mercredi 15 juillet 2015

Pour Netanyahou, l'accord n'est que le début

 
Si le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait fait de l'élimination du nucléaire iranien son cheval de bataille, son pire cauchemar est devenu réalité avec l'accord conclu entre les six superpuissances et l’Iran...


Netanyahou a consacré une bonne partie de ses six dernières années au pouvoir à avertir le monde de la menace nucléaire iranienne. Il a prévenu les dirigeants, en public et en privé, des dangers que Téhéran représente pour le monde, et a réussi à convaincre l’administration Obama de mettre en place un nombre impressionnant de sanctions internationales qui ont paralysé l’économie iranienne.
Mais Rohani est arrivé. Et Mohammed Javad Zarif aussi. Contrairement à l’image que renvoyait jusqu’alors la République islamique, incarnée par l’ancien président Ahmedinejad, le nouveau régime iranien a conquis l’opinion publique internationale avec diplomatie: diplomatie sur Twitter mais aussi, plus récemment, à Vienne, avec la diplomatie "du balcon". Ayant pour objectif de satisfaire le désir du peuple d’alléger les sanctions économiques, Rohani et Zarif, ont négocié jusqu’à la conclusion d'un accord, pendant que Netanyahou et Israël restaient sur la touche.
Au cours des 22 mois de pourparlers entre l’Iran et les 5+1, Netanyahou a fait pression sur les grandes puissances pour qu’elles maintiennent une position ferme face aux manœuvres diplomatiques iraniennes.
Cependant, sa mission a été sévèrement entravée par l'animosité notoire des rapports qu'il entretient avec le président américain. Depuis la campagne électorale de 2012 et le soutien officiel de Netanyahou à Mitt Romney, le concurrent républicain d’Obama, la relation entre le chef du gouvernement israélien et el président démocrate n’a eu de cesse de se détériorer. Le niveau des relations a touché le fond en mars dernier après l'allocution controversée de Netanyahou devant le Congrès au cours de laquelle il a fustigé l'accord naissant.
Ses détracteurs l’accuse de s’être confronté à la Maison Blanche au lieu de travailler avec elle, mais ses partisans considèrent que l’empressement d’Obama à parvenir à un accord, ne laissait pas d’autre choix au Premier ministre Israélien que de se tourner vers le Congrès.
Bien qu’Israël était en contact permanent avec les membres du P5+1, dans la dernière ligne droite des négociations, Jérusalem a critiqué le fait que les responsables américains ne le tiennent pas au courant des derniers développements à Vienne.
Netanyahou n’a pourtant pas renoncé, loin de là. Après 22 mois sur le banc de touche, le Premier ministre israélien se prépare à mener sa bataille devant le Capitole. La mobilisation du gouvernement, mais aussi les millions de dollars versés par le lobby pro-israélien aux Etats-Unis, constitueront un véritable poids contre l’administration.
Un accent particulier sera mis sur les 13 sénateurs démocrates, sur lesquels il faudra faire pression, et dont le vote est nécessaire pour passer outre le véto présidentiel qu’Obama a promis de mettre en place si le Congrès rejette l’accord sur l’Iran. Alors que la plupart des commentateurs politiques estiment que cette tâche est difficile, voire impossible, Netanyahou estime que les concessions faites à l'Iran par les Etats-Unis et ses alliés vont influencer l'opinion publique américaine. Le slogan de la campagne sera concis et clair: l'administration Obama a cédé et a fait une erreur historique.
Les revendications persistantes d'Israël, reprises par beaucoup dans l'opposition politique et parmi les six puissances mondiales – et guidées par Washington – ont échoué dans le maintien d’une position solide face à la manœuvre diplomatique impressionnante de l’Iran.
Cependant, ces derniers jours, une opposition intérieure à la politique de Netanyahou a émergé, lui reprochant son "désaccord personnel" avec Obama, comme le soutient le chef de l’opposition Isaac Herzog- considérant la faible influence qu’a eu Israël le jour de l’accord.
Bien sûr, Netanyahou rejette les appels de ses rivaux lui demandant d’assumer une responsabilité personnelle. De son point de vue, la question nucléaire en Iran est loin d'être terminée. Elle ne fait que commencer.
Source I24News