mercredi 3 avril 2019

Alfred Rapp, soldat du Reich, tué par les nazis, a désormais une Stolperstein à Kehl


Après les victimes juives du nazisme, qui ont eu droit à 63 « Stolpersteine » à travers la ville, le sculpteur Gunter Demnig a posé pour la première fois à Kehl un de ses pavés mémoriels pour une victime d’euthanasie : Alfred Rapp, un soldat allemand devenu fou pendant la Grande Guerre et gazé en 1940.......Détails.........



La photo ci-dessus : La « Stolperstein » en mémoire d’Alfred Rapp, devant le salon de thé du même nom.  
Avec son enseigne délavée et ses rideaux en dentelles, le café Rapp est une pâtisserie à l’ancienne, où les vieilles dames sacrifient au rituel très allemand du « café gâteaux » noyé sous une montagne de crème fouettée.
Mais le café est aussi celui de la famille d’Alfred Rapp, « mort le 12 juin 1940 d’une bronchite avancée » et de l’« insuffisance cardiaque qui en a découlé » selon le rapport reçu par sa famille. 
« Il est parti sans souffrir. Dans le cas de sa maladie grave et incurable, sa mort est une délivrance pour lui… » conclut la lettre.

Blessé, porté disparu, prisonnier de guerre

En réalité, Alfred Rapp est mort douze jours plus tôt, gazé au monoxyde de carbone dans une grange à Grafeneck, dans le Jura Souabe. 
Ancien soldat traumatisé de la Grande Guerre, où il a été blessé, porté deux fois disparu, fait prisonnier, ce patient d’une unité psychiatrique à Rastatt a été victime du « T4 », le premier programme d’euthanasie du régime nazi. 
« La cause de décès était falsifiée exprès, tout comme la date. 
Cela permettait de continuer à percevoir l’argent de la famille pour l’entretien du patient », explique Ute Scherb, l’archiviste de la ville de Kehl.

41 victimes d’euthanasie à Kehl

Ses recherches, menées avec des élèves et un enseignant au lycée de Kehl, Uli Hillenbrand, ont retracé le terrible destin d’Alfred Rapp. Et abouti, pour la première fois, à la pose d’une « Stolperstein » (littéralement « pierre à trébucher »), jeudi, par le sculpteur Gunter Demnig (notre article), l’inventeur de ce mémorial décentralisé.
Un petit pavé recouvert de laiton où ont été gravés le nom, la date de naissance (1888) d’Alfred Rapp, ainsi que la date et le lieu de son assassinat. 
Scellé dans le trottoir devant le café toujours tenu par son neveu Herbert Rapp, c’est la 64e Stolperstein de Kehl, après les 63 posées en hommage aux victimes juives de la ville. 
Mais sans doute pas la dernière. « Nous avons répertorié 41 victimes d’euthanasie parmi les habitants de Kehl et ses environs », décompte Ute Scherb. 
Auxquels il faut ajouter les 103 enfants assassinés du centre pour petits épileptiques de Kork. 
Et sans doute « une cinquantaine de malades achevés par manque de soins et de nourriture pendant la guerre, victimes d’une zone grise que nous ne pouvons plus élucider », reconnaît-elle.
Lors de la pose de sa « Stolperstein », les lycéens de Kehl ont rendu hommage au soldat Rapp avec un duo de violons et une lecture de textes mêlant les lettres (fictives) de victimes et les discours vrais des médecins, juristes et autres penseurs de l’eugénisme nazi. 
« Longtemps, je n’ai presque rien su de mon grand-oncle », avoue Astrid Wither, la petite-nièce d’Alfred Rapp. 
« Dans la famille, on disait simplement qu’il était schizophrène et avait été gazé par Hitler. Il y avait comme une couverture de silence sur son existence. »

Source Dernieres nouvelles d'Alsace
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