “préserver les Matsote” (Ex. XII, 17). Rachi cite la Mekhilta qui commente: “Ne lis pas Matsote mais Mitsvote et garde-toi de négliger les Mitsvote”. 
Le Maharal de Prague (Gour Arié Ex. XII, l7) s’ interroge sur la signification de ce passage et explique que la délivrance ayant été provoquée par D. Lui-même sans l’intervention d’aucun intermédiaire, le temps ne pouvait donc avoir aucune emprise sur cet événement, car Il se trouve au-delà du temps.
Le message spirituel qui nous a été transmis par l’intermédiaire de la Matsa est donc de se libérer au maximum de l’emprise du temps et de le maîtriser, plutôt que de se laisser dominer par lui.

En comptant les quarante neuf jours qui séparent la délivrance matérielle de la révélation du Mont Sinaï, les enfants d’Israël ont appris à voir dans le temps une progression vers la perfection (Chélémoute) et la sainteté (Kédoucha).

La conscience du lieu 

C’est dans un lieu précis que se trouvait le plus haut degré de sainteté, le Saint des Saints "קודש הקדושים" au Temple de Jérusalem.
Mais depuis la destruction du Temple, la Présence Divine (Chékhina) ne trouve sa plénitude que dans les quatre coudées de la Halakha uniquement (Talmud Bérakhote 8a).

Celui dont toute la vie est rythmée par la Halakha peut prétendre accéder à la Kédoucha, mais ce n’est pas en acquérant quelques vagues connaissances abstraites que l’on peut atteindre la perfection. 
Cette idée-là, peut nous permettre de comprendre, pourquoi tellement de lois ont été instituées lors de la sortie d’Egypte et en son souvenir, car ces Mitsvote doivent nous aider, de génération en génération à nous délivrer nous mêmes, afin d’être aptes à retrouver cette Kédoucha qui est pour nous essentielle.
D. affirme dans la Tora (Ex. XIX, 6): 
« Et vous serez pour moi une dynastie de prêtres et une nation sainte ». Rachi interprète le terme “prêtre” par le mot “prince". Le Rabbi de Sokhotchov (dans son livre Chèm Michmouél) ajoute à cela:
“II ne s’agit pas de prince dans le sens de chef d’une nation en quête d’expansion territoriale, mais d’un homme qui domine ses passions et reste parfaitement maître de soi”.

Il nous reste à émettre le voeu pour conclure, que très bientôt nous puissions être réunis tous ensemble sur le parvis du Temple de Jérusalem, afin d’apporter en offrande le sacrifice de l’agneau pascal et de jouir de la Présence Divine. 

Purification des ustensiles

Il est écrit dans la Tora « Toutefois. l’or, l’argent, le cuivre, le fer, l’étain et le plomb, toute chose qui pendant son emploi est passé par le feu, passera par le feu et toute chose qui n’est pas passé par le feu, passera par l’eau» (Nombres 31, v22).
Il est donc écrit clairement que pour purifier des ustensiles de cuisine afin de les rendre purs (kachère), il faut les faire passer ou bien par le feu ou bien par l’eau.

Ce processus sert pour rendre Kachère des ustensiles qui ne l’étaient pas et aussi pour rendre Kachère Lépéssa’h, c’est à dire Kachère pour la fête de Péssa'h, des ustensiles dont on s’est servi pendant l'année en mangeant du ‘Hamets (du pain et tout ce qui provient du blé, de l’orge et autres céréales).

Règle Générale 

Kachérisation dans la rueLa règle générale de kachèrisation (purification) des ustensiles est très simple.
Pour être débarrassé des sucs de l’aliment qu’il a absorbé, il doit les rendre de la même façon qu’il les a absorbés.

Nous avons à considérer plusieurs cas, quand l’ustensile était en rapport avec l’aliment par l’intermédiaire du :
-Feu
-l’eau bouillante
-de l’eau chaude pas bouillante (assiettes, verres)
-par une grande chaleur (cocotte minute)
-en le conservant plus que 24 heures de suite
Tous les ustensiles de toutes sortes de matières qui ont servi pour cuire ou servir du 'Hamets et dont on n’a pas l’usage pendant Péssa’h, il suffit de bien les nettoyer afin qu’il ne reste plus de saleté visible, et de les ranger dans un endroit fermé.
On mettra la clef dans un endroit caché.
Si l’on veut cependant se servir pendant la fête de ces ustensiles alors il faut les kachériser.


Ustensiles qui ne peuvent pas être kachérisés
 
Toutefois il faut savoir que certains ustensiles ne peuvent pas être kachérisés
1-- Les ustensiles faits en terre (généralement terre cuite ou porcelaine ou céramique) même s’ils sont recouverts par une couche de verre ou d’émail, etc...
2— Les ustensiles qui doivent être passés au feu, quand il y a des risques qu’ils s’abîment au contact du feu (casseroles, moules à gâteaux et poêles Téfal)
3— Les appareils électriques qui ont servi pour brûler du pain (grille-pain) ou même des chauffe-eau électriques ou des bouilloires électriques où il se peut que soient tombées des miettes de pain ou de gâteaux à l’intérieur.
4— Tous les ustensiles qu’on n’arrive pas à nettoyer correctement (cela comprend tout ce qui sert à travailler la pâte, casseroles, assiettes, couverts).
5— Tous les ustensiles en verre, les Achkénazim ne peuvent pas les kachériser. Les Séfaradim, eux peuvent les utiliser après les avoir bien nettoyés. (Ceux en pyrex et duralex voir plus loin).
6— Tous les ustensiles qui sont recouverts même partiellement de rouille.
7— Tous les ustensiles en bois qui ont servi à des aliments 'Hamets dans lesquels il y a des fentes, et de même pour tous les ustensiles qui ont des fentes et qui ne sont donc pas nettoyables impeccablement.
8 —On a l’habitude de ne pas se servir du tout pendant Péssa'h, des ustensiles et même des nappes qui ont servi à faire la pâte du pain ou des gâteaux.
9— Une râpe dont on se sert pour du pain ou des gâteaux. Par contre on peut kachériser une râpe à légumes ou à fruits.

10— Des couteaux dont le manche et la lame sont séparés et attachés par des vis, qui sont très difficilement nettoyables (il s’agit de couteaux qui servent pour manger, et pas de couteaux â viande ou à fruit).
11— Les ustensiles en émail: on a l’habitude de ne pas s’en servir.
12— Les ustensiles en plastique: on a l’habitude de ne pas s’en servir.
13— Les ustensiles en corne entièrement ou partiellement ne sont pas kachérisables.
14—On a l’habitude de ne pas utiliser une bouteille thermos qui a servi pendant l’année.
15— On ne se servira pas de la brosse à dent dont on se sert durant l’année.
16— Les carafes en verre dans lesquels on a entreposé des alcools, les Achkénazim ne peuvent pas les kachériser, mais les Séfaradim, doivent les tremper durant 72 heures dans de l’eau, en changeant l’eau toutes les 24 heures.

Quels sont les ustensiles que nous pouvons kachériser 

 Tous les ustensiles qui sont composés des matières suivantes sont kachérisables à condition d’avoir été nettoyés auparavant de toute saleté.
1) Les ustensiles en or, argent, cuivre, fer, étain, plomb, acier, nérostat, bois, aluminium, pierre, sont kachérisables.
2) Les casseroles doivent être trempées dans l’eau bouillante (après avoir été impeccablement nettoyées y compris le manche et le couvercle).
3) Les cocottes—minute doivent être trempées dans l’eau bouillante (il faut démonter les parties démontables du couvercle, enlever le joint de caoutchouc, bien le nettoyer avec un produit chimique; faire bouillir aussi les parties démontables ainsi que le couvercle et les manches).
4) La friteuse non électrique doit être trempée dans l’eau bouillante. La friteuse électrique n’est pas kachérisable.
5) La bouilloire électrique qui ne sert qu’à faire bouillir de l’eau et dans laquelle ne sont pas tombées des miettes de pain ou de gâteau, devra être nettoyer (y compris le dépôt calcaire qui se forme dans le bas) et la faire bouillir pleine d’eau.
6) La plaque électrique du Chabbat, il faut la faire fonctionner durant deux heures, et après verser sur le dessus de l’eau bouillante et la laisser allumée pendant deux heures supplémentaires. On a l’habitude ensuite de la recouvrir avec du papier aluminium. Ceux qui ont l’habitude de se servir d’une plaque en aluminium qui recouvre le gaz durant le Chabbat, doivent la passer au feu (ou bien passer dessus avec un brûleur).
7) Le mixeur doit être divisé en plusieurs parties :
Le moteur (qui est généralement bien fermé) il faut vérifier que l’intérieur soit propre et cela suffit.
La partie démontable qui sert à pétrir la pâte on n’a pas le droit de la kachériser (Pour les Séfaradim il est permis, en cas de nécessité, de bien la nettoyer et de la tremper dans l’eau bouillante).
Le pressoir et le coupeur de légumes doivent être propres et trempés dans l’eau bouillante.
Le mixeur doit être remplacé par un nouveau qui ne servira que pour Péssa'h.
Le hachoir doit être démonté entièrement et être trempé dans l’eau bouillante. La partie du hachoir qui est parsemée de petits trous doit être passée au feu.

8) L’appareil à moudre le café (qui ne sert qu’à cela) doit être bien nettoyé et cela suffit.
9) Le gril qui ne sert jamais pour des aliments composés de pain ou de farine doit être passé à l’eau bouillante après avoir été bien nettoyé. Le gril qui a servi, même si ce n’est qu’une seule fois, à griller du pain ou des boulettes de viande qui contiennent de la farine ou du pain doit être passé au feu et on doit voir sortir des étincelles du gril.
10) La poêle, quand c’est une poêle à frire, il est préférable de la passer au feu.
11) La poêle du genre Téfal n’est pas kachérisable pour Péssa'h.
12) Les verres et les ustensiles en verre (y compris pyrex et duralex) sont kachérisables pour les Séfaradim en les nettoyant bien. Les Achkénazim ne peuvent pas les kachériser. Néanmoins pour le Pyrex et le Duralex, il y a différentes opinions parmi les décisionnaires Achkénazim et si on est dans la nécessité, on les kachérisera en les trempant trois fois dans de l’eau bouillante, mais les ustensiles en pyrex dont on s’est servi pour le four ne sont pas kachérisables même à l’eau bouillante.
13) Les carafes en verre dans lesquelles on a entreposé des alcools, les Séfaradim devront les tremper 72 heures dans de l’eau, en changeant l’eau toutes les 24 heures. (Les Achkénazim ne peuvent pas les kachériser).
14) Les assiettes en métal doivent être trempées dans l’eau bouillante.
15) Les couverts (cuillères et fourchettes) doivent être trempés dans l’eau bouillante. Les couverts qui sont composés de deux parties distinctes sont très difficilement nettoyables et donc presque impossibles à kachériser (pour un cas de force majeur, il faut demander conseil à un rabbin). Ceux qui n’ont servi qu’à couper de la viande ou des légumes sont kachérisables à l’eau bouillante.
16) Les couteaux dont le manche et la lame sont formés d’une seule partie doivent être trempés dans de l’eau bouillante.
17) Les gobelets et les coupes en argent ou en métal qui servent pour boire du vin, doivent être trempés dans de l’eau bouillante.
18) La râpe à légumes doit être trempée dans de l’eau bouillante.
19) Le récipient dont on se sert pour se laver les mains, même s’il sert quelquefois pour boire, du moment qu’il n’a pas servi pour de l’eau chaude, il suffit de bien le nettoyer.
20) Le récipient qui sert à saler la viande durant l’année, il est préférable de le tremper dans de l’eau bouillante. (S’il s’agit d’un seau en plastique qui n’a servi qu’à froid, il faut aussi le remplir d’eau bouillante).
21) Les tables qui ont été en contact direct avec des casseroles chaudes, doivent être gardées de tout contact avec elles durant 24 heures. Ensuite, on devra bien les nettoyer et les sécher, puis verser de l’eau bouillante sur toute la surface des tables. 
Il faut verser l’eau bouillante sur un morceau de fer rougi au feu et si l’on n’a pas la possibilité de le faire, il suffira donc de verser de l’eau bouillante seulement. Pendant la fête il faudra recouvrir la table avec une nappe spéciale pour Péssa'h.
Une table qui n’est pas en contact avec des casseroles chaudes, mais uniquement avec des assiettes (même chaudes), il suffit de bien la nettoyer et de mettre une nappe spéciale pour Péssa'h. (Il faudra donc deux nappes, une pour les aliments à base de lait, et une pour ceux à base de viande).

22) Les éviers qui sont en céramique ne sont pas kachérisables et pour s’en servir à Péssa'h il faut mettre dans l’évier des bassines en plastique qui ne servent que pour Péssa'h (évidement il faut deux bassines, une pour les ustensiles qui servent aux produits laitiers, et une autre pour les produits à base de viande).
Ne pas oublier de bien nettoyer les éviers tout de même. Il faut aussi verser de l’eau bouillante sur les robinets, et ouvrir le robinet d’eau chaude de façon à ce qu’il sorte de l’eau très chaude. On pourra dans certains cas, kachériser des éviers en céramique, mais il faut auparavant prendre conseil chez un rabbin.

23) Les éviers en nérostat: Il est possible de les kachériser à l’eau bouillante qu’on verse sur un fer rougi. (Il vaut mieux pour éviter toutes difficultés, se servir des bassines en plastique et dans ce cas il suffit de bien nettoyer les éviers).
24) Le marbre de la cuisine doit être kachérisé de la même façon (eau bouillante et fer rougi) mais on a pris l’habitude de le recouvrir de papier aluminium, ce qui résout le problème. Il faut verser de l’eau bouillante sur les céramiques qui se trouvent près des robinets et près du gaz.
25) Le four électrique ou au gaz dont on s’est servi toute l’année pour faire des gâteaux ou griller du pain:
Si l’on a posé le pain directement dans le four et non pas sur une plaque spéciale, on ne peut s’en servir qu'en introduisant à l’intérieur une boite fermée de tous les côtés dans laquelle on peut mettre des aliments. Cela après avoir bien nettoyé le four et l’avoir allumé à sa plus grande chaleur pendant une heure.
Si l’on se sert pendant l’année d’un grillage ou d’une plaque sur laquelle on pose les gâteaux ou le pain, il est impossible de kachériser le grillage, la plaque et les moules de peur qu’ils ne s’abîment, et donc il faut des moules spéciaux pour Péssa'h. Le four, lui, doit être bien nettoyé avec un produit chimique et ne doit pas fonctionner pendant 24 heures.
Il est préférable, si l’on a la possibilité de passer une flamme sur toute la surface du four et de le recouvrir de papier aluminium. Sinon on peut se contenter d’allumer le four à sa plus grande chaleur pendant 1 heure (la porte du four étant évidemment fermée). Pour pouvoir utiliser le four pendant la fête, il faut recouvrir l’intérieur de papier aluminium, ou bien recouvrir entièrement l’aliment que l’on veut cuire, avec du papier aluminium.
Vu que la kachèrisation du four est assez compliquée, il est préférable de s’abstenir de cuire dans le four qui sert durant l’année, et d’avoir un four spécial pour la fête. Il est recommandé de demander conseil â un rabbin avant de kachériser soi-même son four.
Si l’on n’a pas l’intention de se servir du tout du four pendant la fête, il faut juste bien le nettoyer pour qu’il ne reste plus de miettes de pain ou de gâteaux (même collés sur la paroi du four). Il est préférable pour avoir une meilleure propreté de se servir des produits chimiques spécialement conçus pour le nettoyage des fours.
Les fours qui arrivent a une chaleur de 450 degrés sont auto nettoyables et il suffit de les chauffer à la plus grande chaleur. (Ensuite il est préférable de mettre dans le four du papier aluminium).

26) Le four à micro-ondes:
1- II faut tout d’abord bien nettoyer les parois, la porte et les joints du four, avec de l’eau et un détergent spécial qui enlèveront toutes les saletés de l’appareil, puis le sécher.
2- Introduire un ustensile (Kachère pour Péssa'h), le remplir d’eau mélangée avec un peu de détergent (Kachère aussi) et faire fonctionner le four pendant quinze à vingt minutes afin de le chauffer à sa plus grande chaleur.
3- Laisser les parois se refroidir et les nettoyer avec un chiffon propre.
4- Kachériser le plat inférieur qui est en verre, de la même façon qu’on a l’habitude de kachériser les verres (comme les pyrex). Certains pensent qu’il vaut mieux changer ce plat et en mettre un neuf.
5- La partie du haut qui est en plastique contient parfois un gril électrique et il faudra le faire fonctionner au maximum.
6- S’il est possible de poser sur les parois de l’appareil du papier aluminium il sera préférable de le faire.
Il s’agit de l’avis de certains décisionnaires, d’autres émettent un avis différent, chacun devra donc demander à son propre maître.

27) Les fours ou les rôtissoires qui ne servent qu’à griller de la viande durant l’année, il suffit de les nettoyer, puis de les faire fonctionner à vide à la plus grande chaleur et de les recouvrir de papier aluminium.
28) Les broches qui ne servent qu’à rôtir de la viande, on peut les tremper dans l’eau bouillante et s’en servir pour Péssa'h. Pour les cuisinières, cela dépend de leur type.
29) La cuisinière à gaz : Chaque partie est rendue Kachère différemment:
Le grillage sur lequel reposent les casseroles, il est préférable d’en avoir un neuf qui ne sert que pour Péssa'h car le dégraissage est très difficile.
Néanmoins si l’on n’a pas le choix, il faut le passer au feu (s’il risque de se casser, il suffit de le tremper dans de l’eau bouillante). On a l’habitude de le recouvrir ensuite avec du papier aluminium.
La table de cuisson : après avoir été bien nettoyée, il faut verser dessus de l’eau bouillante (si on la recouvre entièrement de papier aluminium, on n’a pas besoin de verser de l’eau bouillante). A priori il faut verser de l’eau bouillante sur un fer rougi.
Les brûleurs doivent être bien nettoyés (il est préférable de se servir de produits chimiques qui dégraissent).
Le chapeau du brûleur dans lequel il y a les trous d’échappement du gaz doit être entièrement propre, ensuite il faut le faire brûler pendant une heure (on n’a pas besoin de remplacer les brûleurs par des nouveaux).

30) La cuisinière électrique : doit être bien nettoyée, la table de cuisson doit être recouverte de papier aluminium et les plaques chauffantes doivent être allumées au maximum jusqu’au moment ou un morceau de papier placé sur la plaque se consume par la chaleur. (Il est préférable, si c'est possible de recouvrir la plaque elle-même par du papier aluminium).
31) Le réfrigérateur, il suffit de bien le nettoyer (de même pour le congélateur) de façon à être sûr qu’il ne reste pas de miettes de 'Hamets. (On a l’habitude de recouvrir avec du papier les endroits qui servent à entreposer les aliments).
32) Les plateaux sur lesquels on transporte des casseroles chaudes, s’il sont en métal, il faut les tremper dans de l’eau bouillante, et s’ils sont en bois ou en formica et qu’il ne sont pas fendus, il faut également les tremper dans de l’eau bouillante.
33) Les plateaux roulants dont on se sert dans les institutions et les hôpitaux, sur lesquels on pose des aliments chauds, doivent être Kachérisés en versant de l’eau bouillante sur un fer rougi . On commence par l’étagère inférieure, puis celle du milieu et en dernier celle du haut. (Il faut aussi verser de l’eau bouillante sur le dessous de l’étagère du milieu et du haut à cause de la buée qui provient des aliments chauds posés sur l’étagère). Il est préférable, ensuite, de recouvrir les étagères avec du papier aluminium si on veut s’en servir pour des plats chauds pendant la fête.
34) Les gourdes qui n’ont servi que pour de l’eau ou du jus, les biberons pour enfants qui n’ont pas contenu de farine 'Hamets, doivent être Kachérisés en versant de l’eau bouillanter. De même pour les bouchons des gourdes et pour les tétines. Il est préférable d’acheter des biberons neufs qui serviront uniquement pour Péssa'h.
Dans le cas ou l’on s’est servi d'une gourde en métal pour un aliment composé de farine etc., il faut la tremper dans de l’eau bouillante. La gourde en plastique n’est pas kachérisable.

35) Des nappes en tissu, en soie, nylon ou térylène, doivent être lavées à la machine avec un produit spécial pour lessives. On peut aussi les laver à la main, avec de l’eau chaude et les frotter plusieurs fois. Les nappes qui ne supportent pas l’eau chaude, il faut les nettoyer et après les recouvrir avec une nappe en plastique. (Il est préférable dans tous les cas ou l’on n’a pas de nappes spéciales pour Péssa'h, de recouvrir les nappes qu’on a nettoyées avec des nappes en plastique même transparentes).
36) Les nappes sur lesquelles on travaille la pâte durant l’année, on a l’habitude de ne pas s’en servir du tout pendant la fête.
37) Le lave-vaisselle: s’il s’agit d’un modèle qui peut arriver à faire bouillir l’eau qu’il contient, il suffit de bien le nettoyer, de ne pas s’en servir durant 24 heures, puis de le faire fonctionner à vide à la chaleur maximale.
S’il s’agit d’une machine qui ne peut pas arriver à 100 degrés, c’est beaucoup plus compliqué et il faut s’adresser à un rabbin qui pourra expliquer tous les détails de la kachèrisation. Il est préférable dans ce dernier cas de s’abstenir pendant une semaine de se servir du lave-vaisselle.
De toute façon même si on ne se sert pas du lave-vaisselle il faut bien le nettoyer pour qu’il ne reste pas des miette de pain. Dans le cas où c’est très difficile à nettoyer, on peut le vendre à un non juif (voir plus loin).

38) Les ustensiles en nérostat qui sont neufs, doivent être trempés dans de l’eau bouillante même durant l’année, car souvent les usines ont l’habitude d’appliquer de la graisse pour faire briller la surface des casseroles. Même si l’on n’est pas sur, il y a toujours un doute qui nous oblige à les kachériser.
Si l’ustensile a été fabriqué ou acheté chez un non Juif, il faut aussi le tremper dans une rivière ou bien dans la mer ou dans un, mikvé.
Les boites qui contiennent du sucre, du sel, des épices, du café et autres, ainsi que les salières, il suffit de bien les nettoyer et on peut s’en servir pour Péssa'h. Les boites qui ont servi pour contenir de la farine, on ne s’en servira pas durant la fête.

Bien qu’on ait l’habitude de ne pas se servir des ustensiles en plastique qui ont servi pour des aliments chauds composés de ‘Hamets, il est possible dans certains cas, de les kachériser. Il en est de même pour les ustensiles en émail. (Il est conseillé de prendre conseil chez un rabbin avant de les kachériser soi même).
Les ustensiles qui ont servi à conserver des produits 'Hamets à froid pendant plusieurs jours peuvent être kachérisés soit à l’eau bouillante, soit en étant trempés pendant 72 heures à condition de changer l'eau toutes les 24 heures. (II est assez rare qu’on se serve de ce processus de purification).
Les prothèses dentaires doivent etre bien nettoyées. 
Il faut éviter de s’en servir pour manger des aliments chauds pendant 24 heures, et ensuite verser dessus de l’eau bouillante. (Il y a encore d’autres façons de kachériser les prothèses dentaires, nous avons indiqué ce qui est recommandé à priori par les autorités rabbiniques).

Les processus de kachèrisation 

Tous les ustensiles qui ont servi pendant l’année et dont on veut se servir pour Péssa'h doivent subir un processus de kachérisation y compris ceux qui n’ont servi qu’à froid, même si on est sûr de ne pas avoir mangé du pain et du gâteau dans ces récipients. Dans certains cas il suffit de bien les nettoyer.

Le chauffage à blanc (Liboun)  

Les ustensiles qui ont été en contact direct avec le feu (ou une très grande chaleur) sans eau et sans sauce, et dans lesquels, il y avait du 'Hamets ou un mélange de 'Hamets (des moules à gâteaux, des broches), ou bien même des ustensiles qui servent à faire frire des aliments dans lesquels se trouve du ‘Hamets (des poêles), il faut les chauffer à blanc de façon à ce qu’on puisse voir jaillir des étincelles et ensuite verser de l’eau froide dessus. 

Dans ce cas, il n’est pas nécessaire d’attendre vingt quatre heures sans se servir des ustensiles. Comme ce processus risque de les endommager, on a l’habitude de s’abstenir de s’en servir pour Péssa'h.
Dans certains cas il suffit de passer une flamme sur les parois de l’ustensile, comme par exemple sur les endroits où se trouve de la rouille, ou bien là où on a effectué une soudure (et il est possible qu’il reste quelques particules de 'Hamets), ou bien même les endroits difficiles à nettoyer (fentes etc.). Dans tous ces cas, on passera avec une flamme de façon à brûler les endroits problématiques. Ensuite il faudra tremper l’ustensile dans de l’eau bouillante afin qu’il soit entièrement kachérisé.
Dans le cas où il faut juste passer une flamme sur les parois de l’ustensile le degré de chaleur exigé est tel qu’un brin de paille qui se trouve de l’autre côté de la paroi devra se consumer par la chaleur. (D’autres disent qu’une chaleur de 45 ou 52 degrés suffit).

Le trempage dans l’eau bouillante  

Dans le cas où il faut tremper les ustensiles dans l’eau bouillante, il faut préalablement bien les nettoyer et s’abstenir pendant 24 heures de s’en servir (uniquement à chaud, à froid c’est permis!).
Même la bassine dans laquelle on fait bouillir l’eau ne doit pas servir pendant les 24 heures qui précèdent la kachérisation. Si ce n’est pas possible (par exemple dans les hôpitaux, les institutions, à l’armée), il faut verser dans l’eau bouillante un produit chimique fort.

Des ustensiles sur lesquels on a appliqué de la peinture (comme par exemple pour différencier les récipients servant pour la viande de ceux servant pour le lait):
Si c’est à l’extérieur, il faut pour Péssa'h les kachériser normalement à l’eau bouillante. Par contre si après s’être déjà servi des récipients, ils ont été peints à l’intérieur, ou pour des couverts, même à l’extérieur, il faut les passer au feu. Généralement, on les peint avant de s’en servir tant qu’ils sont encore neufs et dans ce cas, il faut juste les tremper dans l’eau bouillante.

Les manches des récipients, doivent être aussi trempés dans l’eau bouillante. S’il est difficile de les nettoyer parfaitement, alors il faut passer l’endroit sale ou problématique au feu. Si l’on a peur d’endommager l’ustensile, alors il vaut mieux ne pas s’en servir pendant Péssa'h.
Dans le cas où on a oublié par négligence de tremper le manche dans l’eau bouillante et qu’on s’est servi de l’ustensile pendant Péssa'h, il faut demander à un rabbin comment agir dorénavant.

Les ustensiles neufs n’ont pas besoin d’être passés à l’eau bouillante (sauf les casseroles et les poêles en nérostat que l’on a l’habitude de tremper dans l’eau bouillante, car on craint que pendant leur fabrication on les ait enduites de graisse animale).
Cependant tous les ustensiles de cuisine neufs achetés chez un non Juif doivent être trempés dans une rivière (ou bien dans la mer ou dans un Mikvé. Ce sont là les lois de Tévilate Kélim). Si l’on a acheté des ustensiles usagés chez un non Juif ou chez un Juif non pratiquant, il faut procéder au processus de kachérisation qui convient à l’ustensile que l’on a acquis.

L’eau qui sert à la kachérisation doit être bouillante, et les ustensiles ne doivent être mis dans l’eau que lorsque apparaissent à la surface de l’eau des bulles de vapeur. Si l’ustensile est de grande capacité, on peut le tremper en deux temps, en faisant bien attention qu’il soit recouvert de tous les côtés par l’eau bouillante.
Les ustensiles doivent être secs avant d’être trempés dans l’eau bouillante.
Les couverts ainsi que les petits ustensiles, peuvent être mis dans un panier ou dans un filet, mais il faut faire attention qu’il n’y en ait pas beaucoup ensemble afin que l’eau puisse arriver à recouvrir entièrement tous les ustensiles se trouvant dans le panier.

Il faut tremper les ustensiles lentement, et faire attention aussi que l’eau soit propre.
La bassine qui sert à kachériser, si l’on veut s’en servir aussi pour Péssa'h, il faut la vider de l’eau qui a servi à la kachérisation, et la faire bouillir à nouveau. Il faut la remplir à ras-bord afin que l’eau bouillante déborde et recouvre aussi la paroi extérieure. Il en est de même pour tous les récipients que l’on veut kachériser soi-même en les remplissant d’eau bouillante.
Tout de suite après avoir trempé les ustensiles dans l’eau bouillante, il faut les tremper dans une bassine d’eau froide.
Si par mégarde, on a oublié de les tremper dans l’eau froide, on peut quand mème s’en servir pour Péssa'h.


La date de la kachérisation 

II est conseillé de procéder au processus de kachérisation trois jours avant la fête.
La veille de Péssa'h après la 4ème heure de la journée et pendant la fête on ne peut plus kachériser des ustensiles qu’on a utilisés durant l’année.
Des casseroles neuves qu’on trempe dans l’eau bouillante pour les débarrasser de la graisse, peuvent être kachérisées pendant la fête.

Il est recommandé que soit présente, lors de la kachérisation, une autorité rabbinique afin de veiller que tout se passe comme il se doit.
La Recherche du ‘Hamets (Bédika) 

La veille du 14 Nissan au soir, à la tombée de la nuit, on doit rechercher le 'Hamets à la lumière d’une bougie. On a l’habitude de prier auparavant la prière de 'Arvite (du soir). Tout de suite après, il faut se presser de rentrer chez soi pour accomplir cette Mitsva.
On remarque l’importance de la Mitsva par le fait qu'il est défendu de consommer un repas, d’entreprendre un travail et même d’étudier la Tora, avant d’avoir accompli la Mitsva de la recherche du ‘Hamets.
Dans le cas où la personne est faible, elle peut consommer quelques gâteaux, ou des fruits et peut également boire. Il est permis pour celui qui est fatigué de se reposer pendant une demi-heure mais dans ce cas, il faut qu’il y ait sur place quelqu’un qui le réveille et lui rappelle qu’il doit faire la Mitsva.
Si le propriétaire de l’appartement ou du magasin, qui est en principe obligé lui-même de vérifier, ne peut le faire, il a l’obligation de nommer quelqu’un et même de le rémunérer afin qu’il recherche le ‘Hamets à sa place. Dans ce cas, c’est le remplaçant qui récitera la bénédiction.
Pour que la recherche du ‘Hamets ne soit pas trop pénible, on a pris l’habitude de bien nettoyer la maison d’avance ainsi que les ustensiles et les habits qui s’y trouvent.

Avant de commencer la recherche, certains ont l’habitude d’éparpiller dix morceaux de pain dans la maison, afin que même si tout est propre, on ait trouvé du pain et de ce fait la bénédiction n’aura pas été dite en vain. (Cette habitude a été adoptée dans de nombreuses communautés).

La bénédiction 

La bénédiction doit être récitée avant le début de la recherche et l’on dit :
"ברוך ... אשר קדשנו ... וציונו על ביעור חמץ "
“Béni sois-Tu, notre D. Roi du monde qui nous a sanctifié par Tes commandements et nous a ordonné de faire disparaître le ‘Hamets.”
Celui qui a commencé la Bédika sans réciter la bénédiction doit la dire tant qu’il n’a pas encore fini de vérifier.
Il ne faut pas parler de choses qui ne sont pas en rapport direct avec la recherche du ‘'Hamets, pendant toute la durée de la recherche.

Une seule bénédiction suffit, même si l’on doit vérifier plusieurs endroits différents. (S’il y a une grande distance entre deux endroits, il faut réciter la bénédiction deux fois en ayant à chaque fois une intention spéciale sur l’endroit précis qu’on va vérifier.)
S’il est difficile au propriétaire de vérifier tout seul, il peut se faire aider par d’autres personnes qui devront être présentes au moment où le maître de maison récite la bénédiction.

Le mode d’éclairage
 
Il faut se servir d’une bougie en cire qui n’a qu’une mèche. (De nos jours nous nous servons de bougies en paraffine).
Si l’on n’a pas de bougie ou si l’on doit vérifier un endroit où la bougie risque de s’éteindre on peut se servir d’une lampe électrique. (De même pour les endroits où il est dangereux de se servir d’une flamme).
Mais l’ampoule normale de la chambre ne suffit pas, car les coins de la pièce sont mal éclairés. On peut laisser allumé l’éclairage de la pièce.


Les endroits à vérifier 

On doit vérifier toutes les chambres de la maison ou de l’appartement, ainsi que les mansardes, les cagibis et les balcons. Toutefois s’il y a des endroits où l’on n’a pas mis de nourriture et dans lesquels les enfants n’ont pas non plus accès, on n’a pas le devoir d’y rechercher le ‘Hamets.
Il ne faut pas oublier de vérifier la voiture, les armoires, le dessous des lits, les poches des vêtements (surtout chez les enfants!), le réfrigérateur, le récepteur du téléphone, l’aspirateur etc. Cela comprend une recherche minutieuse dans tous les coins et les trous où il y a une possibilité de trouver des miettes de pain.
Les livres dont on se sert pendant l’année, si l’on a fait très attention de ne pas s’en servir pendant les repas, alors on n’est pas obligé de les vérifier.
Néanmoins, de nombreuses personnes ont pris l’habitude de vérifier tous les livres dont ils se sont servis durant l’année passée.

Comme le ‘Hamets qui est collé sur les parois des casseroles est très difficile à enlever, on a l’habitude de mettre ces ustensiles dans une armoire spéciale, qui sera vendue à un non Juif pour la durée de la fête.
Tous les endroits que l’on veut vendre pour la durée de la fête à un non Juif, n’ont pas besoin d’être vérifiés.
Il y a certains décisionnaires qui sont d’avis qu’il faut les vérifier, si la vente a lieu aprés la Bédika.

Il faut bien vérifier les boissons alcoolisées, car la majorité d’entre elles ne sont pas consommables pendant Péssa'h et il faut les vendre à un non Juif. De même pour certains médicaments et pour de nombreux articles de parfumerie.
Quelqu’un qui possède plusieurs appartements doit tous les vérifier. S’il ne peut le faire lui-même, il doit déléguer quelqu’un à sa place.
Il en est de même pour tous les entrepôts qui lui appartient.
Néanmoins s’il ne compte pas s’en servir pendant la fête, il peut les vendre à un non Juif, et dans ce cas, il n’est pas obligé de les vérifier.

La cage d’escalier doit être aussi vérifiée.
Si la majorité des résidents de l'immeuble sont juifs, il faut entièrement la vérifier. Dans le cas contraire, il suffit de vérifier l’étage auquel correspond l’appartement.
De même pour la chaufferie, (s’il est à craindre qu’on y ait mangé ou que des enfants aient amené du ‘Hamets à l’intérieur) ainsi que pour les poubelles.
Il est bon que chaque voisin vérifie son étage ou qu’on délègue une personne qui sera chargée de vérifier tous les endroits publics de la maison.

La synagogue et les salles de classe doivent être vérifiées par ceux qui sont responsables de ces établissements.
Il est recommandé qu’au moment où ils récitent la bénédiction, avant de commencer la recherche chez eux à la maison, ils aient l’intention de vérifier aussi la synagogue.
Un Séfarade qui n’a pas eu cette intention avant de commencer à vérifier chez lui, s’abstiendra de réciter la bénédiction avant de vérifier la Synagogue (‘Hazone ‘Ovadia).
Un Achkénaze pourra la réciter à nouveau (Michna Béroura).


Qui est tenu de vérifier et qui ne l’est pas ? 

Quelqu’un qui a loué un appartement (même s’il n’y a pas encore habité, et qu’il ne compte pas y habiter pendant la fête), doit soit le vérifier, soit le vendre à un non Juif.
Celui qui va à l’hôtel pour la fête de Péssa'h, de même que s’il se trouve dans sa chambre déjà le 14 Nissan au soir, n’est pas obligé de vérifier sa chambre mais doit juste enlever le ‘Hamets qui s’y trouve (Kiniane Tora p.295).
Il est bon qu’il se mette d’accord avec le gérant, afin qu’il puisse louer la chambre de l’hôtel.

Celui qui loue un appartement pour la durée de la fête ou pour plus longtemps , s’il s’y trouve déjà le 13 Nissan ou s’il a reçu les clefs avant le début de la nuit du 14 Nissan, devra faire la Bédika et réciter la bénédiction. 
S’il arrive plus tard ou le lendemain, il devra se renseigner si la Bédika a été faite. Sinon il devra la faire lui même et dire la bénédiction même pendant la fête.
Si le propriétaire n’est pas juif il devra dans tous les cas faire la Bédika et dire la bénédiction.
Une chambre d’hôte, même si l’invité la reçoit pour son usage exclusif, c’est au maître de maison de la vérifier.

Les étudiants se trouvant dans un internat doivent vérifier leurs propres chambres.
S’ils quittent l’internat pendant les trente jours qui précèdent la fête, ils devront rechercher le ‘Hamets sans dire la bénédiction. La direction de l’internat est responsable des endroits publics de l’institution.

Quiconque ne se trouvant pas chez soi le soir de la vérification, mais sera de retour pour Péssa'h, doit nommer quelqu’un qui devra vérifier à sa place.
Dans le cas où personne n’a été nommé, alors sa femme, ou son fils (âgé de plus de treize ans) ou sa fille (âgée de plus de douze ans) doivent vérifier et doivent aussi réciter la bénédiction.
S’il n’y a personne à la maison, il doit vérifier avant de quitter sa maison, même quelques mois avant, s’il pense être de retour chez lui pour la fête.

Celui qui ne compte pas revenir pendant la fête, et a quitté sa maison plus de trente jours avant le 14 Nissan, n’est pas obligé de la vérifier ni de la vendre. Il devra par contre réciter le Bitoul.
S’il a quitté pendant les trente jours qui précédent le 14 Nissan, il est obligé de vérifier avant de partir (sauf s’il vend son appartement à un non juif), sans réciter la bénédiction. Dans tous les cas, il doit prononcer le Bitoul.
Celui qui ne comprend l’hébreu est obligé de le dire dans le langage qu’il comprend


L’annulation du ‘Hamets (Bitoul)
 
Une fois la recherche terminée, il faut entreposer le ‘Hamets qu’on brûlera le lendemain dans un endroit bien précis, afin qu’il ne se répande pas à nouveau dans la maison. (II faut faire attention de ne pas le mettre à portée des enfants!).
De même pour le ‘Hamets qui reste encore pour le déjeuner du lendemain matin.
Après la recherche on doit annuler (Bitoul) tout le ‘Hamets se trouvant en notre possession en récitant cette phrase:
"Kol 'Hamira dé-ika birchouti délo 'hazité oudélo bir'até livtil oulhévé ké'afra déar'a

Il est bon de la dire aussi dans un langage que l’on comprend:
« Que soient annulés tout levain et toute pâte levée qui se trouvent en ma possession et que je n’ai ni vu, ni fait disparaître, qu’ils soient considérés comme la poussière de la terre ».
Certaines personnes récitent cette phrase trois fois (les Séfaradim d’après le ‘Hida et le Ben lch ‘Haï). Si un remplaçant le dit à la place du propriétaire il devra dire:”...qui appartiennent à tel et tel…


Celui qui n’a pas vérifié à temps 

Celui qui n’a pas vérifié le 14 Nissan à la tombée de la nuit, peut vérifier durant toute la nuit. Le lendemain matin aussi il doit vérifier, s’il n’a pas eu la possibilité auparavant, et il devra réciter la bénédiction.
II en est de même pour quelqu’un qui n’a pas vérifié du tout avant la fête, il devra vérifier pendant la fête et réciter la bénédiction.
S’il n’a pas vérifié du tout pendant la fête ni avant, il doit tout de même vérifier après (sauf bien sûr s’il a vendu sa maison à un non juif), car on n’a pas le droit de tirer profit du ‘Hamets qui n’a pas été détruit, ni annulé, ni vendu avant la fête.
Néanmoins dans ce cas, il ne devra pas dire la bénédiction.

Dans le cas où on a vérifié avant la nuit du 14 Nissan et qu’on a fait attention de ne pas introduire du ‘Hamets dans les endroits vérifiés, il faudra à nouveau, si l’on se trouve chez soi, rechercher le ‘Hamets le soir du 14 Nissan et réciter la bénédiction. 
Mais il suffira de ne vérifier qu’une seule chambre.
Si l’on vérifie durant la journée du 14 Nissan, ou pendant la fête ‘Hol Hamo’éd, (si l’on n’a pas pu vérifier à temps), il faudra à nouveau se servir d’une bougie afin d’éclairer les coins et les endroits sombres. 
Il est aussi préférable d’ouvrir les fenêtres, afin que la pièce soit bien éclairée. Il ne faudra rien consommer avant de terminer cette recherche.

La consommation du ‘Hamets le 14 Nissan
 
Le lendemain matin, veille dePéssa'h, on peut manger du pain pendant le premier tiers de la journée, (jusqu’à la fin de la quatrième heure).
Il faut donc du lever jusqu’au coucher du soleil diviser les heures de la journée en douze et ensuite multiplier par quatre, (il est bon de se servir d’un calendrier hébraïque qui donnera les heures exactes).

A partir du début de la cinquième heure on ne peut plus consommer du ‘Hamets et à partir de la sixième heure, il est interdit d’en tirer profit et d’en posséder.

La destruction du ‘Hamets 

Il faut donc brûler ou détruire le ‘Hamets avant le début de la sixième heure.
On a l’habitude de le brûler ou détruire le ‘Hamets avant le début de la sixième heure.
Il est bon de brûler au moins une quantité de 28 gr. (Kazaïte). Il faut que l’intérieur de la miche de pain aussi soit brûlé. (II est donc préférable de le couper en morceaux).

Celui qui n’a pas récité la bénédiction lors de la recherche du ‘Hamets, doit la réciter pendant qu’il le brûle. Il ne doit en aucun cas jeter le ‘Hamets dans une poubelle lui appartenant, car de cette façon là, le ‘Hamets demeure encore dans sa propriété.
Il est possible de le jeter dans une poubelle publique, qui ne se trouve pas dans le domaine privé du propriétaire. Il faut donc faire bien attention qu’il ne reste pas du 'Hamets dans la poubelle privée après la sixième heure.
Si on en trouve, il faut ou bien le brûler ou verser dessus de l’essence (ou de la javelle) afin de le rendre impropre à la consommation.
Certains ont l’habitude de renoncer aux droits qu’ils ont dans la poubelle de la maison en la rendant "Hefkère" (sans propriètaire).

Si l’on ne peut brûler le ‘Hamets, il faut faire en sorte qu’il devienne inutilisable. On a l’habitude de verser dessus de l’essence; on peut aussi le jeter dans une rivière.
On peut nommer un remplaçant qui brûlera le ‘Hamets à la place du propriétaire.
Après avoir brûlé le ‘Hamets, on l’annule à nouveau et l’on dit la formule suivante:
"Kol 'Hamira dé-ika birchouti dé'hazité oudélo 'hazité débi'arté oudélo bir'até livtil oulhévé ké'afra déar'a"

Il est bon de la dire aussi dans un langage que l’on comprend:
« Que soient annulés tout levain et toute pâte levée qui se trouvent en ma possession que j’ai vus ou non, que j’ai fait disparaître ou non, et qu’ils soient considérés comme la poussière de la terre ».
Le propriétaire peut réciter le Bitoul là où il se trouve. Même s’il a délégué un remplaçant, il est préférable que lui-même ou sa femme récitent également le Bitoul. Dans le cas où un remplaçant le dirait à la place du propriétaire il doit dire:
« ...qui se trouvent en possession de tel et tel... »
Avant la sixième heure il faut se rincer la bouche, vérifier les ongles et les dents, pour être sûr qu’il n’y reste plus de miettes de pain.
On a l’habitude de se servir d’une brosse à dents spéciale pour la fête ainsi que du dentifrice qui est sous surveillance rabbinique.
Il faudra à nouveau nettoyer et rincer les prothèses dentaires.


Le ‘Hamets découvert plus tard
 
Si on trouve du ‘Hamets après l’heure du Bitoul, mais avant la fête, ou bien pendant 'Hol Hamo’èd, il faut le brûler de suite. Pendant le premier jour (et le second pour ceux qui habitent en Diaspora) et le septième jour (et le huitième pour ceux qui habitent en Diaspora), il faut le recouvrir avec un pot ou un vase (mais pas avec un ustensile dont on se sert pour manger pendant Péssa'h) et le brûler à l’issue du Yom Tov (jour férié).
Il est évident que le ‘Hamets qui a été vendu à un non Juif n’a pas besoin d’être détruit.

Il faut procéder à la vente du ‘Hamets obligatoirement avant la fin de la cinquième heure. 

L’interdiction d’avoir du ‘Hamets pendant Péssa’h 

Que comprend cette interdiction ? 

Depuis le début de la cinquième heure la veille de Péssa'h, le ‘Hamets est donc interdit à la consommation et il faut s’en débarrasser avant la fin de la cinquième heure. 
La Tora nous défend la consommation du ‘Hamets, sa possession, ainsi que d’en tirer un profit quelconque.
Son interdiction est valable pour une quantité minime, et même si une petite parcelle s’est mélangée dans d’autres aliments, nous n’avons pas le droit de le consommer. (Les cas de mélange sont extrêmement compliqués. C’est pourquoi il est recommandé d’aller prendre conseil chez un rabbin s’il arrive une situation pareille, car il y a certains cas que l’on peut autoriser).
Il ne faut pas toucher au ‘Hamets pendant Péssa'h, même s’il appartient à un non juif, de peur qu’on aille s’en servir. 

Il n'est pas interdit de toucher aux ustensiles non kachère pour Péssa'h, mais il est recommendé de lesposer dans un endroit caché et de ne pas s'en servir, sauf dans un cas d'urgence (mais pas pour manger). 
Par contre si on trouve du ‘Hamets chez-soi, il faut de suite le brûler (si ce n’est pas Yom Tov).
Le ‘Hamets d’un non juif qui a été déposé chez un Juif, qui s’en est porté garant, ne doit pas être gardé chez lui pendant Péssa’h.
Nos sages ont été très rigoureux et ont interdit même après Péssa’h, tout ‘Hamets qui n’a pas été vendu. Ce décret comprend aussi la défense de tirer un profit de ce ‘Hamets qui n’a pas été vendu.

Nous avons l’habitude de ne pas manger à Péssa’h des aliments qui ont été cuits dans des ustensiles qui n’ont pas été kachérisés (néanmoins si par erreur on s’est servi pour cuire des aliments de casseroles qui n’ont pas été kachérisées pour Péssa’h, il faut prendre conseil chez un rabbin, car dans certains cas on pourra permettre les aliments).

Le ‘Hametz mélangé à d’autres aliments 

Pour les mélanges, c’est à dire les cas où un aliment serait composé en partie de produits ‘Hamets et en partie de produits licites, il ne faut pas les consommer, ni pendant, ni après la fête. Cependant, au cas où il s’agirait d’une grande perte, il faut demander conseil à une autorité rabbinique car il y a certains cas qui sont autorisés.
Comme ces lois de mélanges sont compliquées et peu courantes, nous nous sommes abstenus de résumer ce sujet.
Pour en avoir une idée, on peut lire ces principes dans le Choul’hane ‘Aroukh abrégé rédigé par le Rabbin E.Weill en français (ch.CLXII).

Si l’on trouve un mélange de ‘Hamets pendant la fête il faut le brûler comme si c’était du ‘Hamets pur. Cependant avant Péssa'h on peut le vendre à un non juif.

Le ‘Hamets impropre à la consommation 

Le ‘Hamets qui n’est plus apte à être consommé par des individus, mais qui est encore valable pour des animaux (même un chien) est encore considéré comme du ‘Hamets et il est défendu de le consommer et d’en tirer profit.
Il peut y avoir des cas de mélanges entre du ‘Hamets apte à être mangé par des animaux et d’autres aliments licites.
Si ce mélange s’est fait avant le début de la fête (même le 14 Nissan), il n’y aura pas de problème et ce mélange est consommable (si on s’est servi d’ustensiles cachère pour Péssa'h).
Cependant, si ce mélange s’est fait pendant Péssa’h c’est plus compliqué et il faut demander conseil à un Rav.

Du ‘Hamets qui n’est pas mangeable même par un animal, est évidement interdit à la consommation, (ce qui prouve son importance).
Mais on peut consommer un aliment qui se serait mélangé avec ce ‘Hamets là.
Cependant si ce ‘Hamets est devenu inconsommable pendant la fête, il est défendu de s’en servir et il faut le brûler (car au début de la fête, il était encore considéré comme du ‘Hamets véritable).
Cependant s’il s’est mélangé à un autre aliment il est permis de consommer ce met.

C’est pour cela que nous nous servons d’encre pendant Péssa’h, car bien qu’elle soit composé de ‘Hamets, elle n’est pas consommable même par un chien, (il en est de même pour le cirage).
Par contre il faut quand même faire attention de ne pas en mettre en bouche.


L‘interdiction de tirer profit du ‘Hamets 

Comme nous l’avons indiqué plus haut, il est interdit de tirer profit du ‘Hamets. C’est pour cela que de nombreux décisionnaires défendent de tirer profit de l’argent qui a été reçu en contrepartie de la vente du ‘Hamets pendant Péssa’h.
S’il s’agit d’une grande perte d’argent, il faut prendre conseil chez un Rav.
De même il est défendu de louer les ustensiles ‘Hamets à un non juif, car cela est aussi un profit du ‘Hamets.
On ne peut pas non plus louer une voiture, un camion ou un ustensile, quand il est clair qu’ils vont servir pour transporter ou fabriquer du ‘Hamets, mais si ce n’est pas évident cela sera permis.
Un Juif n’a pas le droit de garder le ‘Hamets d’un non juif, même gratuitement. Un commerçant peut commander pendant ‘Hol Hamo’éd Péssa'h des produits ‘Hamets qui lui seront remis après la fête (sans payer une avance).

Il ne faut pas tirer profit de l’odeur du ‘Hamets (même si le ‘Hamets ne nous appartient pas).
Néanmoins, on peut passer prés d’une boulangerie pendant Péssa'h, si l’on ne fait pas exprès de respirer l’odeur du pain et des gâteaux.

Un épicier qui vend avant Péssa’h des aliments spéciaux Kachère pour Péssa’h dans son magasin et continue en même temps de vendre des aliments qui sont ‘Hamets, doit nettoyer et entreposer dans un rayon spécial tous les aliments Kachère pour Péssa'h et faire bien attention que ne tombent pas dessus des miettes de pain etc...
Si l’épicier est Juif, il faut après Péssa’h vérifier qu’il ait vendu les restes de gâteaux, ainsi que tous les aliments ‘Hamets qui lui sont restés avant la fête, à un non Juif. Sinon il est défendu d’acheter chez lui après la fête tous les aliments composés de ‘Hamets; par contre si l’épicier est un non juif il n’y a pas de problème (pourvu que les aliments soient Kachères).
 

Les aliments plus ou moins interdits 

Les produits farineux 
Les produits à base de farine sont évidemment aussi défendus; cela comprend:
les pâtes,
la semoule,
les flans,
le pain,
les gâteaux,
les biscuits
la farine (même de Matsote) qui n’a pas été fabriquée spécialement pour Péssa'h.

De nos jours il est facile de se procurer des produits qui sont sous surveillance rabbinique spéciale pour Péssa’h et même si certains sont considérés comme Kachère sans surveillance, nous avons l’habitude de consommer uniquement des aliments surveillés.

La viande 

La viande Kachère pour Péssa’h est en vente dans les boucheries Kachère quelques semaines déjà avant Péssa'h, et il n’y aura donc pas de problème.
Il faut juste nettoyer à l’avance le congélateur et envelopper la viande dans un sachet neuf. Il faut aussi faire attention de préparer tous les mets que l’on fait pour la fête avec des ustensiles qui sont Kachère pour Péssa'h.

Il est évident qu’on ne peut pas consommer les saucisses, car elles sont préparées avec du ‘Hamets.

Le poisson 

On a l’habitude d’acheter des poissons frais et de les préparer soi-même, ou bien d’acheter des boîtes de conserves qui sont surveillées spécialement pour Péssa'h.
Les poissons salés: il vaut mieux s’en abstenir, car à la préparation ils auraient pu être en contact avec des miettes de pain (demander conseil à un Rav dans le cas où l’on a acheté des poissons salés).

Les légumes 

On peut consommer tous les légumes frais (voir plus loin quelle est la règle pour les légumes secs composés de graines, les légumineuses, Kitniote).
Si l’on coupe des légumes âpres tels que radis, oignons ou du raifort avec un couteau non kachère pour Péssa’h, ils seront interdits. (Dans le cas où ils se sont mélangés à d’autres mets, demander un Rav).


Les fruits 

Les fruits secs: on a l’habitude de s’en abstenir pendant Péssa'h à moins que ces fruits ne soient séchés spécialement pour Péssa’h.
Il est bon de s’abstenir aussi des fruits en conserve, des confitures et du miel qui ne sont pas sous surveillance.


Les autres aliments 

Les épices sont permises si elles sont entières. (Mais en poudre, uniquement sous surveillance).
Le café en poudre doit être moulu dans un moulin kachérisé spécialement.
Le lait doit être trait en présence d’un Juif et dans des récipients Kachère pour Péssa’h. Certains ont l’habitude d’acheter le lait avant la fête pour toute sa durée.

Tous les produits laitiers doivent aussi être sous surveillance spéciale pour Péssa'h.
Les fromages, même Kachères durant toute l’année, qui contiennent du malt, sont considérés comme du ‘Hamets véritable.
Il ne faut acheter que du fromage qui soit surveillé spécialement pour Péssa’h.

Les amandes, même décortiquées sont permises.
Le malt et tous les produits à base de malt sont du ‘Hamets véritable (le malt étant de l’orge germée).
Les vapeurs de distillation provenant du ‘Hamets sont interdites, ainsi que tous les alcools, les liqueurs et les eaux de vie qui ne sont pas sous surveillance. Cela inclut aussi beaucoup de produits de beauté.
Les parfums peuvent être mis à part et être vendus.
Il serait préférable de terminer avant Péssa’h tous les alcools qui sont véritablement à base de ‘Hamets comme la bière et certaines liqueurs. Il serait préférable de les terminer avantPéssa'h.
Néanmoins il existe parfois la possibilité de les vendre à un non Juif. (Il est bon de demander conseil au Rav qui vend le ‘Hamets au non juif.)

L’amidon est aussi souvent à base de ‘Hamets.
Une nappe qu’on aurait nettoyée avec tin produit à base d’amidon doit être recouverte si on veut mettre dessus des aliments pendant Péssa’h. La colle à base d’amidon, le cirage, l’encre sont permis pendant Péssa’h, mais il ne faut en aucun cas les mettre en bouche.

II faut aussi faire attention de ne pas acheter les produits suivants dans lesquels se trouvent soit du véritable ‘Hamets, soit des mélanges, ou bien qui ont été cuits dans des récipients non kachérisés qui auraient pu servir aussi à des produits ‘Hamets:
Les flocons d’avoine, le café en poudre, le thé en poudre, la soupe en poudre, les falafels en poudre, les liqueurs, l’amidon, la levure, le sirop de sucre, la moutarde, les pastilles ou la poudre de levure de bière, le chocolat (en poudre, en tablettes et en crème),les bonbons, la margarine, les sardines en boite, le vinaigre, la mayonnaise (de toutes sortes), les concentrés de jus de fruits, le cacao (en poudre et en beurre), les fruits confits, les compotes, les légumes congelés, les produits contenant du glucose (même pour les Séfaradim).
En ce qui concerne le riz (même pour les Séfaradim qui en mangent doivent en acheter qui est sans risque d’avoir été mis sous paquet dans une fabrique où il y a de la farine.
Les clous de girofle, les graines de tournesol et les cacahuètes (même pour les Séfaradim, car elles sont grillées avec du sel et de la farine).

Cependant si l’on trouve ces produits là sous surveillance, il ne reste qu’à vérifier le contenu, afin qu’il ne se trouve pas de Kitniote (légumineuses) que les Achkénazim ont l’habitude de ne pas consommer.
On peut trouver de nos jours une levure à base de farine de pommes de terre qui est sous surveillance.


Les médicaments 

Les médicaments qui sont sous forme de sirop et dans lesquels il y a du ‘Hamets ou même simplement un doute, sont défendus. Néanmoins les médicaments en capsules ou en comprimés sont plus facilement permis.
Si l'on est obligé de prendre un médicament 'Hamets pendant Péssa'h, il vaut mieux envelopper le médicament dans une capsule vide (qu’on achète en pharmacie) et avaler le tout.

Si le même médicament existe en sirop et en comprimés ou en capsules et que le sirop est défendu parce qu'étant à base de 'Hametz, il est conseillé de réduire le comprimé en poudre et de le mélanger avec de l’eau sucrée. De cette façon même un petit enfant pourra avaler ce médicament.
Les gouttes pour les yeux ainsi que le mercurochrome et le violet de gentiane, sont permis. De nombreux produits pharmaceutiques sont à base de Sorbitol, qui est souvent composé de ‘Hamets. (Le dextrose et les enzymes sont aussi interdits.)

Il faut de préférence se renseigner chez le médecin ou chez le pharmacien afin de savoir s’il y a du ‘Hamets ou non.
Il est évident qu’en cas de danger il ne faut en aucun cas s’abstenir de prendre un médicament.

En règle générale, les suppositoires et les crèmes sont permis, mais il faut quand même prendre conseil avec son médecin et éventuellement aussi avec un Rav. Il est parfois possible de trouver un médicament qui peut remplacer pendant une semaine celui qui est ‘Hamets.
De nombreux aliments pour animaux contiennent du ‘Hamets.

Les légumineuses (Kitniote)
 
Les Achkénazim ont l’habitude de s’abstenir de consommer pendant Péssa'h ce qui est appelé en hébreu Kitniote. C’est à dire tous les légumes (mais pas les fruits) qui sont en forme de graines et dont on mange les graines, mais qui ne sont pas recouverts de pulpe. 
Cela comprend le riz, la luzerne, les pois, les pistaches, le millet, le sorgho, le fenugrec, le tournesol, la moutarde, la caroube, la gesse, le safran, la vesce, les fèves, les lentilles, les haricots, le soja, le pavot, les graines de lin, le cumin, le chanvre, la réglisse, le maïs, le sésame, le trèfle et les cacahuètes.
Le glucose peut provenir aussi bien des céréales que des légumineuses, il se peut qu’on trouve du glucose provenant d’autres plantes qui ne font pas partie des légumineuses, mais en règle générale, il est à base de Kitniote.
L’interdiction inclut les huiles, les crèmes et les farines issues de ces légumes. Dans certaines communautés Achkénaz on se sert d’huile d’arachide surveillée spécialement pour Péssa'h.

En Erets Israël on a l’habitude de ne se servir que d’huile d’olive, de noix et de noix de coco. Pour l’huile de coton il y a différentes opinions parmi les décisionnaires de notre époque. La majorité d’entre eux la permettent (évidemment il faut que ces huiles aient été spécialement surveillées pour Péssa’h).
On a le droit de tirer profit de ces légumineuses, et donc on peut en acheter ou en vendre (à condition que n’y soit pas mélangé du ‘Hamets, ce qu’il faut vérifier avant Péssa’h). D’autre part on peut s’éclairer à l’huile à base de Kitniote, et en donner à manger aux bêtes.
Si des légumineuses se sont mélangées à d’autres aliments,et qu'ils ne représentent pas la majorité, il faut les sortir du mets et on peut manger le reste. 

Si les légumineuses ont fait fermenter le mets, même s’il n’y en a qu’une petite quantité, on ne pourra pas le consommer. Si on n’a pas le choix, on peut se servir des ustensiles qui ont servi à cuire des légumineuses.
Aux petits enfants, il est permis de donner à manger des aliments à base de Kitniote (riz, maïs etc...) 
Il faut pour cela avoir des ustensiles spéciaux et ne pas les mélanger avec les autres ustensiles dePéssa'h (il en est de même pour les personnes âgées et les malades qui doivent prendre des aliments et des médicaments à base de Kitniote).
Les Séfaradim (en général) n’ont pas cette habitude, néanmoins certains d’entre eux s’abstiennent de manger du riz.
Il faut bien noter que ceux qui mangent des Kitniote, doivent bien vérifier (trois fois) s’il n’y a pas de traces de farine ou de céréales ‘Hamets mélangées dans ces légumineuses. 

Il faut donc faire attention de n’acheter des graines de tournesol que dans un endroit où le four servant à les griller a été kachérisé
Une femme Séfarad mariée à un Achkénaz doit en principe se conduire d’après les habitudes de son mari et doit s’abstenir de manger des Kitniote. Cependant une Achkénaz mariée à un Séfarad peut manger des Kitniote si son mari le permet.
Mais elle doit auparavant faire abolir son voeu devant 3 personnes. Il y a des personnes qui continuent à garder cette habitude même après leur mariage, mais cela ne les empêche pas de pouvoir les cuire pour le reste de la famille.


La Matsa trempée dans un liquide (Chérouya) 

Il y a parmi les Achkénazim, certains qui s’abstiennent de consommer toute Matsa qui s’est mouillée. (Les ‘Hassidim surtout. Voir Choul’hane ‘Aroukh du Tania, responsa 6 ; Cha’aré Téchouva, Or Ha’haïm ch.440).
Certains ne mangent pas dans des ustensiles qui étaient en contact avec de la Matsa mouillée. Néanmoins, ce n’est pas considéré comme Mouktsé (‘Hazone Ich). ).
 

La vente du ‘Hamets 


La possession du ‘Hamets étant interdite durant toute la semaine de Péssa’h il faudra donc se débarrasser de tout ‘Hamets ou mélange qui nous reste à la maison avant Péssa’h.
Il en est de même pour quelqu’un qui n’est pas chez soi durant la fête et qui ne nettoie pas sa maison qu’il pourra vendre à un non Juif avant Péssa’h (néanmoins, comme nous l’avons déjà dit, il doit faire une recherche avant de partir et enlever le ‘Hamets véritable qui se trouve en sa possession).
Il faut obligatoirement le vendre avant la sixième heure de la veille de Péssa’h, le 14 Nissan.


Que devons-nous vendre ? 

Il faut inclure non seulement les produits ‘Hamets mais aussi le 'Hamets qui pourrait subsister sur les ustensiles qui n’ont pas été nettoyés à fond dont on ne se sert pas pour la fête, les médicaments douteux, les produits de beauté..
Notons qu'on ne devra vendre que le 'Hamets qui se trouve dans les ustensiles et non pas les ustensiles eux mêmes, car d'après nombre de décisionnaires on sera obligé dans ce cas de les retremper au Mikvé (puisqu'ils ont étés en possession d'un non juif pendant Péssa'h).
La vente concerne également tous les appartements qui nous appartiendraient là ou ils se trouvent, les magasins que nous posséderions, le ‘Hametz dont nous serions garant (même d’un non juif), et même les actions boursières que nous aurions dans une fabrique qui possède du ‘Hamets (car en tant qu’actionnaire nous devenons propriétaire en partie, aussi infime soit-elle).
Il est préférable de ne pas vendre de ‘Hamets véritable, comme du pain, des pâtes ou de la bière. 
Néanmoins en cas de grande perte c’est possible (c’est ce que font toutes les boulangeries, pâtisseries, fabriques et magasins d’alimentation en Erets Israël). La notion de perte dépend de la situation financière de chacun.

Les différents modes de vente
 
Il vaut mieux ne pas faire une donation, car il se peut que le donateur n’ait pas vraiment l’intention de faire un don véritable au non juif, ce qui laisserait donc le ‘Hamets dans la propriété du Juif et il transgresserait la défense de la Tora. Il vaut donc mieux faire un acte de vente tout en considérant que l’acheteur est conscient du fait que, après la fête, le ‘Hamets vendu sera racheté par le Juif.
Il est par contre défendu d’affirmer cela explicitement.
C’est ainsi que nous avons l’habitude de faire de nos jours. On peut faire cette vente soi-même, mais l’habitude est de nommer un rabbin compétent mandataire pour que lui même puisse vendre au non juif le ‘Hamets de la ville ou du quartier dans lequel on habite.


La procédure de vente 

II faut donc aller chez ce rabbin pour l’avertir du rôle de mandataire qu’il doit avoir pour chacun d’entre-nous. Un représentant de chaque famille doit arranger cela avant la fête, et de préférence quelques jours avant. L’acte de vente n’entre en vigueur que la veille de Péssa'h.
On a l’habitude de dire explicitement au rabbin que nous le nommons mandataire pour vendre notre ‘Hamets et nos affaires dans lesquelles il y a des mélanges de ‘Hamets, avec leurs emplacements (les pièces ou les armoires dans lesquelles ils se trouvent).
En plus nous proclamons que nous offrons libre passage à l’acheteur pour qu’il puisse prendre ce qu’il a acheté.
Pour bien montrer que nous sommes d’accord de bon gré de nommer le rabbin mandataire de cette vente, nous avons l’habitude de procéder à un acte de vente qui consiste à soulever un objet avec les mains (généralement un mouchoir ou un portefeuille etc...). Puis nous signons le document dans lequel nous avons auparavant noté notre nom, adresse et où se trouve le ‘Hamets. (Cet acte de vente n’est pas indispensable).

Il y a possibilité de nommer une autre personne qui aille chez le rabbin signer l’acte de vente. Il est même possible de le faire par téléphone (mais la vente au non juif n’est pas possible par téléphone).
Des associés sont tenus tous les deux de vendre leur ‘Hamets respectif. Un Juif associé à un non juif doit vendre uniquement le 'Hamets qui lui appartient

Les endroits publics 

Le ‘Hamets se trouvant dans des endroits publics (écoles, centres communautaires, synagogues etc...) doit être vendu par la personne qui gère et qui est responsable de ces endroits.
Dans les Kibboutsim chaque membre doit vendre son propre ‘Hamets et le secrétaire du Kibbouts doit vendre le ‘Hamets qui se trouve dans les endroits appartenant au Kibbouts.

Les endroits où l’on entrepose le ‘Hamets vendu
 
Les endroits dans lesquels ont a laissé le ‘Hametz ou les ustensiles qu’on a vendus doivent être fermés, si possible à clef, et il faut cacher la clef. Les armoires qui ne peuvent être verrouillées, il faut coller dessus un ruban adhésif et inscrire dessus le mot 'Hamets. (Néanmoins s’il n’y a pas du vrai ‘Hamets, il suffit de faire un signe qui viendra nous rappeler l’interdiction de se servir du contenu).
On peut se servir d’ustensiles qui se trouvent dans les armoires ou dans les pièces qu’on a vendu et qui ne sont pas ‘Hamets, car nous notons dans l’acte de vente que le non juif nous autorise à nous servir de tout ce qui n’est pas ‘Hamets ou en rapport avec le ‘Hamets. Néanmoins, si on entre dans une pièce ou un cagibi qu’on a vendu il ne faut pas s’y attarder de peur qu’on vienne manger ou toucher au ‘Hamets.
Un épicier qui vend uniquement certains rayons de son magasin, doit les recouvrir de façon à ce qu’on ne vienne pas par mégarde toucher les aliments ‘Hamets qui s’y trouvent.

Problèmes ayant trait à la vente du ‘Hamets pour les absents

Un habitant de Diaspora qui se trouve en Israël avant et pendant la fête dePéssa'h, bien que son ‘Hamets se trouve en Diaspora, il doit le vendre en Erets Israël. 
Bien qu’il doive respecter la fête le huitième jour qui n’est pas férié en Erets Israël, il lui suffira de ne pas avoir l’intention de racheter son ‘Hamets avant la fin du huitième jour. 
De nos jours, il y a des rabbins en Erets Israël qui font une vente spéciale pour ceux qui tiennent huit jours, ce qui résout le problème.
Pour un habitant d’Erets Israël, qui se trouve à l’étranger il est préférable qu’il vende son ‘Hamets en Erets Israël avant de partir, néanmoins s’il ne l’a pas fait il peut aussi le vendre en Diaspora. (Et il devra avoir l’intention de ne le racheter qu’après la fin du huitième jour).
Cependant celui qui se trouve en Extrême-Orient, là ou l’heure est plus avancée qu’en Erets Israël devra vendre son ‘Hamets chez un rabbin sur place, (s’il pense qu’il ne trouvera pas de rabbin, il faut qu’avant de voyager, il se renseigne chez un rabbin pour savoir comment résoudre ce problème).

La formule de l’acte de vente 

L’acte de vente se trouve en français dans le Choul’hane ‘Aroukh Abrégé du Grand Rabbin E. Weill (p.420-422). On ne peut pas rédiger un procès-verbal soi-même, car il faut se fier aux règles de la juridiction hébraïque pour que la vente soit en bonne et due forme.

Le ‘Hamets qui n’a pas été vendu 

Celui qui n’a pas vendu son ‘Hamets mais par contre l’a annulé, il lui sera permis en cas de grande perte, d’utiliser ce ‘Hamets après la fête; mais s’il ne l’a même pas annulé, ce ‘Hamets est inutilisable à tout jamais.
Il faut faire attention de ne pas acheter, même aprèsPéssa'h des produits ‘Hamets dans un magasin appartenant à un Juif qui n’a pas vendu le ‘Hamets avant la fête comme il se doit.

Conclusion 

Pour conclure ce chapitre, il convient de citer le texte du Choul’hane ‘Aroukh Abrégé (G.R.E.Weill, p.4 18): “Cette vente du 'Hamets, entend-on parfois objecter, n’est en somme qu’une ruse destinée à tourner la loi divine qui nous a interdit de posséder du ‘Hamets.
Un tel marché fondé sur un formalisme juridique est-il digne de la haute conception que nous devons avoir de nos devoirs envers D.? Il ne faut pas oublier que cette loi divine a elle-même transféré la véritable signification de cette disposition légale dans le domaine du droit, en ne défendant que la possession du ‘Hamets, qui nous appartient en propre... Le poids de la défense repose donc sur ce terme juridique de propriété.”

II est évident que si cet acte de vente n’est pas absolu et catégorique, alors il n’y aura aucune signification à cette transaction. 


Les lois relatives à la veille de Péssa'h 


La consommation du ‘Hamets 

Comme nous l’avons dit plus haut la veille de Péssa’h, on ne peut consommer le ‘Hamets que durant une partie de la matinée, (avant le début de la cinquième heure) et après il faut brûler le reste du ‘Hamets ou bien l’avoir vendu avant le début de la sixième heure.
On a l’habitude de laisser de côté un morceau de pain (plus gros qu’un Kazaïte, c’est à dire de plus de trente grammes) et de le brûler (voir plus loin)

Le jeûne des premiers-nés 

La veille de Péssa’h est un jour de jeûne pour les premiers nés du sexe masculin, en souvenir du miracle qui s’est passé ce jour là en Egypte, où les premiers nés Egyptiens sont morts et ceux des Hébreux ont été préservés. On inclut dans cette catégorie les premiers nés masculins du père et aussi ceux de la mère, il peut donc y avoir dans la même famille deux premiers nés!
Si le premier né est encore un enfant de moins de treize ans, alors l’obligation de jeûner retombe sur le père. 
Néanmoins si l’enfant est âgé de moins de trente jours, le père n’est pas obligé de jeûner à sa place.
Si le père est aussi un premier né, l’obligation revient à la mère de jeûner si elle en a la force. Si la personne qui doit jeûner est âgée, faible ou bien un peu malade, elle peut goûter quelques fruits et boire.

La participation à une Sé’oudate Mitsva annule le jeûne
 
Ceux qui participent à un repas organisé à l’occasion d’une Mitsva, comme une Brit Mila (circoncision), Pidione Habène (rachat du premier né), Bar Mitsva, Chéva’ Bérakhote (repas qu’on organise en l’honneur des jeunes mariés durant la première semaine suivant leur mariage) ou à un repas qu’on organise quand on termine l’étude d’un traité du Talmud, peuvent se mettre à table et manger (Sé’oudate Mitsva) et par conséquent n’ont plus besoin de jeûner.
De nos jours, nous avons l’habitude de prendre part à une fin d’étude afin de ne pas avoir à jeûner. 
Dans toutes les synagogues on a l’habitude d’organiser un tel repas. Il suffit de goûter quelque chose et on n’a pas besoin de manger un véritable repas.
Il est préférable de finir un traité du Talmud, mais on peut aussi finir, (si on n’a pas d’autre possibilité) un traité de Michna ou un livre de la Bible ou des Prophètes; mais à condition de comprendre ce qu’on étudie.
Une personne qui est en deuil (pendant les premiers sept jours), ne peut pas se rendre à la synagogue pour participer à ce repas. Néanmoins chez elle, elle le peut; mais il faut qu’un autre achève un traité, car la personne en deuil n’a pas le droit d’étudier durant les sept premiers jours.

La défense d’entreprendre un travail 

Certains ont l’habitude de ne pas travailler durant la matinée de la veille de Péssa'h. (Dans les endroits où cette habitude n’a pas cours on peut travailler).
L’après-midi, il est généralement interdit d’entreprendre n’importe quel travail. On ne se coupera pas les cheveux, la barbe et les ongles l’après-midi. (Par un non juif c’est permis).

La défense de consommer un repas l’après-midi 

Comme il faut manger avec appétit la Matsa du premier soir, il est recommandé de s’abstenir de prendre un repas après la dixième heure de la journée (environ 15h.).

La défense de manger de la Matsa
 
Les personnes adultes et les grands enfants (de plus de six ans) doivent s’abstenir de manger de la Matsa la veille de Péssa'h. Néanmoins des aliments cuits avec de la Matsa sont permis (à condition de ne pas couper l’appétit pour le repas du Séder).
Les Séfaradim peuvent consommer des galettes de Matsa, (galettes de farine de Matsa pétries avec du jus de fruit appelées Matsa ‘Achira) et de la Matsa cuite. Les bénédictions pour la Matsa ‘Achira sont les mêmes que pour les gâteaux et pour la Matsa cuite comme pour le pain.
Pour les jeunes enfants il n’y a pas de restrictions.

Les Achkénazim peuvent aussi consommer de la Matsa cuite d’après l’avis du Michna Béroura (ch.471.20) avant la dixième heure de la journée. Mais d’après le Gaon de Vilna et le Maguène Avraham c’est défendu (Michna Béroura 444.2).
Certains ne mangent plus de Matsa depuis Pourim et d’autres depuis le premier Nissan.


La fabrication des Matsotes 

 On a l’habitude de fabriquer les Matsote qui serviront pour le Séder, la veille de Péssa'h.
Ceci est aujourd’hui pratiquement impossible, puisque nous ne faisons pas nous-même nos Matsote, mais les achetons à la fabrique ou dans un magasin. Néanmoins certains, encore aujourd’hui, font eux-mêmes leurs Matsote pour le Séder (Matsa Chél Mitsva) et ne le font qu’après qu’entre en vigueur l’interdiction de posséder du ‘Hamets. (Ils suivent l’avis de certains décisionnaires du Talmud).

Il est cependant recommandé d’avancer la fabrication des Matsote de quelques jours afin de pouvoir bien préparer la soirée du Séder et de n’être pas trop fatiguer durant le Séder. 


La veille de Péssa'h tombant le Chabbat 

Dans le cas ou la veille de Péssa'h tombe le Chabbat, il se pose plusieurs problèmes, car évidement on ne peut pas vérifier la maison le vendredi soir, ni brûler le ‘Hamets le Chabbat matin.

Le Jeudi 

La Bédika sera avancée au jeudi soir et on dira la bénédiction du Bitoul tout de suite après (pour l’annulation du ‘Hamets voir p. 35).
Le jeûne des premiers nés est également avancé au jeudi.


Le Vendredi 

Le vendredi matin il faut brûler le ‘Hamets qui nous reste, sauf ce que l’on garde encore pour les repas de vendredi et Chabbat matin, car la défense de manger du pain n’intervient que le 14 Nissan après la quatrième heure, qui est donc Chabbat matin. On a l’habitude de le brûler comme chaque année avant la sixième heure, et on mettra de côté la quantité de pain nécessaire pour le Chabbat.
Il est plus facile de cuire tous les aliments pour Chabbat dans les casseroles dePéssa'h (après avoir kachérisé la cuisinière) et ensuite de les verser dans des assiettes en carton ou en plastique.
Mais il est possible aussi de se servir de la vaisselle ‘Hamets et dans ce cas il ne faudra jamais verser un aliment cuit dans une casserole de Péssa'h, directement dans des assiettes ‘Hamets, mais tout d’abord verser ces aliments dans des assiettes de Péssa'h (Kéli Chéni) et seulement après les verser dans les assiettes ‘Hamets. Il en est de même si on veut boire un thé avec de l’eau chaude qui a été chauffée dans une bouilloire de Péssa'h.

D'aprés certains, ceux qui portent des prothèses dentaires doivent les kachériser en versant dessus de l’eau bouillante et devront ensuite s’abstenir de manger du ‘Hamets chaud durant le Chabbat .

Le Chabbat 

L’interdiction de consommer du ‘Hamets est comme toujours à partir du début de la cinquième heure.
Généralement, il faut manger du pain durant les deux repas de la journée du Chabbat. 
Cependant, le Chabbat qui tombe la veille de Péssa'h, la plupart des gens ne mangent qu’un repas avec du pain et le deuxième ne sera mangé que plus tard, après l’office de Min’ha, avec de la viande ou du poisson et bien évidemment sans pain ni gâteaux. (Les Séfaradim peuvent manger de la Matsa cuite ou de la Matsa ‘Achira).
Néanmoins, certaines personnes ont pris l’habitude de terminer rapidement le premier repas (avec du pain), ensuite ils font une pause de quelques minutes, puis il se remettent à table à nouveau et consomment un deuxième repas, tout cela avant le début de la cinquième heure, ce qui leur permet de manger deux repas avec du pain. (Il faut bien évidemment dire le Birkate Hamazone entre les deux repas.)

Les Séfaradim peuvent consommer des galettes de Matsa (Matsa ‘Achira) ou de la Matsa cuite à la place du pain.
Après le repas, il faut bien ramasser les miettes tombées par terre, vérifier à nouveau les endroits où l’on a entreposé du ‘Hamets durant ces deux jours (vendredi et Chabbat) et regarder à nouveau dans les poches des vêtements (surtout chez les enfants), afin de ne laisser aucune miette de pain dans l’appartement. (Tout cela avant le début de la sixième heure). Il faut aussi nettoyer les prothèses dentaires, et se rincer la bouche.
Généralement, on jette les restes de pain dans les toilettes ou bien on les donne en cadeau à un non juif, en particulier s’il s’agit d’un gros morceau de pain.

Il ne faut en aucun cas jeter le pain qui nous reste dans la poubelle de la maison, étant donné que cette poubelle est partiellement en notre possession. Il est possible (dans les endroits où l’on peut porter le Chabbat) de le jeter dans une poubelle publique.
La nappe et les ustensiles ‘Hamets seront enfermés dans les armoires ou les cagibis qu’on vend au non Juif pour Péssa'h (avant la fin de la cinquième heure). Dans ce cas, il vaut mieux ne pas nettoyer les casseroles du ‘Hamets qui reste collé sur les parois, mais d’enfermer le tout dans l’endroit qui est vendu.
Il ne faut pas non plus oublier de réciter à nouveau le paragraphe du Bitoul (l’annulation du ‘Hamets que nous possédons encore), avant la fin de la cinquième heure. 
Après la prière de Min’ha on devra manger un repas avec du poisson ou de la viande, mais après la dixième heure de la journée (vers 15 heures), il est déconseillé de se mettre à table, afin de ne pas couper l’appétit pour le repas du Séder.
Si quelqu’un se trouve dans un endroit public (hôpital, armée, hôtel...) dans lequel il n’y a plus aucune trace de ‘Hamets durant ce Chabhat, il faudra qu’il prenne conseil chez un rabbin afin de savoir comment consommer les repas du Chabbat. Il ne faut en aucun cas faire des préparatifs pour le Séder durant le Chabbat. 

Les préparatifs pour le Séder 

Les Matsote (pains azymes)

Plateau du SédèrIl faut obligatoirement que les Matsote que nous mangeons le soir du Sédèr aient été fabriquées intentionnellement pour l’accomplissement de la Mitsva. De plus ces Matsote là doivent être spécialement surveillées depuis la moisson, afin d’être sûr et certain que le blé et la farine n’ont pas été en contact avec de l’humidité.
Certains consomment ces Matsote spéciales qu’on appelle Chémourote pendant toute la fête. D’autres ont l’habitude de ne se servir que de Chémourote faites à la main. De nos jours on mange dans presque toutes les communautés, des Matsote faites à la machine.

Sur le plat du Sédèr, il faut poser trois Matsote Chémourote, mais il est bon d’avoir près de soi une réserve afin de pouvoir distribuer aux convives leurs parts. Chacun doit consommer durant le Sédèr cinq Kazaïte (mesure de volume). 
Il est bon de savoir que chaque Matsa faite à la machine, pèse environ trente grammes et celle faite â la main entre 80 et 90 grammes.
Il faut vérifier avant la fête qu’on ait prélevé la ’Hala (prélèvement d’une petite partie de pâte après le pétrissage) sur les Matsote. Pour les Matsote faites à la machine, il n’y a pas de problème, car la ‘Hala a été prélevée d’office à l’usine.
Pour les Matsote faites à la main, il faut se renseigner et si on a un doute il faut prélever la ‘Hala sans bénédiction. 
S’il y a un volume minimal de 2kg 3OOg et qu’on n’a aucun doute, il faudra prélever une petite partie (il n’existe pas de mesure minimale) et réciter auparavant la bénédiction suivante:
" ברוך...אשר קדשנו...וצונו להפריש חלה "
S’il y a entre 1,2kg et 2,5kg, on prélèvera la ‘Hala sans bénédiction.
Le volume minimale qui entraîne l’obligation de réciter la bénédiction sur la ‘Hala est d’après la plupart des décisionnaires Séfaradim (sauf le Ben Ich ‘Haï qui pense qu’il faut un volume minimal de 2,490kg), de 1,667kg (voir responsa Yé’havé Da’ate vol.4 ch.5).
C’est aussi l’avis de la plupart des décisionnaires Achkénazim (sauf le ‘Hazone Ich qui pense qu’il faut un volume de 2,250kg).

Les Matsote faites à la main doivent être vérifiées avant Péssa'h par quelqu’un de compètent, qui enlèvera les parties de Matsa qui se sont pliées.
Les trois Matsote que l’on met sur ou sous le plat du Sédèr doivent être entières. 
Il y a des personnes qui préparent trois Matsote et un plat du Sédèr pour chaque chef de famille participant au Sédèr. Ces Matsote la doivent être recouvertes par un petit napperon.

Le Maror (herbes amères)
 
De nos jours on prend comme herbes amères de la laitue. Certains se servent pour le Korèkh (sandwich de Matsa et Maror), de raifort. On peut le râper, à condition de le faire avant la fête, avec une râpe ou un couteau spécial pour Péssa'h et de le conserver dans une boite afin que le goût amer se conserve. (Si on a coupé le raifort avec un couteau ‘Hamets, il sera défendu de s’en servir pendant Péssa’h).
La laitue doit être bien nettoyée, c’est à dire qu’il faut vérifier minutieusement les feuilles et les tiges, afin qu’il ne s’y trouve aucune bestiole. (On peut y trouver plusieurs sortes: certaines sont minuscules et peuvent être de couleur noire ou verte.)
Il est bon de laisser la laitue dans de l’eau salée quelques minutes, de la rincer et ensuite seulement de la vérifier. Il faut vérifier chaque feuille à part et face au soleil ou à une ampoule électrique, car certaines bestioles sont presque transparentes.
La laitue doit être amère si possible. Certains ne mangent au Sédèr que les tiges, mais il ne faut pas consommer, pour le Maror, les racines de la laitue.
Il faut préparer une quantité de Maror qui soit suffisante pour les besoins de toutes les personnes prenant part au Sédèr. 
Chacun doit obligatoirement consommer deux Kazaïte, (un pour le Maror et un autre pour le Korèkh) ce qui fait environ 17-20 grammes (multiplié par deux) par personne. 
Cette mesure est la minimale; il y a d’autres avis qui disent qu’il faut manger 27 ou même 45 grammes.
Puisque la Mitsva du Maror n’est aujourd’hui que d’ordonnance rabbinique, on peut se contenter de la mesure minimale.

Le ‘Harossete 

Il s’agit d’un mélange de fruits râpés dans lequel certains ajoutent du vin. Il sera consommé avec le Maror durant le Sédèr.
Certaines personnes le préparent avec des pommes râpées, des noix et des amandes râpées, auxquelles on ajoute du vin rouge ou du vinaigre.
D’autres ajoutent des dattes et des figues ainsi que de la cannelle. Le tout donne un mélange épais qui vient nous rappeler les briques, moulées avec de l’argile, que nos pères avaient pour mission de fabriquer en Egypte dans de très difficiles conditions de travail.

Il faut bien vérifier que tous ces produits là ne contiennent pas de vers et qu’ils soient kachère pour Péssa'h. (Si on les prépare pendant Yom Tov, comme par exemple en Diaspora le deuxième soir de la fête, il faudra changer le mode de râpage habituel).
Si le ‘Harossete est préparé le Yom Tov qui est aussi le Chabbat, alors il sera défendu de le râper mais seulement permis de le couper en petites tranches (mais pas trop petites). Le mélange dans le vin se fera autrement que d’habitude à cause du Chabbat (M. B. ch.321, 68).

Le Karpasse (céleri ou persil)
  
Il s’agit d’un légume qu’on trempera au début du Sédèr dans de l’eau salée. Certains utilisent du céleri (d’après les habitudes des Séfaradim) et d’autres se servent plutôt du persil, du cerfeuil, ou même de pommes de terre cuites.
Il faut que ces légumes soient examinés afin qu’il ne s’y trouve point de vers. Chaque personne en mangera une petite quantité (moins de kazaite), il ne faut donc pas en préparer beaucoup.


L’eau salée 

Le Karpasse doit être trempé dans un liquide et on a l’habitude de le tremper dans l’eau salée (c’est l’avis des Achkénazim).
La quantité de sel doit être de moins d’un tiers de l’eau. Si l’on n’a pas salé l’eau avant Yom Tov, il faudra inverser le mode de préparation habituel (verser d’abord l’eau et après le sel), afin de ne pas transgresser le Yom Tov.
Quiconque ne peut consommer du sel pour raison médicale, peut tremper le Karpasse dans un jus de fruit ou dans le ‘Harossete. 

Si l’eau salée est préparée le Yom Tov qui est aussi le Chabbat, il ne faudra pas en préparer plus de ce que l’on a besoin (M.B. ch.321, 9- K.H. ch.473, 50).
Les Séfaradirn ont l’habitude de tremper le céleri dans du vinaigre (il faudra donc se procurer du vinaigre cachère pour Péssa'h).
Certains se servent à la place du vinaigre d’un mélange d’eau et de jus de citron.
Les Séfaradim peuvent presser un citron dans de l’eau le Chabbat et le Yom Tov.
Les Achkénazim devront préparer ce jus de citron avant la fête.


L’os (morceau de viande grillée)

En souvenir de l’agneau pascal, nos Sages nous ont ordonné de poser sur le plat du Sédèr un morceau de viande. De préférence, on prend un morceau d’épaule, certains le prennent cuit et le font un peu griller (au feu ou dans des cendres), d’autres le grillent sans le cuire.
On peut aussi prendre une aile ou un cou de volaille et les faire griller.
Il est bon de consommer ce morceau de viande le lendemain (pour ceux qui font deux Sédèr, le surlendemain), mais il est défendu de le consommer le soir du Sédèr.
L’os est un morceau constitué d’un peu de viande et d’un os (MB. Ch. 473,23).


L’oeuf 

On pose aussi sur le plat du Sédèr un oeuf, en souvenir du sacrifice appelé ‘Haguiga qu’on offrait en l’honneur des trois fêtes (Péssa’h, Chavou’ote, Soukote). On a l’habitude de griller un peu la coquille de l’oeuf.
Certains enlèvent la coquille, d’autres ne le font pas. On peut consommer l’oeuf quand on veut.


Le vin
 
Une des lois du Sédèr est de boire quatre coupes de vin. Il est préférable de boire du vin rouge même si l’on possède du blanc de meilleure qualité.
Néanmoins, il est conseillé à ceux à qui il est difficile de boire du vin, de prendre du jus de raisin. (Il faut se munir d’une quantité suffisante de vin pour les deux Sédèr).


La disposition du plat du Sédèr 

(Certains ajoutent au plat du Sédèr selon le Gaon, une troisième Matsa, ainsi que le Karpasse et l’eau salée).

D’après le Rama 

(Rabbi Moshé Isserlès—Achkénazim): Autres préparations.

Chacun doit avoir une coupe dans laquelle il versera le vin. Il faut boire quatre coupes de vin durant le Sédèr, afin d’affirmer notre liberté. L’obligation est valable pour les femmes comme pour les hommes. Il faut préparer des coupes de vin qui puissent contenir environ 150ml, qui est la mesure d’après le ‘Hazone Ich (R. Avraham Yechaïahou Karelitz).
D’autres se contentent de 86ml.
On préparera aussi un verre qui ne sera rempli qu’une seule fois et qui est destiné à Eliyahou Hanavi. (Le Prophète Elie, qui d’après la tradition doit se révéler et annoncer la venue du Machia’h ce soir-là).
Afin que les enfants ne s’endorment pas, on préparera des friandises (surveillées pour Péssa'h) et des fruits.


D’après le Ari Zal

(R. Its’hak Louria -Séfaradim) On ne peut pas préparer la table pour le deuxième Sédèr avant la tombée de la nuit.

De même on ne peut préparer le Chabbat quoi que ce soit dont on aura besoin le Yom Tov.
Si Péssa'h tombe le jeudi (et le vendredi), afin de pouvoir préparer le vendredi des mets pour le Chabbat, il faudra faire un ‘Erouv Tavchiline, c’est-à-dire, préparer dès la veille de la fête: une Matsa et un morceau de poisson, de viande ou un oeuf cuit, qu’on consommera le Chabbat dans la journée.
Il faut aussi réciter la bénédiction au moment où l’on prépare ce ‘Erouv:
ברוך...אשר קדשנו...וצונו על מצות ערוב

R. Eliyahou b. Shlomoh 

Zalman mi-Vilna Ensuite on récitera le paragraphe suivant:

« Que par ce ‘Erouv il nous soit permis de faire cuire, bouillir, réchauffer, allumer des lumières et de faire tout le nécessaire le jour de Yom Tov en vue du Chabbat, à nous et à tous ceux qui demeurent dans cette ville ».
Quelqu’un qui aurait oublié de préparer ces mets (’Erouv), peut se permettre de préparer sans crainte le Chabbat en se basant sur le ‘Erouv de son voisin ou du rav de la ville.

Les Mitsvote à accomplir durant la soirée du Sédèr 

La Mitsva d’être accoudé
 
Nos Sages nous ont ordonné de manger et de boire en nous accoudant, afin d’exprimer par cet acte notre liberté. En effet les rois et les princes avaient pour habitude de s’accouder quand ils se mettaient à table.
Il faut donc s’accouder principalement durant le repas et cela inclut la consommation des Matsote (ainsi que le Korèkh et l’Afikomane) et l’ingestion des quatre coupes de vin.

Par contre il vaut mieux s’abstenir de s’accouder lors du récit de la Hagada et quand on récite les bénédictions (Chla Hakadoch, Péri Mégadim ch.486).

Celui qui a oublié de s’accouder

Si on a oublié de s’accouder en mangeant la Matsa, il faut manger à nouveau un Kazaïte de Matsa. Si on s’est rappelé après le Birkate Hamazone, il faudra se relaver les mains et réciter à nouveau la bénédiction du Motsi (d’après les Séfaradim, il faudra aussi dire la bénédiction sur la Matsa) et remanger un Kazaïte de Matsa.
Si on a oublié de s’accouder en mangeant le Korèkh, il ne sera pas nécessaire le remanger à nouveau, mais s’il s’agit de l’Afikomane il est préférable d’en remanger, si l’on n’a pas encore récité le Birkate Hamazone.
Si on a oublié de s’accouder en buvant les coupes de vin, d’après les Séfaradim il faudra les boire à nouveau mais d’après les Achkénazim cela n’est pas nécessaire (Bet Yossef et Michna Béroura ch.472, 21).
Mais le deuxième verre devra être rebu sans bénédictions (M.B. id). Si une femme a oublié de s’accouder, elle n’aura pas d’obligation de reboire ou de remanger à nouveau (‘Hazone ‘Ovadia).

Si on a oublié de s’accouder en mangeant le Korèkh il ne faudra pas le remanger à nouveau, mais s’il s’agit de l’Afikomane il sera préférable d’en remanger, si l’on n’a pas encore récité de Birkate Hamazone.

Qui a le devoir de s ‘accouder et de quelle manière? 

Chaque homme (et d’après les Séfaradim même les femmes), a le devoir de s’accouder et cela inclut les enfants qui sont déjà en âge de recevoir une éducation religieuse (à partir de six ans, l’enfant peut déjà comprendre la signification de la Mitsva).
Quelqu’un qui pour raison médicale ne peut pas s’accouder est exempté de la Mitsva.
Un gaucher doit s’efforcer de s’accouder du côté gauche et de manger avec la main droite.

Le fait de s’accouder consiste à être assis sur une chaise ou dans un fauteuil, de façon à ce que la tête et le corps soient penchés sur le côté gauche.
C’est pour cela qu’il est bon de se servir d’une chaise sur laquelle il y a des bras, qu’on recouvrira par des coussins qui serviront d’appui. Par contre il vaut mieux s’abstenir de s’accouder lors du récit de la Hagada et durant le Halel.


Les quatre coupes de vin 

 Nos Sages nous ont ordonné de boire quatre coupes de vin durant la nuit de Péssa'h, afin d’affirmer notre liberté.
Il y a plusieurs raisons qui sont données pour expliquer pourquoi justement quatre coupes:
la première est que la Tora emploie quatre termes distincts de délivrance à propos de la sortie d’Egypte (Exode ch.6 v.6-7).
La deuxième est en souvenir des quatre peuples qui ont asservi le peuple d’Israël durant son histoire (les Egyptiens, les Babyloniens, les Perses et les Romains).
La troisième est que D. se servira dans les temps futurs de quatre modes de punition vis-à-vis des ennemis d’Israël.
La quatrième est que D. consolera le peuple d’Israël par quatre modes de consolation différents.

Qui a le devoir de boire ces coupes? 

Les hommes, les femmes et les enfants (même en bas âge) doivent boire les quatre coupes de vin.
Néanmoins pour ceux qui ne peuvent supporter autant de vin, il est conseillé de boire du jus de raisin. Par contre, quelqu’un qui pourrait tomber malade en buvant du vin ou du jus de raisin, est exempt et doit à la place boire quatre verres de jus de fruit, de café ou de thé (mais pas de lait).
Les Achkénazim ont l’habitude de réciter la bénédiction sur le vin avant chaque verre, mais les Séfaradim ne la récitent qu’au premier et troisième verre.

La quantité à boire 

Il faut choisir des verres qui puissent contenir à priori 150 ml. Si cela est difficile, on peut se baser sur ceux qui pensent que 86ml sont suffisants (pour les enfants il n’est pas nécessaire d’avoir une telle quantité).
Il faut rincer les verres avec de l’eau et les remplir à ras bord de vin.

En signe de liberté,on se fera remplir son verre par une autre personne. (Mais un homme n’a pas le droit de verser du vin à une femme qui n’est pas son épouse. Voir Kitsour Choul’hane ‘Aroukh (ch.153) traduit en français par L.Cohn, dans quels cas même le mari ne peut verser du vin à son épouse).
Il est préférable de boire tout le verre d’un seul coup accoudé sur le côté gauche, mais il suffit d’avoir bu la majorité du contenu du verre pour s’acquitter de la Mitsva.
Si l’on n’a pas bu le verre d’un seul coup, il faudra au moins le boire en entier (ou sa plus grande part), en l’espace de moins de quatre minutes.


La première coupe 
La première coupe est bue après le Kidouch qui est récité par celui qui dirige le Sédèr. (Chez certains, chaque chef de famille récite le Kidouch, chez d’autres, tous récitent à voix basse le Kidouch et la bénédiction sur le vin).
D’après tout les rites il faut réciter la bénédiction avant de boire. Cependant, les personnes qui ne récitent pas elles-mêmes le Kidouch, peuvent se contenter de répondre Amen après la bénédiction du chef de famille et peuvent ensuite boire le vin. Une femme qui a déjà récité la bénédiction de "Chéhé'héyanou" en allumant les bougies de Yom Tov ne devra pas la réciter à nouveau et ne devra pas non plus répondre Amen en l’écoutant.
On ne récitera pas de bénédiction après avoir bu le vin, sauf aprés le quatrième verre qu’il faudra vider en entier.
On peut boire une autre boisson ou bien manger quelques fruits après la première coupe (mais pas du vin).
Si on a eu l’intention au moment de la bénédiction sur le vin, de boire ensuite une autre boisson, il ne sera pas nécessaire de réciter à nouveau une autre bénédiction. (M.B. ch.473, 13).
Après le commencement du récit de la Hagada, on ne pourra plus boire ni manger jusqu’à la 2ieme coupe (M.B. ch.474, 4).


La deuxième coupe 

Celle-ci se boit après avoir lu et expliqué la Hagada. Il faut obligatoirement raconter une partie au moins du récit de la sortie d’Egypte, entre les deux premiers verres.
Quelqu’un qui est empêché de lire ou d’écouter la Hagada (par exemple un malade), mais qui peut par contre boire du vin, devra boire les quatre coupes de vin et faire un petit arrêt entre les coupes.

Après la deuxième coupe on a le droit de boire du vin et d’autres boissons. Pour les Séfaradim, il est recommandé à chaque fois de rincer la coupe avant de verser à nouveau le vin (Ben Ich ‘Haï, K.H. ch.473,1). Pour les Achkénazim, cela n’est pas nécessaire (M.B. ch.473, 68).

La troisième coupe 

Celle-ci doit être bue après la bénédiction de la fin du repas (Birkate Hamazone). Il faudra nettoyer les verres et enlever les miettes de Matsa qui y sont tombées. On soulèvera le verre durant le Birkate Hamazone.
On a l’habitude de ne rien consommer après avoir mangé l’Afikomane, de façon à garder le de la Matsa, donc, mis à part le vin de la troisième coupe et de l’eau éventuellement, il ne faudra rien boire après l’Afikomane.
Il est aussi défendu de fumer bien que pendant Yom Tov, certains permettent de fumer si l’on se sert d’une flamme déjà allumée avant la fête.
Certains permettent le thé mais pas café, d’autres permettent aussi le café.


La quatrième coupe 

Celle-ci est bue à la fin du Halel (voir plus loin). Après avoir bu le contenu du verre, il faut réciter la bénédiction finale qu’on dit après avoir bu du vin ou du jus de raisin.

Le verre du Prophète Eliyahou
 
Ce verre est versé dés le début du repas (d’après certains on le verse au moment où l’on verse le quatrième verre ou bien, au moment de verser le troisième verre), en l’honneur du prophète (Eliyahou) qui d’après la tradition doit venir nous annoncer la venue du Machia’h (Messie) la nuit de Péssa'h.
Ce verre-là ne doit pas être bu durant cette nuit. Il faudra donc le couvrir pour la nuit et le boire le lendemain matin lors du Kidouch. 

Le déroulement du Sédèr 

 Il y a parmi les Achkénazim certaines personnes qui portent le Kitel (habit blanc qu’on porte à Yom Kippour) durant la soirée du Sédèr.
Avant de commencer la cérémonie du Sédèr certains disent à voix haute l’ordre qu’on aura à suivre: Kadèch, Our’hats etc...

Le Vendredi soir, certains ont l’habitude de chanter le cantique Chalom ‘Alékhem.

Kadèch (Le Kiddouch) 

Comme à chaque fête, on récite le Kiddouch au moment où l'on se met à table avant de commencer le repas.
Il ne faut pas commencer le Kiddouch avant qu’il ne fasse vraiment nuit. Le Kiddouch inaugure la soirée du Sédèr, bien que le repas ne soit consommé que bien plus tard, après avoir raconté l’histoire de la sortie d’Egypte.

Certains font le Kiddouch eux-mêmes alors que d’autres s’acquittent de la Mitsva en écoutant le Kiddouch récité par celui qui dirige le Sédèr.
Dans ce cas il suffit de répondre Amen aux différentes bénédictions.
Les femmes qui ont déjà récité la bénédiction de "שהחיינו", lors de l’allumage des bougies de Yom Tov, ne doivent pas la réciter à nouveau et ne doivent pas non plus répondre Amen en entendant cette bénédiction.
Celui qui a oublié de dire "שהחיינו" peut encore la dire tant qu’il n’a pas encore récité la bénédiction de "אשר גאלנו", "Acher guéalanou" (‘Hazone ‘Ovadia). Néanmoins d’après le Michna Béroura (ch.473, 1) et le Kaf Ha’haïm (ch.473, 9) il faudra la dire même plus tard, tant que la fête n’est pas terminée.


Le Kiddouch le samedi soir 

Si la fête tombe un samedi soir (Motsaé Chabbat), il faudra aussi réciter la Havdala qui comprend une bénédiction sur une flamme (on se servira des bougies déjà allumées) et une autre sur le vin (celui qui a servi pour le Kiddouch).
L’ordre des bénédictions est le suivant:
Sur le vin : "בורא פרי הגפן" ,
puis le Kiddouch de la fête "יום טוב",
puis sur la flamme " בורא מאורי שאה ",
ensuite la Havdala,
et en fin de compte la bénédiction de " שהחיינו".

Evidemment si la fête tombe un jour de semaine on supprimera la bénédiction sur la flamme et Havdala. Par contre le vendredi soir il faudra ajouter quelques mots qui sont généralement inscrits entre parenthèses dans les Hagadote, afin de réciter le Kiddouch sur Yom Tov et Chabbat.
Celui qui a oublié de réciter la bénédiction de la Havdala le soir, s’il n’a pas encore mangé le Karpasse, devra faire la Havdala sur un nouveau verre de vin. s’il s'en rappelle pendant la lecture de la Hagada il devra attendre la deuxième coupe de vin et dire la Havdala à ce moment là, après la bénédiction sur la deuxième coupe.

Il ne faut pas oublier de boire le vin du Kiddouch en étant accoudé sur le côté gauche (voir plus haut comment faire si on ne s’est pas accoudé).

Our’hats (Le lavage des mains) 

A priori il faut que tous les participants se lavent les mains sans réciter la bénédiction, car on est obligé, avant de consommer un aliment qu’on trempe dans un liquide, de se laver les mains.
Certains ont l’habitude que seul le chef de famille se lave les mains. Au cas où on tremperait le Karpasse dans l’eau salée ou le vinaigre avec l’aide d’une fourchette, il ne serait pas nécessaire de se laver les mains.
En signe de liberté on a l’habitude de laver les mains du chef de famille, car c’était la coutume dans les familles nobles.


Karpasse 

Nous avons déjà noté les différentes sortes de légumes qu’on à l’habitude d'utiliser.
Il faut prendre une petite quantité (moins qu’un Kazaïte) afin de ne pas avoir à réciter la bénédiction " בורא נפשות " . On trempe le Karpasse dans un liquide (de l’eau salée, du vinaigre ou de l’eau mélangée de jus de citron, voir plus loin) et ensuite on récite la bénédiction " בורא פרי האדמה ".
Chez certains, le chef de famille récite la bénédiction pour tous les convives. Il faut avoir l’intention de s’acquitter aussi du Maror (herbes amères) qu’on mangera plus tard. On pourra enlever de la table l’eau salée après s’en être servi, mais il vaut mieux laisser les restes du Karpasse en place.

Cette habitude de tremper le Karpasse dans un liquide pendant le Sédèr a été instituée par nos maîtres afin d’éveiller la curiosité des enfants, ce qui les amènera à poser des questions.

Ya’hats (Division de la Matsa intermédiaire en deux parties)
 
Il faut partager avec les mains la Matsa du milieu en deux parties (non égales).
La plus petite partie est remise en place entre les deux autres Matsote et la plus grande est enveloppée dans une serviette et sera gardée pour l’Afikomane .

Cette Matsa (l’Afikomane) sera placée par le chef de famille sous les coussins de son fauteuil, ou dans tout autre endroit kachèr lépéssa'h. Dans certaines familles, les enfants ont l’habitude de «voler» cet Afikomane et de demander en contrepartie un cadeau. (D’après le ‘Hatam Sofer il y a une allusion à cette habitude de voler l’Afikomane dans la Tora, car il est écrit (Exod. 12,7) que lorsque les enfants d’Israël sont sortis d’Egypte les chiens n’ont pas aboyé, ce qui aurait donc permis aux voleurs de voler sans difficulté; pour rappeler ce miracle les enfants ont pris l’habitude de voler l’Afikomane).

Maguid (Le récit de la Hagada) 

Il y a une Mitsva spéciale le soir de la fête de Péssa'h de raconter le récit de la sortie d’Egypte et cela afin de divulguer ce miracle et de louer D., ce qui nous permettra de renforcer notre foi en D.
Par la même occasion, nous transmettons la tradition juive à nos enfants.
La Tora nous ordonne de raconter à nos enfants ( והגדת לבנך ).
Ce mode d'explication basé sur des questions et des réponses, nous permet de mieux percevoir l’importance de cette délivrance qui est à la base de la formation du peuple d’Israël.

Le Zohar insiste sur l’importance de raconter ce récit dans la joie (Parachat Bo).
Cette Mitsva a été ordonnée aussi aux femmes et d’ailleurs s’il n’y a pas d’enfants pour poser les questions de "מה נשתנה", c’est à la femme que revient le devoir de poser ces questions qui servent d’introduction au récit de la Hagada.
Il faut que chacun lise soi-même ou bien écoute ce récit dans un langage qu’il comprend, sinon la Mitsva perd toute sa signification.

Chez certains, le chef de famille sert d’officiant, et chez d’autres tous les convives lisent la Hagada ensemble. 
Il est conseillé de préparer des commentaires avant la fête afin que le récit soit plus approfondi et plus instructif, ce qui enrichira nettement le contenu spirituel de cette soirée.
Néanmoins il ne faut pas trop s’attarder sur les petits détails afin que les enfants restent éveillés jusqu’au repas ou l’on mange la Matsa et le Maror. On pourra continuer d’expliquer et d’approfondir les textes durant le repas et après les chants de la fin.
II est préférable de ne pas interrompre le récit de la Hagada en consommant quelques aliments, ni en racontant histoires sans rapport avec le sujet.

1. Hala’hma ‘anya 

Avant de commencer ce paragraphe écrit en araméen on donne aux enfants des friandises afin de les occuper et d’éveiller leur curiosité. En récitant ce paragraphe on souléve le plat du Sédèr (certains ne soulèvent que la Matsa du milieu) et on le récite à voix haute.
Il y a en effet, dans ce passage, une invitation à tous ceux qui sont dans le besoin à se joindre à nous pour cette soirée. Certains ouvrent la porte d’entrée pour cette même raison.
D’après la Hagada du Rabbin Joseph Bloch il faut enlever, avant de réciter ce paragraphe, l’os et l’oeuf, qu’on a mis sur le plateau en souvenir des sacrifices de Péssa'h et de ‘Haguiga qu’on offrait au Temple. Mais la plupart des gens n’ont pas cette habitude (voir traité Péssa’him 116B, Choul’han ‘Aroukh et Michna Béroura Or Ha’haîm ch.47).
Dans ce cas, chaque famille suivra ses habitudes et ceux qui n’ont pas d’habitude spéciale se fieront donc au Choul’han ‘Aroukh.

Après ce passage, il faut mettre les Matsote de côté, et ceci à nouveau afin d’attirer l’attention et la curiosité des jeunes enfants. (Certains mettent le plat du Sédèr de côté).

2. Ma nichtana 

Avant de commencer ce passage, on remplit les coupes de vin, bien que le vin ne soit bu qu’à la fin du récit.
Ce passage est composé de quatre questions qui doivent être posées par les enfants et qui ont trait aux principaux actes qui différencient cette soirée des autres soirées de l’année.
S’il n’y a pas d’enfant parmi les convives alors la femme posera les questions à son mari, et si quelqu’un est seul, alors il devra se poser à lui-même ces quatre questions. Si l’enfant n’est pas en âge de comprendre ce qu’il dit, il vaut mieux qu’un enfant plus âgé ou qu’un adulte répète lui aussi les questions de ce paragraphe.

Quand il y a plusieurs familles attablées ensemble, il est bon que l’on s’organise de façon à ce qu’un enfant de chaque famille pose les questions et que chaque père de famille y réponde.
Il faut faire attention de répondre à chacun selon son niveau de façon à ce que tous les gens présents au Sédèr puissent en tirer profit. Dans certaines familles chaque enfant pose les quatre questions et il est bien de faire ainsi.


3. ‘Avadim hayénou 

Après les questions viennent les réponses. Avant de répondre on remettra les Matsote (ou le plat du Sédèr) à leur place initiale en les laissant découvertes et on récitera ce texte qui vient apporter une réponse aux questions posées auparavant. Il faut donc faire attention que les enfants restent éveillés afin qu’ils puissent comprendre la réponse à leurs questions.
La réponse est claire: D. nous a fait sortir d’Egypte où nous étions esclaves et c’est pour cela que nous mangeons du pain de misère (Matsa) et des herbes amères (Maror). Il nous a libérés, ce que nous prouvons en nous conduisant comme des gens fiers d'avoir leur liberté et c’est pourquoi nous sommes accoudés et nous trempons nos herbes dans un liquide, comme le font les gens qui sont attablés chez les rois et les princes.

4. Vé hi ché’ameda la’avoténou 

Avant de lire ce paragraphe on recouvrira les Matsote et on soulèvera son verre de vin jusqu’à la fin de ce texte.

5. Dam vaéch vétimrote 'achane 

span class=DDP> "דם ואש ותמרות עשן"
Quand on énumère les plaies que D. a envoyé contre l’Egypte on a l’habitude de verser un peu de vin du verre qui se trouve devant nous.
En tout on versera seize fois du vin, car il y a dans la Hagada seize termes qui définissent les plaies d’Egypte. Certains versent le vin par l’intermédiaire d’un doigt (l’index ou l’annulaire) qu’on trempe dans le verre et qu’on agite à côté du verre, d’autres inclinent un peu le verre afin que tombent quelques gouttes de vin à l’extérieur.

Les Séfaradim versent le verre tout entier et le remplissent à nouveau après.
les Achkénazim complètent juste ce qui manque pour que la coupe soit remplie. Si on se sert de vin qui provient de la récolte de l’année sabbatique (Chémita), on ne doit pas le verser, car il est défendu de le jeter et il doit être entièrement consommé.


6. Matsa zo 

Quand on récite ce passage, on soulève la Matsa et on la présente à tous les invités. Il est préférable de montrer la Matsa du milieu qu’on a divisée (Rama).

7. Maror zé 

De la même façon que pour la Matsa, on montrera le Maror aux convives au moment de réciter le passage expliquant sa signification.
Par contre il ne faut pas soulever l’os que nous posons sur le plat en souvenir du sacrifice de l’agneau pascal.

8. Léfikhakh
 
A partir de ce passage nous avons en vérité fini le récit de la sortie d’Egypte et nous commençons à chanter quelques louanges du Hallel, mais les principales louanges ne seront dites qu’après le repas.
Ce premier passage doit être dit, la coupe de vin en main; mais il faut auparavant couvrir les Matsote qui étaient découvertes durant toute la durée du récit.
On gardera le verre en main jusqu’à la deuxième bénédiction après laquelle on boira la deuxième coupe de vin en étant accoudé (les Séfaradim ne récitent pas la bénédiction sur le vin avant de boire la deuxième coupe).


Ro’htsa (Lavage des mains avant repas)
  
Il est recommandé, s’il y a plusieurs familles ensemble, que chaque famille se lave les mains en groupe, et que tout de suite après chacun commence à manger la Matsa afin qu’il n’y ait pas un trop grand intervalle de temps entre le lavage des mains et la consommation de la Matsa.
On récite la bénédiction normale :

" ברוך ... על נטילת ידים"
. Chez certains l’officiant ne bouge pas de sa place durant le Sédèr, et on lui lavera les mains à sa place en signe de liberté.

Motsi-Matsa (Bénédictions sur les Matsote) 

 Bien que pendant les sept jours de la fête (en Diaspora, huit jours) il est défendu de manger du pain (Exode ch.12 v.l9), il n’y a d’obligation de manger des Matsote que le premier soir (Exode v.l5-l8; voir Talmud Péssa'him (116 b), comment sont expliqués les versets contradictoires de la Tora).
Parmi les cinq morceaux de Matsote qu’on doit manger (cinq Kazaïte) ce soir là, il n’y a que le premier qui soit une obligation de la Tora, les autres étant d’ordonnance rabbinique. Il y a 2 morceaux pour Motsi-Matsa, 1 pour le Korèkh, 2 pour l’Afikomane.
On prend, comme il a été dit, de la Matsa spécialement surveillée depuis la moisson, appelée "Matsa Chémoura". Quelqu’un qui n’en aurait pas assez pour les cinq Kazaïte de Matsa, se contentera de manger un Kazaïte de Matsa Chémoura au début (Motsi-Matsa) et un deuxième pour l’Afikomane. Les autres seront complétés par de la Matsa normale.
Les invités qui n’ont pas amené leurs propres Matsote doivent acquérir les Matsote qui leur sont offertes en les soulevant, ce qui fait acte d’acquisition (Ceci est possible même durant la fête).
Cependant si cela n’a pas été fait cela n’empêche pas l’accomplissement de la Mitsva.


Quelle est la quantité de Matsa qu’il faut manger? 

Concernant la mesure du Kazaïte, il y a plusieurs opinions parmi les décisionnaires. Il faut être plus rigoureux pour la Matsa qui est une Mitsva ordonnée par la Tora. 

Pour cette raison, à priori, pour les deux premiers Kazaïte on essayera de consommer un total de 58 gr. (deux fois 29 gr.). Sinon, le premier morceau de Matsa devra être de 20 grammes et les deux premiers ensemble, pour une personne adulte bien portante d’environ 29-30 grammes (car pour le deuxième Kazaïte qui n’est que d’ordonnance rabbinique on peut se contenter d’une plus petite mesure). 
Cela fait une Matsa entière, faite à la machine . Le poids d’une Matsa faite à la main est d’environ 80 grammes. Il faut avaler cette quantité en l’espace de quatre minutes à partir du moment où on avale le premier morceau de Matsa.
Les malades, les personnes âgées ou faibles qui peuvent difficilement avaler une telle quantité de Matsa bénéficient de plusieurs allégements:
-Ils peuvent moudre la Matsa (même en poudre) et s’il le faut la mouiller un peu, se contenter de 15 grammes pour les deux Kazaïte et de neuf minutes pour les manger.
-Il est évident que si pour des raisons médicales, il est défendu au malade de manger de la Matsa, aucune obligation n’existe pour lui.
-Un malade qui peut goûter un peu de Matsa le fera sans réciter la bénédiction.
-A partir du moment où un jeune enfant peut déjà manger un Kazaïte de Matsa, il faut lui en offrir, afin de l’éduquer à accomplir des Mitsvote (C’est à dire vers l’âge de 3-4 ans).


Comment manger cette quantité ? 

Il est préférable de manger ensemble les deux Kazaïte, de bien mâcher d’abord la Matsa puis d’avaler si possible d’un seul coup toute la quantité.
Comme cette façon de faire est assez difficile et peut même être dangereuse pour certains, il suffit de consommer un Kazaïte dans un premier temps et après un deuxième (sans faire d’arrêt entre les deux). 

Si cela aussi est trop difficile, on pourra mâcher puis avaler le premier Kazaïte (celui-ci étant une loi ordonnée par la Tora, il faudra donc avaler deux tiers d’une Matsa faite à la machine), et ensuite le reste de la Matsa comme deuxième morceau. Il faut avaler le Kazaïte en l’espace de 4 minutes et pour les malades de 9 minutes.
Dans certains cas il suffit de manger cette quantité petit à petit, pourvu que cela se fasse en l’espace de quatre ou neuf minutes, sans s’arrêter de manger pendant tout ce temps-là, et sans parler.


Les bénédictions
 
Chaque père de famille prendra les trois Matsote qui trouvent devant lui en mains et récitera deux bénédictions:
ברוך ... המוציא לחם מן הארץ
ברוך ... אשר קדשנו ... וצונו על אכילת מצה

Les assistants devront avoir l’intention au moment où l’officiant récite les bénédictions de se rendre quittes de la Mitsva de manger de la Matsa et l’officiant devra avoir l’intention de rendre les convives quittes de cette Mitsva par ses bénédictions.
On devra aussi avoir l’intention de se rendre quitte de la Mitsva du Korèkh et de l’Afikomane.

Après les bénédictions, on posera la Matsa inférieure et on prendra un morceau (Kazaïte) de la Matsa du haut et un autre de celle du milieu. Comme en général, il y a plusieurs personnes à table et qu’il est impossible de donner un Kazaïte provenant de ces deux Matsote la à chacun, il faudra préparer à l’avance des morceaux de Matsa Chémoura qu’on partagera entre les convives afin que chacun puisse avoir deux Kazaïte à manger.
L’officiant, après les bénédictions, ajoutera à chacun un petit morceau provenant des Matsote sur lesquelles il a prononcé les bénédictions.
Les Séfaradim ont l’habitude de tremper la Matsa dans un peu de sel, (comme pour le pain durant l’année), mais les Achkénazim ne le font pas en principe.

Après les bénédictions, il faudra consommer cette Matsa comme nous l’avons précisé auparavant et en étant accoudé. 
Il est bon de se rappeler que nous mangeons la Matsa en souvenir de la Matsa que nos ancêtres ont mangé alors qu’ils étaient en train de sortir d’Egypte et que ce pain n’a pas eu le temps de fermenter vu la rapidité de la délivrance.
Il faut manger la Matsa avant le milieu vrai de la nuit (‘Hatsote) [Voir dans les calendriers quelle est l’heure exact]. 
Après cette heure-là, il faudra naturellement aussi la manger mais sans réciter la bénédiction sur la Matsa (mais en récitant celle du Motsi).

Maror (herbes amères)
 
De nos jours, après la destruction du Temple, la Mitsva ordonnée par la Tora de manger des herbes amères, n’existe plus, car ces herbes étaient à l’origine mangées avec l’agneau pascal et malheureusement aujourd’hui nous ne pouvons plus offrir ce sacrifice.
Néanmoins nos Sages nous ont ordonné de manger le Maror même sans l'agneau pascal en souvenir des rudes épreuves dont ont souffert nos ancêtres en Egypte (Exode 12,8).


La laitue 
Nous avons déjà expliqué que pour le Maror nous avons l’habitude de prendre de la laitue, de préférence amère. Pour cette raison on ne doit pas se servir d’une laitue cuite ou en conserve et cela inclut aussi une laitue qui aurait été conservée plus de vingt-quatre heures de suite dans de l’eau et aussi une laitue qui aurait été conservée dans du vinaigre, même très peu de temps.
Il est toutefois autorisé de la laver avec du vinaigre pour enlever les vers.

Pour conserver cette laitue fraîche (car quand elle devient sèche ou même quand elle se flétrit, elle perd son goût amer), on peut l’envelopper dans une serviette humide ou dans un sachet en plastique et la placer dans le réfrigérateur ou même dans le congélateur.
Dans un cas de force majeure on pourra aussi faire la bénédiction sur de la laitue flétrie mais pas sur de la laitue sèche.


Le raifort 

S’il n’y a pas de laitue fraîche, ou si les laitues sont remplies de vers à tel point qu’il soit impossible de les nettoyer, on pourra prendre des endives ou du raifort.
Si on prend du raifort il est préférable de le râper (avec une râpe Kachère pour Péssa'h).
Le Gaon de Vilna avait l’habitude de le râper en rentrant de la synagogue le soir du Sédèr (sauf le vendredi soir) et le laissait dans un pot couvert. Ensuite il le posait sur le plat du Sédèr découvert afin que l’âcreté du raifort se perde un peu.
On peut aussi acheter le raifort déjà râpé, mais il faut qu’il soit pur et que soit conservé son goût âcre jusqu’au Sédèr. Bien évidement il faut qu’il soit sous surveillance spéciale pour Péssa'h.
Certains décisionnaires conseillent de compléter le Kazaïte de raifort râpé par un petit morceau de raifort non râpé et il est bon de faire ainsi. Si on n’a pas râpé le raifort avant la fête, il est recommandé de changer le mode de râpage habituel.

Le vendredi soir il est défendu de râper le raifort à cause du Chabbat, on ne pourra que le couper en petits morceaux avec un couteau, juste avant le repas.

Quelle est la quantité de Maror qu’il faut manger?
 
Il faut prendre une quantité de 28 grammes de laitue par personne, mais pour les personnes âgées ou les malades il est possible de se contenter de 17 grammes (aussi bien pour la laitue que pour le raifort).
On a le droit durant la fête de mesurer et de peser toute chose dont on se sert pour accomplir des Mitsvote.
Le Maror doit être trempé dans le ‘Harossete (voir plus loin sa composition) avant qu’on récite la bénédiction. Cependant, afin de ne pas perdre le goût amer du Maror, il faut secouer la laitue afin de se débarrasser d’un excès de 'Harrossete.
Certains le trempent entièrement, d’autres seulement en partie. Le raifort râpé ne doit être trempé qu’en partie, car autrement il se mélangerait entièrement avec le ‘Harossete, ce qui lui ferait perdre son âcreté.

Avant de le consommer, on récite la bénédiction:
"ברוך...אשר קדשנו... וצונו על אכילת מרור"
Il faut avoir l’intention de se rendre quitte aussi du Maror qu’on mangera plus tard avec de la Matsa (Korekh).
Il est bon de se rappeler en le mangeant que cette Mitsva a été établie en souvenir de la vie dure que nos pères ont vécue durant l’asservissement en Egypte.


Comment manger le Maror ? 

Il faut d’abord bien mâcher le Maror puis l’avaler en l’espace de quatre minutes.
Il serait impropre d’avaler la laitue sans la mâcher, car il faut goûter son amertume.
Néanmoins on pourra avaler le raifort, car son goût est suffisamment amer même sans être mâché.
On ne s’accoudera pas durant cette Mitsva.
Il faut manger le Maror avant le milieu de la nuit (‘Hatsote), après cela on ne pourra plus réciter la bénédiction, mais il faudra quand même le consommer.

Les personnes malades
Il est évident qu’il ne faut pas mettre sa santé en danger afin d’accomplir cette Mitsva et pour cela il est possible de ne prendre que 17 grammes de Maror et de les consommer en neuf minutes (sans interruption). Une personne qui ne peut supporter même cette mesure n’a qu’à manger la quantité qu’elle peut supporter, mais sans réciter la bénédiction.
D’après les Séfaradim, tous ceux qui mangent moins de 28 grammes ne doivent pas réciter la bénédiction.


Korèkh (sandwich de Maror et de Matsa)
  
Nos Sages ont institué, en souvenir de la coutume de Hillel Hazakène qui était de manger l’agneau pascal avec la Matsa et le Maror ensemble, d'en faire autant de nos jours.
Il nous faut donc, à nouveau prendre un Kazaïte de Matsa et un autre de Maror. Ainsi après avoir dit la formule inscrite dans les Hagadote on les mangera ensemble.

D’après le Rabbin Joseph Bloch, pour le Korèkh on a l’habitude de prendre du raifort, en guise de Maror. Mais la majorité des gens prennent à nouveau de la laitue.
D’après les Séfaradim et aussi de nombreux Achkénazim on trempera ce sandwich dans le ‘Harossete. Cette fois sans secouer la laitue pour les Séfaradim, mais les Achkénazim pensent qu’il faut à nouveau débarrasser la laitue d’un excès de ‘Harossete.
On se servira de la troisième Matsa, afin d’accomplir cette Mitsva.

Ceux qui n’ont pas l’habitude de tremper la laitue dans le ‘Harossete pour le Korèkh peuvent garder leur habitude.
Il faut manger accoudé (à cause de la Matsa) les deux Kazaïte du Korèkh et si possible les avaler ensemble.
Néanmoins on peut aussi manger petit à petit un peu de Matsa avec un peu de Maror pourvu que toute la mesure soit avalée en moins de quatre minutes.
Les personnes malades ou les personnes âgées peuvent se contenter de 6 à 10 grammes de Matsa et de 17 grammes de Maror qu’ils devront avaler en l’espace de neuf minutes.


Choul’hane ‘Orekh (le dîner)
  
Il est conseillé d’avoir pour le dîner des invités afin:
De les réjouir
De pouvoir faire le Zimmoun (introduction aux bénédictions d'après le repas)
De pouvoir chanter le Hallel en groupe.

On a l’habitude d’enlever le plat du Sédèr pendant le repas et de le reposer après.
Il faut manger un bon repas afin d’honorer la fête et on peut boire du vin à volonté mais il faut conserver suffisamment d’appétit pour l’Afikomane.
Le repas doit être consommé en étant accoudé, mais ce n’est pas obligatoire.
Certains ont l’habitude de manger des oeufs durant ce repas en souvenir du sacrifice appelé ‘Haguiga et aussi en souvenir de la destruction du Temple.
Cependant, l’oeuf qui se trouve sur le plat du Sédèr ne sera consommé que le lendemain (voir plus haut). 

Au contraire le Michna Béroura (ch.476, 11) recommande de consommer l’œuf du Sédèr.
Chez certains on a l’habitude de ne pas consommer de la viande grillée le soir du Sédèr (surtout chez les Achkénazim) et cela inclut la viande fumée et de la viande rotie .
Cette habitude comprend toutes sortes de viandes y compris les volailles.
Il est admis partout qu’il est interdit de manger, le soir du Sédèr, l’agneau et l’os se trouvant sur le plat du Sédèr qui est là en souvenir de l’agneau pascal.
Il existe encore d’autres habitudes, comme celle de ne tremper aucun aliment dans de l’eau salée ou dans le ‘Harossete, et celle de ne pas manger des légumes, mis à part le Karpasse et le Maror.


Tsafoun (consommation de l’Afikomane)
  
Le terme hébreu "Tsafoun" veut dire caché. C’est une allusion à la Matsa qu’on a divisée en deux au début du Sédèr et qu’on a cachée sous les coussins.
Le terme araméen Afikomane est en vérité une combinaison de deux mots "אפיקו מני", c’est à dire « sorti de lui » qui est une allusion au fait que nous finissons le repas par ce morceau de Matsa, car on ne peut plus rien manger après l’Afikomane.

Cette Matsa est mangée en souvenir du sacrifice de l’agneau pascal qui devait être mangé à la fin du repas afin d’être rassasié par sa consommation selon l’ordonnance de la Tora.
Quelle est la quantité à consommer ?
A priori il faut consommer deux morceaux (d’une mesure d’un Kazaïte chacun) de Matsa, l’un en souvenir de l’agneau pascal et l'autre en souvenir de la Matsa qu’il fallait consommer avec l’agneau pascal.
Néanmoins, les personnes qui ont du mal à consommer à nouveau deux morceaux peuvent se contenter de n’en manger qu’un seul (pour la quantité à prendre, à priori il faut prendre 56 grammes, mais il est possible de se contenter de 15 à 20 grammes).
Toutefois, il doit être consommé en l’espace de quatre minutes (pour les personnes âgées et les malades neuf minutes suffisent).
On prendra donc la Matsa divisée en deux, mais comme généralement elle n’est pas suffisamment grande afin d’être partagée entre tous les convives, on ajoutera des Matsote Chémourote pour compléter à chacun la mesure de deux Kazaïte. Il faut consommer l’Afikomane à son aise.

Quelqu’un qui n’aurait plus de force pour manger l’Afikomane, ne doit pas se forcer. Il devra plutôt attendre un certain temps (même après ‘Hatsote) afin de la consommer à son aise.
Il faut manger l’Afikomane assis à sa place et en étant accoudé sur le côté gauche.
Si on ne s’est pas accoudé et qu’on n’a pas encore récité la bénédiction de la fin du repas (Birkate Hamazone) ou bien si on a consommé un aliment autre que de la Matsa après l’Afikomane, il faudra à nouveau remanger l’Afikomane, tant qu’on n’a pas réciter le Birkate Hamazone.
Néanmoins, si cela lui est difficile, il n’y aura pas d’obligation d’en remanger (M.B. ch.473, 4 et 478, 1). Voir aussi le Kaf Ha’haïm ch.478, 3 et 477, 7.


Celui qui a oublié de manger l’Afikomane

Si on a oublié de manger l’Afikomane et qu’on a déjà récité la bénédiction finale du repas, il faudra se relaver les mains (sans bénédiction) réciter la bénédiction de Motsi, puis manger l’Afikomane et refaire Birkate Hamazone.
Si on a déjà bu la troisième coupe on fera de même, mais on ne la boira pas à nouveau.
On boira seulement la quatrième coupe après le Hallel.

Il est recommandé de manger l’Afikomane avant le milieu de la nuit (‘Hatsote), car l’agneau pascal devait être mangé avant cette heure-là.
Après l’Afikomane on ne doit plus rien manger, afin de garder le goût de la Matsa en bouche.
Il ne faudra rien absorber d’autre que les deux coupes de vin qui restent encore à boire.
On pourra cependant boire de l’eau et aussi, si on en a vraiment besoin afin de rester éveillé, du café ou du thé.


Barekh (actions de grâce - Birkate Hamazone). 

Avant d’entonner le Chir Hama’alote (pour ceux qui en ont la coutume), on rincera les coupes de vin puis on les remplira.

La coupe du prophète Elie

Certains versent à ce moment la coupe réservée à Eliyahou Hanavi (d’autres la remplissent seulement après le Birkate Hamazone, et d’autres l’ont déjà remplie au début du Sédèr).


Maïm A'haronim "מים אחרונים"

On devra également se laver les mains juste avant le Zimmoun.


Le Zimmoun

Il est recommandé que le chef de famille fasse le Zimmoun (introduction aux bénédictions), bien que pendant l’année on ait souvent l’habitude d’honorer un invité.
Celui qui fait le Zimmoun soulève le verre de vin de la main droite à la hauteur d’un empan (Téfa'h soit 8 à 10cm).
Quand il n’y a pas de Zimmoun (moins de trois hommes majeurs), tous les convives devront prendre la coupe en mains durant la bénédiction. D’après d’autres dans tous les cas, tous les convives devront tenir leurs coupes dans leurs mains (‘Hazone ‘Ovadia).

II ne faut pas oublier de dire le paragraphe " יעלה ויבוא".
Au cas où l'on aurait terminé le Birkate Hamazone sans le réciter, il faudra le reprendre en entier et reboire un verre de vin après.

Si pendant le Sédèr, est présent un jeune couple se trouvant dans la semaine suivant leur mariage, on devra réciter les sept bénédictions spéciales en l’honneur des jeunes mariés. Pour cela on se servira de la coupe appartenant au ‘Hatane (le mari).
Les Séfaradim ne récitent cette bénédiction que si l’on se trouve dans l’appartement du jeune couple ce qui est rare pour le Sédèr.

La troisième coupe de vin.
Après avoir fini le Birkate Hamazone, chacun récitera la bénédiction sur le vin et boira sa coupe en étant accoudé sur le côté gauche (si possible d’un seul coup).
Les Séfaradim doivent avoir l’intention de se rendre quitte du quatrième verre, car ils ne récitent pas la bénédiction sur le vin pour la troisième coupe.

Après avoir bu ce troisième verre on ne doit plus boire de vin jusqu’à la quatrième coupe, mais on peut boire de l’eau et s’il le faut du café ou du thé.
Les Séfaradim doivent avoir l’intention de s’acquitter de la bénédiction du quatrième verre.


Hallel (Louanges, deuxième et principale partie)
  
Avant de commencer à réciter les psaumes louant D. nous ouvrons la porte d’entrée de la maison afin de bien affirmer notre confiance en D., en cette soirée dePéssa'h qui est appelée «Nuit de Protection » (Ex.chl2; v.42).
Puis nous récitons le paragraphe de "שפוך חמתך".

Ces versets sont les cris de douleur d’un peuple qui souffre, mais qui garde quand même une éternelle confiance en D. et qui attend avec impatience la délivrance future.
Après avoir refermé la porte, on verse la quatrième coupe de vin. Il est bon de la tenir en main durant la récitation des psaumes.
Néanmoins il n’est pas besoin de la soulever (certains ne la soulèvent que pour la bénédiction finale du Hallel).

Il faut réciter le Hallel assis convenablement en étant éveillé au maximum et dans une grande allégresse.
S’il y a au moins trois personnes présentes (on peut inclure aussi sa femme et son enfant), alors le chef de famille dira le paragraphe de Hodou LaChem "הודו 'לה" et les autres répondront "כי לעולם חסדו ".
Ce paragraphe est omis par certains (rite du Gaon de Vilna).
D'autres récitent avant le début du Grand Hallel, "ללה הגדול" sans sa bénédiction finale (Rite alsacien du Rabbin J. Bloch). Selon ces deux rites on dira le paragraphe de "ישתבח" à la fin du Hallel et on récitera aussi la bénédiction finale de la fin du paragraphe de "ישתבח".
Le rite Séfarade est de dire après le paragraphe de "ישתבח", celui de "יהללוך" et de conclure le Hallel par la bénédiction "מלך מהולל בתשבחות."


La quatrième coupe de vin 

Après avoir fini le Hallel on boira la dernière coupe de vin en étant accoudé sur le côté gauche, si possible en entier. Mais pour ceux qui se sont servis d’une coupe ayant un contenu de 150gr., il suffit de boire 86gr. pour pouvoir réciter la bénédiction finale sur le vin.
Les Séfaradim ne récitent pas la bénédiction avant de boire la quatrième coupe, mais les Achkénazim doivent la dire.
D’après tous les rites, il faut réciter la bénédiction finale sur le vin qui concerne les deux dernières coupes.
Certains pensent qu’il faut dire le Hallel et qu’il faut boire la troisième et la quatrième coupe de vin avant le milieu de la nuit (‘Hatsote), mais ce n’est pas l’avis général.
Après le milieu de la nuit les Séfaradim ne devront pas réciter la bénédiction finale du Hallel (‘Hazone ‘Ovadia).

Quand boit-on la quatrième coupe?
D’après l’habitude du Maharam on récite le premier soir le cantique "ובכן ויהי בחצי הלילה" et après "כי לא נאה" et le deuxième soir le cantique "ובכן ואמרתם זבח פסח" et ensuite "כי לא נאה" et seulement après on boit la coupe de vin. (Ce rite est encore aujourd’hui le rite alsacien - Hagada du Rabbin 1. Bloch).

Néanmoins, la plupart des gens boivent cette dernière coupe à la fin du Hallel avant de commencer les chants (Michna Béroura).
Certains récitent les mêmes cantiques durant les deux soirées du Sédèr.

En diaspora, le deuxième soir on devra compter le ‘Omère en disant la bénédiction suivante: "ברוך... אשר קדשנו...וצונו על ספירת העומר"

Nirtsa (Agréé)
  
Nous émettons le voeu qu’après avoir accompli, comme il se doit, toutes les règles de cette soirée, nos prières soient exaucées et que nos actes (Mitsvote) soient acceptés par D.
Nous concluons en disant le paragraphe "חסל סידור פסח " en affirmant que nous avons accompli ce Sédèr selon les règles prescrites.
On a l’habitude de chanter la phrase "לשנה הבאה בירושלים" (l’an prochain à Jérusalem).
Certains ajoutent: l’an prochain à Jérusalem reconstruite.

Puis nous entonnons les cantiques de la fin dans une grande allégresse.
Certains étudient après le "שיר השירים" (Cantiques des Cantiques) dans lequel sont décrits plusieurs sujets ayant trait â la sortie d’Egypte.
Il est bon de continuer à étudier durant la nuit jusqu’au point de s’endormir.


La récitation du Chéma’ avant de se coucher
 
Les Achkénazim ont l’habitude de ne réciter que le premier paragraphe du Chéma’ et la bénédiction de "המפיל" avant de se coucher, car cette nuit-là nous sommes spécialement protégés par D.
Les Séfaradim récitent cette prière comme d’habitude (Ben Ich ‘Haï).


Rappelons enfin que les lois du deuxième Sédèr sont identiques à celles du premier.

Source UniversTorah

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