A l’heure où l’antisémitisme et les propos négationnistes refont surface, l’universitaire Danielle Morali a souhaité créer un Centre d’études juives pour faire connaître la pensée et la culture juives, au plus grand nombre, par des personnalités qui font autorité. La fondatrice a ressenti l’urgence, en apprenant que l’Unesco avait présenté, dernièrement, une motion, votée par la France, dans laquelle était contesté à Israël le droit historique sur Jérusalem....
Le Centre, porte le nom de son père, Simon Morali (1909-1984), qui fut grand rabbin de Nancy, de 1945 à 1969, après avoir été rabbin à Lunéville et Epinal, avant la guerre.
Il a pour objectif de « dispenser des savoirs établis sur l’histoire et la culture des sociétés juives, des origines à nos jours ».
La présidente écrit : « Malgré une abondante historiographie, le judaïsme et les Juifs restent méconnus de l’ensemble de la population, d’autant que les programmes scolaires donnent de leur histoire une présentation par à-coups qui la rend incompréhensible, laissant libre cours à tous les stéréotypes transmis par les réseaux sociaux.
A travers une approche pluridisciplinaire, historique, sociologique, juridique et anthropologique, le Centre d’études juives Simon-Morali se propose de mettre en place des cours et des journées d’études où seront abordées les questions suivantes : les sources (documents, archives, bibliographie et méthodologie), les origines et fondements du judaïsme, l’histoire sociale, juridique, culturelle des Juifs (et des Marranes), en Europe et en Méditerranée, du Moyen Age à nos jours, ou encore l’identité juive. »
« Quand et comment la bible est-elle devenue un livre ? »
Cette question passionne Danielle Morali qui a lu plusieurs thèses et articles faisant remonter la rédaction entre le VIIIe et le VIe siècle avant Jésus-Christ. Elle s’intéresse aussi aux rapports entre la philosophie grecque et la philosophie juive qu’on a tendance à opposer, alors qu’il existe des échanges entre les deux, dès l’époque d’Aristote.
Ces sujets, multiples et variés, seront traités par des universitaires, des chercheurs et des spécialistes. Concerts, projections de films et voyages pourront compléter l’approche d’un thème.
Ces cours auront lieu une à deux fois par mois, dans un lieu qui n’est pas encore établi et à des horaires à définir.
Mais, d’ores et déjà, le rendez-vous est fixé pour la conférence inaugurale qui sera donnée le 19 mai, à 17 h 30, salle Mienville de l’hôtel de ville, par Marc-Alain Ouaknin, philosophe, responsable de l’émission « Talmudiques » sur France Culture, qui parlera de « La langue hébraïque : traduction et interprétation ».
Modérateur : Didier Francfort. Entrée libre (par la rue Pierre-Fourier).
Source L'Est Republicain
