lundi 12 août 2013

Les salariés israéliens ont-ils trop de privilèges ?

 

Afin de réduire la congestion du trafic, le gouvernement a investi simultanément 40 millions de shekels pour inciter les travailleurs à prendre les transports en commun et 28,5 millions pour aider les employeurs encourageant leurs employés à ne pas utiliser leurs voitures pour se rendre au travail.


Cette initiative est destinée à contrer le phénomène récurrent en Israël qui consiste pour l’employeur à fournir à ses salariés un véhicule loué à des conditions avantageuses. Toutefois, les entreprises sont de plus en plus réceptives aux initiatives du gouvernement en matière de transport en commun. A une époque où les embouteillages sur les routes ne faiblissent pas, où les coûts en carburant et en entretien sont à la hausse et où l’offre de stationnement ne parvient pas à suivre le rythme d’une demande croissante, les solutions alternatives ont le vent en poupe.
«Nous sommes situés dans une zone densément peuplée, sans suffisamment de places de stationnement», explique Daphna Kleiner, vice-présidente chez Direct Assurance. «La recherche d’une place de parking constitue un gaspillage dans le temps de travail. A partir du moment où vous encouragez des nouvelles recrues à venir travailler en transport en commun, vous vous donnez la possibilité de recruter des candidats de qualité à des endroits plus excentrés."
En Israël, il est fréquent que des employeurs disposant d’un grand nombre de travailleurs sans voitures, à l’image des centres d’appels qui emploient un grand nombre d’étudiants, fournissent à leur frais un minibus pour les déplacements pendulaires. Chez Direct Assurance, ce service concerne déjà un tiers de ses 1300 employés.
“Les premiers utilisateurs ont été ceux ne disposant pas de voiture», explique Kleiner. “Mais rapidement, d’autres employés les ont rejoint, préférant laisser leur voiture à la maison”. Chez Direct Assurance, le prestataire assure des départs à heures fixes reliant les bureaux situés à Petah Tikva à la gare de la ville, ce qui encourage de fait l’utilisation du train pour se rendre au travail. La société a privilégié cette méthode à celle où la navette dépose directement les travailleurs à leur domicile. «Dans ce système, le trajet de la navette peut prendre jusqu’à une heure et demie ». En cas d’heures supplémentaires tard le soir la société pourra de toute façon commander un taxi.
Direct Assurance est un participant relativement récent dans le dans le club des entreprises fournissant des minibus ou des services de navettes. Beaucoup de grandes sociétés en Israël organisent ces transferts depuis quelques années, à l’image de la Banque Hapoalim, d’Orange, de Pelephone, de Microsoft, d’Elbit Systems, de Comverse ou d’Intel .
Récemment, l’association « Transport d’aujourd’hui et de demain », en collaboration avec le Ministère de l’environnement a publié un guide pour les employeurs sur la façon d’encourager les travailleurs à venir travailler en utilisant des transports écologiques. Le guide décrit les différentes options de transport comme le covoiturage, l’installation de douches de bureau pour les cyclistes ou l’octroi de bons de réductions pour les transports en commun. Selon les statistiques, en un an, les entreprises favorisant ces démarches écologiques ont augmenté de plus de 65%.
Les employeurs ne sont pas les seuls à avoir investi dans le business des shuttles. Dans les zones où l’offre de transport en commun est limitée, Israel Railways en coopération avec les autorités locales ou avec les parcs industriels, offre un service de navette reliant la gare locale en coïncidant les transferts avec les horaires des trains.
Par exemple, un service de navette relie la gare de Bnei Brak à la zone industrielle d’Atidim située à Ramat Hahayal, un autre assure une liaison entre la gare d’Herzliya et le campus d’IDC. Ces navettes comptent chacune entre 60 et 300 passagers quotidiens. Des projets similaires vont bientôt voir le jour entre le parc high-tech de Beer Sheva et la gare de la ville et entre le parc industriel de Kiryat Gat et sa station de train.
Une initiative à grande échelle n’a cependant jamais pu se développer. En juillet 2012, plus de 1.000 employés des banques Hapoalim et Discount, travaillant dans les bureaux situés rue Yehuda Halevi, étaient censés être en mesure de rejoindre leurs lieux de travail en prenant le train, puis une navette gratuite. Le projet a été lancé et soutenu pendant deux ans par la ville de Tel-Aviv et a connu jusqu’à 650 utilisateurs. Mais le dispositif a pris fin suite à une série de luttes internes impliquant le ministère des Transports, la compagnie de bus Dan et certains obstacles juridiques.

Source Israel Valley