Dans la Haftara Séfarade de Kedoshim (Ezechiel 20.1-20.20), le prophète Ezechiel rappel qu’Israël ne parvient jamais à respecter les principes de sainteté émis dans la Parasha, mais Dieu pardonne toujours. Dans la Haftara Ashkénaze (Amos 9.7-9.15), la Haftara décrit le prix de la transgression mais également la force de l’Alliance...
Texte traduit de la Haftara Séfarade de Kedoshim (Ezechiel 20.1-20.20):
La septième année, le dixième jour du cinquième mois, quelques-uns des anciens d’Israël vinrent pour consulter l’Éternel, et s’assirent devant moi.
Et la parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots :
Fils de l’homme, parle aux anciens d’Israël, et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Est-ce pour me consulter que vous êtes venus ? Je suis vivant ! je ne me laisserai pas consulter par vous, dit le Seigneur, l’Éternel.
Veux-tu les juger, veux-tu les juger, fils de l’homme ? Fais-leur connaître les abominations de leurs pères !
Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Le jour où j’ai choisi Israël, j’ai levé ma main vers la postérité de la maison de Jacob, et je me suis fait connaître à eux dans le pays d’Égypte ; j’ai levé ma main vers eux, en disant : Je suis l’Éternel, votre Dieu.
En ce jour-là, j’ai levé ma main vers eux, pour les faire passer du pays d’Égypte dans un pays que j’avais cherché pour eux, pays où coulent le lait et le miel, le plus beau de tous les pays.
Je leur dis : Rejetez chacun les abominations qui attirent ses regards, et ne vous souillez pas par les idoles de l’Égypte ! Je suis l’Éternel, votre Dieu.
Et ils se révoltèrent contre moi, et ils ne voulurent pas m’écouter. Aucun ne rejeta les abominations qui attiraient ses regards, et ils n’abandonnèrent point les idoles de l’Égypte. J’eus la pensée de répandre ma fureur sur eux, d’épuiser contre eux ma colère, au milieu du pays d’Égypte.
Néanmoins j’ai agi par égard pour mon nom, afin qu’il ne soit pas profané aux yeux des nations parmi lesquelles ils se trouvaient, et aux yeux desquelles je m’étais fait connaître à eux, pour les faire sortir du pays d’Égypte.
Et je les fis sortir du pays d’Égypte, et je les conduisis dans le désert.
Je leur donnai mes lois et leur fis connaître mes ordonnances, que l’homme doit mettre en pratique, afin de vivre par elles.
Je leur donnai aussi mes sabbats comme un signe entre moi et eux, pour qu’ils connussent que je suis l’Éternel qui les sanctifie.
Et la maison d’Israël se révolta contre moi dans le désert. Ils ne suivirent point mes lois, et ils rejetèrent mes ordonnances, que l’homme doit mettre en pratique, afin de vivre par elles, et ils profanèrent à l’excès mes sabbats. J’eus la pensée de répandre sur eux ma fureur dans le désert, pour les anéantir.
Néanmoins j’ai agi par égard pour mon nom, afin qu’il ne soit pas profané aux yeux des nations en présence desquelles je les avait fait sortir d’Égypte.
Dans le désert, je levai ma main vers eux, pour ne pas les conduire dans le pays que je leur avais destiné, pays où coulent le lait et le miel, le plus beau de tous les pays,
et cela parce qu’ils rejetèrent mes ordonnances et ne suivirent point mes lois, et parce qu’ils profanèrent mes sabbats, car leur coeur ne s’éloigna pas de leurs idoles.
Mais j’eus pour eux un regard de pitié et je ne les détruisis pas, je ne les exterminai pas dans le désert.
Je dis à leurs fils dans le désert : Ne suivez pas les préceptes de vos pères, n’observez pas leurs coutumes, et ne vous souillez pas par leurs idoles !
Je suis l’Éternel, votre Dieu. Suivez mes préceptes, observez mes ordonnances, et mettez-les en pratique.
Sanctifiez mes sabbats, et qu’ils soient entre moi et vous un signe auquel on sache que je suis l’Éternel, votre Dieu.
Texte traduit de la Haftara Ashkénaze de Kedoshim (Amos 9.7-9.15):
N’êtes-vous pas pour moi comme les enfants des Éthiopiens, Enfants d’Israël ? dit l’Éternel. N’ai-je pas fait sortir Israël du pays d’Égypte, Comme les Philistins de Caphtor et les Syriens de Kir ?
Voici, le Seigneur, l’Éternel, a les yeux sur le royaume coupable. Je le détruirai de dessus la face de la terre ; Toutefois je ne détruirai pas entièrement la maison de Jacob, Dit l’Éternel.
Car voici, je donnerai mes ordres, Et je secouerai la maison d’Israël parmi toutes les nations, Comme on secoue avec le crible, Sans qu’il tombe à terre un seul grain.
Tous les pécheurs de mon peuple mourront par l’épée, Ceux qui disent : Le malheur n’approchera pas, ne nous atteindra pas.
En ce temps-là, je relèverai de sa chute la maison de David, J’en réparerai les brèches, j’en redresserai les ruines, Et je la rebâtirai comme elle était autrefois.
Afin qu’ils possèdent le reste d’Édom et toutes les nations Sur lesquelles mon nom a été invoqué, Dit l’Éternel, qui accomplira ces choses.
Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, Où le laboureur suivra de près le moissonneur, Et celui qui foule le raisin celui qui répand la semence, Où le moût ruissellera des montagnes Et coulera de toutes les collines.
Je ramènerai les captifs de mon peuple d’Israël ; Ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront, Ils planteront des vignes et en boiront le vin, Ils établiront des jardins et en mangeront les fruits.
Je les planterai dans leur pays, Et ils ne seront plus arrachés du pays que je leur ai donné, Dit L’Éternel, ton Dieu.
Analyse de la Haftara (Séfarade et Ashkénaze) :
Eternité d’Israël
La Providence est universelle. De la même manière qu’Il libère Son peuple de l’esclavage, ainsi procède-t-il avec d’autres peuples : « N’êtes-vous pas pour Moi comme les fils de l’Ethiopie, ô enfants d’Israël? dit le Seigneur. N’ai-Je pas fait émigrer Israël du pays d’Egypte comme les Philistins de Cafter et les Araméens de Kir? » (Amos 9, 7).
Néanmoins, alors que l’Histoire de tous les peuples est éphémère, le peuple d’Israël a l’assurance que même s’il sera puni sévèrement pour ses fautes, il ne disparaîtra pas : « Toutefois Je ne veux pas exterminer complètement la maison de Jacob, dit l’Eternel » (ibid. 8).
L’éternité au service de l’éphémère
Cette discrimination entre Israël et les autres nations ne peut provenir d’une insensibilité envers le destin des nations, car ce serait transgresser ce qui a été promis à notre patriarche Abraham : « par toi seront bénies toutes les familles de la terre ».
Au contraire, l’éternité d’Israël sert les nations, le peuple d’Israël servant de mémoire des cultures humaines qui, en son sein, poursuivent leur existence éternelle à travers les traces laissées sur la mémoire collective du peuple éternel.
C’est ainsi, par exemple, que ce qui reste vivant de l’Egypte antique est l’empreinte laissée par l’Egypte lors de la création de l’identité d’Israel. C’est par ailleurs Israël qui paie le prix fort de cette responsabilité, subissant ajout sur ajout, le manipulant à son insu, jusqu’à ce qu’il atteigne le dessein divin du retour à Sion, comme indiqué à la fin de la Haftara de la paracha de Kedochim (ibid. 15), selon le rite ashkénaze.
Sanctification du Nom de Dieu
La haftara selon le rite sépharade dépeint la motivation divine à la réalisation de la promesse d’éternité du peuple : « pour Mon Nom » (Ezéch. 20, 9 et 14). La dispersion d’Israël et son exil est une profanation du Nom de Dieu, c’est pour cela qu’il est nécessaire de le délivrer, quand bien même ses individus n’auraient pas amélioré leurs voies.
La considération essentielle dans la direction de l’Histoire est la sanctification du Nom de Dieu. Le Ram’hal, rav Moshé ‘Haïm Luzzato, dans son ouvrage « Daat Tevounot », explique qu’il s’agit de l’association de deux sortes de directions de la providence : la direction par la révélation de l’Unicité de Dieu, la principale, à laquelle s’ajoute la direction par la justice.
En réalisant les commandements
Se pose ici une question morale : comme se fait-il que l’événement le plus significatif de toute l’Histoire humaine, la Délivrance, ne dépende pas des bonnes actions de ses protagonistes ?
Cette tension entre la nécessité de la Rédemption et la liberté de l’homme exige du peuple d’Israël la réalisation des commandements, afin de ne pas créer de dissonance entre les valeurs de la justice, exprimée dans toute son ampleur dans l’alliance de la paracha de Be’houkotaï, et les valeurs de l’Unicité de Dieu, exprimant que Dieu agit toujours pour la Gloire de Son Nom, quoi qu’il arrive. C’est pour cette raison que conclut la Haftara : « Je suis l’Eternel, votre Dieu, suivez Mes lois, observez Mes règlements et exécutez-les. Sanctifiez Mes sabbats; qu’ils soient un symbole entre Moi et vous, pour qu’on sache que Je suis l’Eternel, votre Dieu. » (Ez. 20, 19-20).
Source Massorti et Massorti et Noahideworldcenter
