lundi 24 août 2015

Moment d'Histoire au Fort de Queuleu


Un douloureux moment d'Histoire. © François Carretier - France Télévisions


Initialement prévu pour assurer la défense de Metz, le Fort de Queuleu a été utilisé par l'occupant comme transit avant les camps de concentration. Une association le gère maintenant et espère obtenir des crédits pour sa réhabilitation...



4 336 hommes et femmes ont été détenus au Fort de Queuleu. Certains y sont morts, des conditions de détentions, ou torturés.
Détenus là pour avoir aidé un juif, ou refusé l'intégration de force par l'armée allemande, comme ce fût le cas pour Alphonse Barthel, rescapé du camp, sauvé par la Résistance.


Alphonse Barthel, rescapé du Fort. © François Carretier - France Télévisions
Alphonse Barthel


Wikipedia :


Pendant la drôle de guerre, le fort de Queuleu sert de poste de commandement pour les troupes françaises de la ligne Maginot. À la fin de la campagne de France, en juin 1940, il est réinvesti par l’armée allemande. Peu après l'annexion de la Moselle, il est utilisé par les Allemands comme lieu d'internement, ou SS Sonderlager.
Des prisonniers soviétiques, destinés à décharger les trains de marchandises en gare de Metz, et des juifs hongrois, y sont alors détenus. À partir d’octobre 1943, ce camp d’interrogatoire voit passer nombre de réfractaires mosellans et de résistants, notamment les membres du groupe Mario, dirigé par Jean Burger.
Les premiers détenus arrivent le 12 octobre 1943 et des résistants de la vallée de l’Orne y sont internés vers la même date. Le camp, surnommé « l’Enfer de Queuleu », n’est pas un camp de concentration, mais un camp d’interrogatoire, destiné à trier les détenus.
Une fois la période d’interrogatoire terminée, les détenus étaient transférés vers le camp de Schirmeck pour les femmes, et vers le camp de concentration de Natzwiller-Struthof pour les hommes.
Après avoir fonctionné dix mois, le fort est évacué le 17 août 1944 et la plupart des détenus envoyés vers les camps du Struthof, de Schirmeck ou de Ravensbrück.
Début septembre 1944, au début de la bataille de Metz, le commandement allemand l’intègre au dispositif défensif mis en place autour de Metz.
Article détaillé : Bataille de Metz.
Le 2 septembre 1944, Metz est en effet déclarée forteresse du Reich par Hitler. La place forte doit donc être défendue jusqu’à la dernière extrémité par les troupes allemandes, dont les chefs ont tous prêté serment au Führer. L’offensive américaine, lancée le 7 septembre 1944 sur la ligne ouest des forts de Metz tourne court.
Les troupes américaines s’arrêtent finalement sur la Moselle, malgré la prise de deux têtes de pont au sud de Metz. Butant contre des forts mieux défendus qu’elles ne le pensaient, les troupes américaines sont maintenant à bout de souffle. Le général McLain, en accord avec le général Walker, décide de suspendre les attaques, en attendant de nouveaux plans de l’état-major de la 90e division d’infanterie américaine.
Lorsque les hostilités reprennent, après un mois pluvieux, les soldats de la 462e Volks-Grenadier-Division tiennent toujours solidement les forts de Metz, même si les ravitaillements se font plus difficilement à cause des tirs d’artillerie et des bombardements fréquents.
En guise de prélude à l’offensive sur Metz, le 9 novembre 1944, l’Air Force envoie pas moins de 1 299 bombardiers lourds B-17 et B-24 déverser 3 753 tonnes de bombes, de 1 000 à 2 000 livres, sur les ouvrages fortifiés et les points stratégiques situés dans la zone de combat de la IIIe armée américaine.
La plupart des bombardiers ayant largué leurs bombes sans visibilité, à plus de 20 000 pieds, les objectifs militaires ont souvent été manqués.
À Metz, les 689 chargements de bombes destinés à frapper sept forts de Metz, désignés comme des cibles prioritaires, ne font que des dégâts collatéraux, prouvant une fois de plus l’inadéquation des bombardements massifs sur des objectifs militaires. Dans la nuit du 15 au 16 novembre 1944, 400 hommes du Volkssturm, portant des brassards et armés de fusils français, sont placés par des fonctionnaires de police dans les lignes, entre le fort Saint-Privat et le fort de Queuleu.
Ce bataillon du Volkssturm Metz, formé à la Bayern-Kasern de Metz, se composait essentiellement d’anciens fonctionnaires de police et de vétérans de 14-18, âgés de plus de 45 ans et incorporés de force, de réfractaires de l’armée allemande, mais aussi de jeunes de la Hitlerjugend, âgés de moins de 18 ans. Placés sous l’autorité d’un commandant de l’Ordnungspolizei, ils furent principalement affectés à des tâches de maintien de l’ordre et de défense passive.
Le 17 novembre 1944, un détachement du 22e régiment de forteresse, intégré à la 462e Volks-Grenadier-Division, prend position à l’intérieur et autour du fort, attendant avec résignation l'attaque finale du 10e Infantry regiment de la 5e division d’infanterie américaine. La résistance est de courte durée, puisque le 2e bataillon du 10e Infantry regiment prendra le fort de Queuleu cinq jours plus tard, le 21 novembre 1944, après des négociations avec les défenseurs allemands. Le fort Jeanne-d’Arc fut le dernier des forts de Metz à déposer les armes.
La résistance allemande, déterminée, les intempéries et les inondations, inopportunes, ainsi qu’une tendance générale à mésestimer la puissance de feu des fortifications de Metz, ont contribué à ralentir l’offensive américaine, donnant l’occasion à l’armée allemande de se retirer en bon ordre vers la Sarre. L’objectif de l’état-major allemand, qui était de gagner du temps en fixant le plus longtemps possible les troupes américaines en avant de la ligne Siegfried, sera donc largement atteint.


Source France TV Info