Le prophète s’adresse ici à Jérusalem, « infortunée, battue par la tempête, et qui ne trouve pas de consolation » (Isaïe 54, 11), et il lui promet qu’elle sera un jour reconstruite avec des pierres précieuses, comme des rubis et des saphirs...
Tous ses enfants seront alors des étudiants de Hachem, et ils jouiront d’une paix éternelle et d’une incomparable grandeur spirituelle. Ses ennemis seront incapables de la conquérir (54, 15 à 17), et les enfants d’Israël n’auront pas à les craindre dès lors qu’ils Lui obéiront.
Leur seule soif sera celle d’étudier la Tora, et il en résultera que leurs ennemis seront hors d’état de les vaincre. Hachem, qui a permis que soient forgées toutes les sortes d’armements, ne permettra pas qu’elles soient employées contre les enfants d’Israël (54, 17). La haftara s’achève avec la promesse qu’à l’époque du Messie aucune nation du monde ne sera en mesure de s'élever contre la nation d’Israël.
« “Et tous tes fils seront disciples de Hachem , et grande sera la paix de tes fils” (Isaïe 54, 13) – Ne lis pas : “tes fils ( banayikh )” mais : “tes constructeurs” ( bonayikh ) » ( Berakhoth 64a).
Le Yalqout Chim‘oni (479) explique, quant à lui, ce verset de la façon suivante :
La Tora , telle qu’elle est enseignée en ce monde-ci, est de nature à être oubliée, car elle a été donnée à Moïse, un être fait de chair et de sang. Et de même qu’un être fait de chair et de sang est destiné à être oublié, de même en est-il de son enseignement, comme il est écrit : « Jetterais-tu tes yeux sur elle ? Déjà elle n’est plus » (Proverbes 23, 5).
Mais un jour viendra où les enfants d’Israël l’apprendront du Saint béni-soit-Il Lui-même, ainsi qu’il est écrit : « Et tous tes fils seront disciples de Hachem », et : « Ils n’enseigneront plus chacun son prochain, et chacun son frère… » (Jérémie 31, 33).De même que Hachem vivra éternellement, de même sera éternel le savoir de ceux qui l’auront acquis de Lui, ainsi qu’il est écrit : « Et la maison de Jacob possédera ses possessions » (Ovadia 1, 17), et le mot « possessions » ne désigne rien d’autre que la Tora , comme il est écrit : « Moïse nous a ordonné la Tora , possession de la communauté de Jacob » ( Devarim 33, 4).
Jacques Kohn
Source Chiourim et Chiourim
