Le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot rapporte que la ministre de la Culture et des Sports Miri Reguev n’a guère apprécié l’intervention du conseiller juridique du gouvernement Yehouda Weinstein concernant la gestion budgétaire de son ministère...
Alors que se déroule actuellement un audit des dirigeants du théâtre arabe Al-Midan de Haïfa, le conseiller juridique a fait parvenir à la ministre le message suivant : « En l’état du droit actuel vous n’avez pas le droit de cesser de soutenir des institutions culturelles en fonction du contenu des œuvres artistiques qui y sont présentées.
Si vous désirez une modification de la législation sur cette question vous devrez auparavant obtenir mon aval ». Le conseiller juridique a rajouté que le fait d’établir des critères politiques dans le domaine de l’affectation des budgets constitue une restriction de la liberté d’expression. M. Weinstein a rappelé que seuls les critères artistiques et professionnels doivent entrer en ligne de compte lorsqu’il s’agit de soutenir ou non des institutions culturelles.
Mme Reguev avait indiqué qu’à l’issue de cet audit, elle décidera si son ministère continuera ou non à subventionner ce théâtre pour l’année budgétaire 2016.
La décision de la ministre fait suite à la polémique qui était née à propos du théâtre Al-Midan qui avait présenté une pièce décrivant de manière positive la vie d’un terroriste auteur de l’assassinat d’un soldat israélien en 1984. Cette représentation avait provoqué des remous en Israël et scandalisé la famille de Moshé Tamam, le soldat enlevé, torturé et assassiné par le terroriste Walid Daqaa, héros de la pièce « Hazman Hamaqbil ».
Dès son entrée en fonction, Miri Reguev avait annoncé qu’elle entendait établir de nouveaux critères d’affectation budgétaires et qu’elle refusera de subventionner des œuvres ou des institutions qui font l’apologie du terrorisme ou qui s’attaquent à l’Etat d’Israël et à Tsahal. « La liberté du choix de financement est à l’égal de la liberté d’expression », avait déclaré la ministre face à ses critiques.
Dans une réponse cinglante au conseiller juridique, la ministre de la Culture a notamment indiqué : « Avec tout le respect dû au conseiller juridique du gouvernement, il sait très bien qu’il ne peut pas s’immiscer dans mes choix concernant la politique d’affectation des budgets de mon ministère. La direction du théâtre Al-Midan est actuellement en cours d’audit devant les autorités compétentes et une décision sera prise à l’issue de cet audit ».
La ministre a également voulu rappeler qu’elle n’a pas l’intention de restreindre la liberté d’expression ni d’entrer dans le contenu des œuvres artistique mais qu’il s’agit d’une institution culturelle enfreignant la loi sur l’interdiction d’apologie du terrorisme.
Source IsraPresse
