jeudi 5 février 2015

7 kg de légumes pour 10 shekels : lancement de l’opération " 7ème année "

 
À l’occasion de la Shmita (tous les 7 ans), une association de consommateurs relève un nouveau défi : vendre des fruits et légumes à prix coûtant. L’année juive en cours 5775 (qui a démarré en septembre 2014) est une année de Shmita : selon les préceptes bibliques, les agriculteurs juifs doivent observer une année de jachère tous les sept ans...


Comme les hommes doivent le faire le septième jour de la semaine, la terre doit se reposer tous les sept ans, ainsi que Dieu l’ordonne à Moïse : « Mais la septième année sera un shabbat, un temps de repos pour la terre, un shabbat en l’honneur de l’Éternel : tu n’ensemenceras point ton champ, et tu ne tailleras point ta vigne ».

100 MILLIONS DE SHEKELS PAR AN

À l’occasion de cette année de Shmita, un nouveau projet vient d’être lancé en Israël par une association de consommateurs. Le concept sur lequel l’opération est basée est celui de la Shmita : les produits de la terre appartiennent à tous, et personne n’en tirera un profit.

L’association a pris symboliquement le nom de Chenat-Sheva ou Year-7, autrement dit la « Septième année ».
Il est vrai qu’en Israël, l’année de Shmita se traduit par un coût pour le budget de l’État : le Trésor consacre 100 millions de shekels (20 millions d’euros) pour indemniser les agriculteurs juifs qui ne cultivent pas leur terre l’année de Shmita. C’est donc pour compenser partiellement les agriculteurs que l’association Chenat-Sheva propose de vendre des légumes à prix coûtant.

PATATES ET CAROTTES

Ces jours-ci, l’association vend au public un sac de 7 kg de légumes au prix de 10 shekels (2,20 euros). Pour l’heure, le sac contient trois légumes différents : des pommes de terre, des patates douces et des carottes. À l’approche de Pessah, l’association prévoit de vendre aussi des fruits de saison au prix de 15 shekels.
L’association à but non lucratif Chenat-Sheva a été créée par Ary Bergman, un économiste israélien qui habite à New-York. Il s’est associé à Dan Ariely, professeur de psychologie et d’économie comportementale israélo-américain. Ensemble, ils ont décidé de financer ce projet. Leur objectif : prouver que si l’État utilisait à bon escient les indemnisations versées aux agriculteurs, il serait possible d’abaisser les prix des fruits et légumes jusqu’à leur seul coût de production.
Le directeur local de l’association, Nathan Amir, est convaincu que « une bonne gestion du budget permettrait à tout le monde de gagner, l’agriculteur comme le consommateur au supermarché ». Les Israéliens sont déjà nombreux à profiter de ces ventes à des prix bradés ; le site de l’association (
www.year7.org) publie régulièrement les points de vente dans lesquels les camions vendent leurs marchandises.
 
Jacques Bendelac (Jérusalem)
Source Israel Valley