jeudi 16 juillet 2015

L'AIPAC fera campagne auprès du Congrès pour un rejet de l'accord nucléaire

 
Le lobby pro-israélien américain AIPAC a appelé mercredi le Congrès américain à rejeter l'accord nucléaire conclut mardi entre l'Iran et les grandes puissances, alors que l'organisation juive américaine progressiste JStreet a de son côté annoncé une campagne de plusieurs millions de dollars en soutien à l'accord...


«Nous croyons fermement que l'alternative à ce mauvais accord est une meilleure accord", a déclaré l'AIPAC par voie de communiqué peu après la conférence de presse du président américain au sujet de l'accord. «Le Congrès devrait rejeter cet accord et nous exhortons l'administration à travailler avec nos alliés pour maintenir la pression économique sur l'Iran, et en offrant la possibilité de négocier un meilleur accord qui va vraiment bloquer tous les voies à l'Iran de se doter d'une arme nucléaire."
Le Congrès peut désapprouver l'accord, mais il est peu probable que les opposants à l'accord pourront passer outre le veto que M. Obama a promis d'apposer à un "non" du Congrès.
Par ailleurs, le groupe juif de gauche JStreet a annonçé mercredi qu'il mènera une campagne pour convaincre les législateurs que l'accord "avance les intérêts de sécurité israéliens et américains." Le lobby a amassé 2 millions de dollars jusqu'à présent pour ce faire, a déclaré une source cité par l'agence d'information JTA.
"JStreet veut que le Congrès sache que, malgré une certaine opposition forte à l'accord venant de dirigeants de l'organisation juive, notre sondage indique qu'une nette majorité des Américains juifs sont d'accord avec nous et soutient l'accord", a indiqué le groupe dans un communiqué.
Un peu plus tôt, le président américain Barack Obama avait estimé dans la journée qu'Israël a de bonnes raisons de s'inquiéter des agissements de l'Iran, mais a souligné que la République islamique serait encore plus dangereuse si elle était dotée de l'arme nucléaire.
"Israël a des inquiétudes légitimes concernant sa sécurité vis-à-vis de l'Iran. (...) Je pense qu'il y a de très bonnes raisons pour lesquelles les Israéliens sont nerveux concernant la position iranienne dans le monde en général", a expliqué M. Obama lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, où il a défendu l'accord nucléaire conclu avec Téhéran mardi.
Il a notamment évoqué le fait que la République islamique avait "proclamé qu'Israël ne devrait pas exister" et qu'elle a "financé le Hezbollah et a par conséquent des missiles pointés vers Tel Aviv".
Mais "toutes ces menaces sont aggravées si l'Iran obtient l'arme nucléaire", a prévenu le président américain. Et ni le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, ni les adversaires républicains de M. Obama, qui entendent s'opposer à l'accord au Congrès, "n'ont proposé de meilleure alternative" a-t-il ajouté.
M. Netanyahou est vent debout contre l'accord conclu mardi à Vienne, qu'il avait qualifié d'"erreur historique" et qui vise à empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire en échange d'une levée progressive et réversible des sanctions qui asphyxient son économie.
"L'accord conclu à Vienne ne constitue pas la fin de l'histoire", a notamment dit le Premier ministre israélien mercredi devant son Parlement. "Nous allons continuer à dénoncer les dangers de passer un accord avec un régime dictatorial", a-t-il ajouté.
Barack Obama a aussi estimé que l'Iran avait un rôle à jouer pour mettre fin au conflit syrien, lors d'une conférence de presse à Washington.
"Pour que nous puissions résoudre (le conflit), il faudra que les grandes puissances intéressées par la Syrie s'accordent pour dire que ce ne sera pas gagné sur le champ de bataille, et l'Iran est l'un de ces acteurs, et il est important qu'ils participent à cette conversation", a déclaré Barack Obama à la Maison Blanche.
Selon lui, l'accord nucléaire conclu la veille avec Téhéran ne mettrait pas fin à une série de différends entre les Etats-Unis et l'Iran, en raison notamment de ses activités au Moyen-Orient et son soutien au Hezbollah.
"Même avec cet accord, nous continuerons à avoir de profondes divergences avec l'Iran", a déclaré Barack Obama lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche consacrée à l'accord.
"L'Iran continue de représenter un défi pour nos intérêts et nos valeurs", a ajouté le président américain.
Barack Obama a expliqué que l'objectif principal de l'accord nucléaire, conclu mardi entre les grandes puissances et l'Iran à Vienne, n'était pas de résoudre les multiples différends existants avec la République islamique, dont son "soutien au terrorisme" et ses efforts de déstabilisation au Moyen-Orient.
L'accord, en soi, "résout un problème particulier, qui est de les empêcher de fabriquer une bombe", a noté Barack Obama, en martelant que cela servait les intérêts des Etats-Unis et de leurs alliés.
"Mais nous continuons d'avoir des problèmes avec le soutien iranien au terrorisme, son financement d'alliés comme le Hezbollah, qui menace Israël et la région", a-t-il poursuivi, en citant aussi le Yémen.
"Les contacts continueront à être limités. Essaierons-nous de les inciter à s'engager sur une voie plus constructive? Bien sûr. Mais nous ne comptons pas dessus", a-t-il affirmé, interrogé sur l'avenir des relations entre les deux pays.
Source I24News