mercredi 22 janvier 2020

Découvrez l'histoire de Haim Messas, un rabbin au chevet des pauvres de Meknès


Maroc: Découvrez l'histoire de Haim Messas, un rabbin enseignant et écrivain ayant vécu à Meknès à la fin du XIXe siècle........Portrait........


Rabbi Haïm Messas, issue d’une famille de grands sages, est né à Meknès en 1843 (Elloul 5603). 
«Dès sa jeunesse brûlait en lui une crainte du Ciel pure. Il se conduisait saintement, et ses prières étaient écoutées», le décrit la plateforme Hevrat Pinto qui lui consacre un portrait.
Enseignant de la Torah et homme dédié à sa communauté, il avait de nombreux disciples, dont Rabbi Raphaël Baroukh Toledano, son fils Rabbi Yossef Messas et de nombreux autres, qui furent dayanim et enseignèrent la Torah au Maroc et ailleurs.
Moins connu que d’autres tasdiks, la communauté juif lui doit notamment son livre «Nichmat ‘Haïm» sur la Torah et l’ensemble de la Bible, ainsi que d’importantes études halakhiques (interprétation juridique de la bible qui fonde une règle de conduite pratique). 
Cet ouvrage a été d’ailleurs imprimé par son fils Rabbi Yossef en 1949, et réédité par l’institut Benei Issakhar, grâce à son fils Rav Eliahou, poursuit-on de même source.

Un saint engagé pour sa communauté

De plus, dans «Saint Veneration Among the Jews in Morocco» (Wayne State University Press, 1998), Issachar Ben-Ami lui attribue «quelques pratiques», comme l’interdiction de voyager le jour du sabbat, de manger sans bénédiction, de manquer de pudeur ou de chasteté ou d’utiliser excessivement les bougies.
La communauté juive de Meknès lui doit aussi de l’avoir «sauvé» d’une attaque d’une tribu sur la ville ismaélienne, le 3 avril 1903. 
Ainsi, à en croire le récit de Rabbi Raphaël Baroukh Toledano, Haïm Messas aurait sauvé les membres de sa communauté, en multipliant les prières lors de ces attaques.
«Ce matin-là tout le monde s’est rassemblé dans les rues de la ville, les vieux et les jeunes. 
Je me suis trouvé là aussi, en ces terribles circonstances. 
Notre saint maître se trouvait dans cette foule, il est tombé par terre, sa longue barbe blanche et pure comme la neige traînait dans la poussière, et il poussait de grands cris d’appel au repentir pour réveiller les cœurs de sa voix enflammée», écrit-il. 
Et d’ajouter : «nous savions bien que c’était le mérite de notre saint maître qui nous avait protégés».
Seulement, quelques jours plus tard, Rabbi Haïm Messas tombe malade. «Il resta alité jusqu’à ce qu’il rende son âme le 8 Tamouz 5564 (1904)». «Il avait expié pour la génération», explique son disciple.

Le saint de Meknès à la tombe vandalisée

Son fils et disciple, Yossef Messas raconte comment son père était intervenu pour éviter qu’un voleur soit puni, car ce dernier n’avait pas de quoi manger, ou encore comment Rabbi Haïm Messas avait une sensibilité à l'égard des étudiants pauvres. 
«Une fois, vers Pessa’h, qui est le moment de location des maisons à Meknès, se présenta à mon père un homme qui exigeait d’un talmid ‘hakham pauvre de lui payer le loyer de l’année écoulée et de libérer la maison», raconte son fils Yossef.
«Mon père eut beaucoup de mal à lui faire accepter un compromis : il paierait le loyer de l’année écoulée et resterait dans la maison pour une année supplémentaire ; alors, le talmid ‘hakham en question dit qu’il n’avait pas de quoi payer, et le propriétaire lui demanda un gage. 
Mon père, [voyant l’étendue de la pauvreté du jeune] sortit immédiatement des bracelets d’argent de ma mère, les donna en gage pour le talmid ‘hakham et renvoya les contestants en paix», ajoute-t-il.
Haïm Messas est décédé à Meknès en 1904 et a été inhumé dans le cimetière de la ville ismaélienne. 
Sa tombe a d’ailleurs été vandalisée, des années plus tard. De quoi donner naissance à une série de légendes autour d’elle. Dans «Folktales of the Canadian Sephardim» (Editions Fitzhenry & Whiteside, 1982), André E. Elbaz raconte qu’une nuit, «certains ont décidé d'aller voler les bougies que les fidèles allumaient régulièrement au pied du tombeau de Rabbin Haim Messas». 
«Mais à peine avaient-ils mis les premières bougies dans leurs poches qu'ils étaient frappés de paralysie. Ils ne pouvaient plus bouger leurs mains ou leurs jambes», écrit-il.




Source Yabiladi
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