jeudi 18 février 2016

Tournai : un rescapé d'Auschwitz témoigne devant des jeunes




Témoigner pour ne pas oublier : c'est la mission que s'est donné Alberto Israël. A 88 ans, ce rescapé d’Auschwitz-Birkenau donne de son temps pour livrer son témoignage sur les camps de concentration. Hier, il était à Tournai devant centaines de jeunes, des élèves issues de différentes écoles de la région (l'ISEP de Herseaux, l'Institut Saint-Charles de Luigne, Saint-Charles à Dottignies et l'Athénée provinciale de Leuze-en-Hainaut)...



Après le témoignage, les élèves étaient assez secoués. "On ne se rend pas toujours compte de ce qu’il s’est passé, explique un jeune élève de 17 ans. On voit bien les films ou les documentaires à la télévision, mais quelqu’un qui vient nous raconter ce qu’il a vécu personnellement, c’est beaucoup plus émouvant".
Mais ce qui a marqué le plus les élèves, c’est la force que dégage Alberto Israël aujourd’hui : "De voir qu’il a le sourire encore aujourd’hui, c’est vrai que c’est poignant, remarque un autre jeune garçon. Il arrive à rigoler de certaines choses, c’est vraiment fort !"
Une autre élève ajoute : "Ce qui m’a touché particulièrement, c’est sa reconstruction. Il a été fort et s’est battu jusqu’au bout, et aujourd’hui, c’est un homme exceptionnel selon moi".
Mais Alberto Israël ne se considère pas comme un être exceptionnel. Il se dit simplement chanceux d’avoir eu la vie sauve. "Ceux qui ont survécu ne sont pas les plus intelligents ou les plus forts, nous sommes simplement les plus chanceux, précise-t-il aux élèves. Car dans le camp, nous pouvions être tués à n’importe quel moment, pour un oui ou pour un non".
L’octogénaire a mis du temps avant d’avoir la force de parler de cette sombre page de son histoire. Mais aujourd’hui, il estime qu’il est essentiel de raconter ce qu’il a vécu, et spécialement aux plus jeunes. "Mon devoir est de les prévenir, les informer, martèle Alberto Israël. Ça m’intéresse qu’ils se sentent protégés, l’être humain doit être protégé".
Le rescapé sait qu’il est au crépuscule de sa vie, c’est pourquoi il met un point d’honneur à passer le relais de son témoignage : "Aujourd’hui, ces jeunes deviennent témoins eux-mêmes. Dans 20 ou 30 ans, je ne serai plus là. A ce moment-là, ils devront informer les gens pour éviter qu’une catastrophe pareille ne recommence".
Après un peu moins de deux heures de témoignage, un petit groupe d’élèves vient serrer la main d’Alberto Israël, et lui dire quelques mots. "En fait, on ne sait pas vraiment quoi dire, raconte l’un d’entre eux. On est un peu sous l’émotion, c’est impressionnant".


Source RTBF