mercredi 14 octobre 2015

Vague d'attentats en Israël : l'économie est frappée de plein fouet

 
La dégradation de la situation sécuritaire est une mauvaise nouvelle pour l’économie d’Israël, comme pour celle des territoires palestiniens. Le scénario d’une nouvelle escalade de violence est connu ; le spectre des Intifadas de 1987 et de 2000 est présent dans toutes les mémoires. La situation d’urgence n’est donc pas seulement sécuritaire, mais elle concerne aussi les activités économiques...


Avec une différence de taille entre les deux économies voisines : pour l’économie israélienne, la violence va précipiter la récession ; pour l’économie palestinienne, la violence va donner un coup qui risque de lui être fatal.

ÉCONOMIE ISRAÉLIENNE : RISQUE DE RÉCESSION

Les premiers signes de ralentissement de l’économie israélienne se font déjà ressentir. De nombreux commerces enregistrent une chute de leur chiffre d’affaires, alors que les professionnels du tourisme indiquent une hausse des annulations, davantage de la part des Israéliens que des visiteurs étrangers.
Le risque croissant d’attentats dans les rues du pays porte atteinte à l’état d’esprit des Israéliens : ceux-ci n’ont plus le goût à sortir de chez eux ; et quand ils sortent, ils se limitent aux achats indispensables. Les secteurs les plus touchés sont donc les services et commerces, comme les activités de détente, restauration et agroalimentaire.
À la bourse de Tel Aviv aussi, après quelques jours d’attentisme, les investisseurs ont commencé à réagir. Hier mardi, la place financière telavivienne a enregistré ses premières pertes. En quelques heures, tous les indices ont plongé dans le rouge : l’indice TA-100 a perdu 1% alors que l’indice des valeurs bancaires a perdu 2,4%.

ÉCONOMIE PALESTINIENNE : UN COUP FATAL

Si l’économie israélienne est suffisamment solide pour supporter un choc extérieur, il en va différemment de l’économie palestinienne. L’escalade de la violence va anéantir les espoirs d’une vie quotidienne meilleure pour de nombreux Palestiniens. Fragilisée par une forte dépendante extérieure, l’économie palestinienne va vite tourner la page d’une éphémère prospérité, pour sombrer dans une grave crise financière.
La dépendance vis-à-vis d’Israël reste la principale faiblesse de l’économie de la Cisjordanie: 100.000 ouvriers palestiniens viennent travailler quotidiennement en Israël, de nombreuses industries cisjordaniennes travaillent en sous-traitance pour des entreprises israéliennes, alors que le secteur du commerce est largement dépendant des consommateurs israéliens.
Autrement dit, toute rupture brutale entre les deux économies porterait un coup fatal à l’économie palestinienne : une séparation unilatérale se traduirait immédiatement par une plongée du niveau de vie de la population locale qui est déjà largement dépendante de l’aide étrangère.

Jacques Bendelac (Jérusalem)

Source Israel Valley