mercredi 15 juillet 2015

Les épreuves des orthodoxes français en Israël

 
Les juifs orthodoxes et français connaissent certaines difficultés particulières, notamment autour de la scolarisation de leurs enfants. En effet, les institutions orthodoxes françaises et israéliennes divergent sur plusieurs points, ce qui a contraint les nouveaux arrivants à trouver de nouvelles solutions. Avec succès...


« Le problème d'Israël c'est qu'au niveau des écoles tu as tout ou rien ! » explique Sarah, hiérosolomitaine depuis 4 ans. Elle habite avec son mari, et ses enfants le quartier de Baït Vegan, très prisé des orthodoxes français.

Elle explique : « Soit vous pouvez mettre votre enfant dans une école où l'on enseigne le kodesh (matière religieuse) toute la journée, et  seulement une heure de khol (matières générales) par jour, soit il existe  des écoles avec plus de khol, mais qui ne sont pas de notre degré de pratique.
Et comme tous les Français, nous voulons un bon niveau de khol et conserver notre milieu religieux ».
A la Bar Mitsva de leur fils, Sarah et son mari laisseront le choix à leur enfant : continuer sur la voie des études religieuses en allant à la yeshiva, ou passer le bac et se former pour un futur emploi. Or à Jérusalem très peu d'écoles propose ce cursus religieux/profane.
Mais en France ce programme double est la règle.
Autre particularité : le monde religieux en Israël est très majoritairement ashkénaze, alors qu'en France il est à l'image de l'ensemble de la population juive, c’est-à-dire majoritairement séfarade. « La plupart des écoles religieuses sont ashkénazes, continue Sarah, et ils sont très pointilleux sur l'apparence religieuse des parents ».

Le quartier de Baït Vegan à Jérusalem, très prisé par les orthodoxes français

Finalement de discussion en discussion, de conseil en conseil, elle trouve la perle rare à Jérusalem pour les familles françaises présentant cette double exigence éducative religieuse et profane.
« On a mis nos enfants à Or Hadash dans le quartier de Arnoff, et nous sommes très  satisfaits »
Leurs trois enfants de 5, 4 et 2 ans sont donc scolarisés dans cette école haredie (orthodoxe), séfarade, accordant une véritable importance au khol. « Toutes les autres écoles de Baït Vegan sont pratiquement koulo kodesh (entièrement tournées vers les études religieuses). Les enfants ayant atteint 13-14 ans intègrent une yeshivah ketana (académie religieuse pour jeunes) avant d'entrer dans une yeshiva, puis en fin de cursus, se marier et intégrer un kollel.

Mais de fait, le milieu français orthodoxe reste moins normatif que le milieu israélien.
Ce qui explique que Sarah ait préféré laisser le choix de leur avenir à ses enfants, manière de voir assez répandue dans d'autres familles francophones.
 Autre point noir du système éducatif religieux israélien : elle regrette que pour intégrer ses écoles « les recommandations tiennent une place si importante, au point qu'il faille aussi se montrer très insistant ».
 Pour pallier ce manque, une équipe de français a décidé de créer de toutes pièces une école harédie, séfarade, dont le programme respecte les exigences françaises.
Il s'agit de l'école Bijaoui, un établissement pour Français tenu par des Français, qui devant l'affluence ne cesse de se développer. Cette année, le cursus a été ouvert aux filles jusqu'au baccalauréat. « Les enseignements sont entièrement en hébreu, mais l'esprit est français » et les professeurs comprennent la langue de Molière.
« C'est agréable, car on côtoie ainsi des parents qui ont le même profil que nous » explique Sarah. Beaucoup de francophones ont fait le choix de cet établissement après avoir connu plusieurs établissements israéliens.
Source Actuj