jeudi 25 février 2016

Revenus: le paiement de la Prime pour l’Emploi en Israël sera étendu



Le gouvernement israélien veut élargir le nombre de bénéficiaires de la prime pour l’emploi. Objectif : réduire les inégalités de revenus en 2016. En Israël, les lois portent souvent des noms « à coucher dehors ». C’est le cas de la proposition de loi gouvernementale adoptée par le dernier Conseil des Ministres et qui porte l’intitulé : « Loi pour l’augmentation du taux de participation à la population active et pour la réduction des écarts sociaux »...



En termes plus simples, l’objet de la loi concerne l’extension du paiement de la Prime pour l’Emploi ou, en hébreu, “Maanak Avoda”.


MODÈLE FRANÇAIS


Instituée en Israël en 2008, la prime pour l’emploi s’est largement appuyée sur le modèle français. L’objectif de cette prime, versée par le fisc israélien, est louable : il s’agit d’encourager les salariés israéliens à accepter un emploi à bas salaire, tout en bénéficiant d’une prime de l’Etat pour compléter leurs revenus du travail.
D’abord lancée localement à titre expérimental, la prime fut élargie à l’ensemble du pays en 2012, année où elle bénéficiera à 181.000 salariés. En 2014, le nombre des bénéficiaires atteindra 255.000 salariés.


MONOPARENTS, HANDICAPÉS ET INDÉPENDANTS


Dorénavant, le gouvernement israélien voudrait modifier certaines conditions d’attribution de la prime pour élargir le nombre de ses bénéficiaires. Le projet de loi propose notamment d’alléger les conditions de revenus pour les familles monoparentales et pour les salariés handicapés.
De même, le gouvernement voudrait améliorer le sort des travailleurs indépendants ; le projet de loi prévoit de fixer pour les indépendants les mêmes conditions d’attribution de la prime que pour les salariés.
Au total, le projet de loi gouvernemental indique que 55.000 nouveaux bénéficiaires devraient recevoir la prime l’an prochain, soit un total de 310.000 bénéficiaires.


PRIME INSUFFISANTE


Les amendements proposés coûteront, en 2016, 130 millions de shekels supplémentaires aux caisses de l’État. Ce surcoût s’ajoutera aux 950 millions de shekels versés par le Trésor public l’an dernier au titre de la prime pour l’emploi.
Certes, la décision du gouvernement israélien de réduire les écarts sociaux, en donnant un « coup de pouce » aux bas salaires, est de nature à réduire le phénomène des « travailleurs pauvres » qui s’étend en Israël.
Or, la principale critique apportée par les économistes israéliens concerne le montant de la prime : en 2014, la prime moyenne s’est établie à 3.422 shekels par an et par bénéficiaire (800 euros) ; ce qui reste insuffisant pour tirer de la pauvreté les salariés à bas salaire ou à temps partiel.


Jacques Bendelac (Jérusalem)


Source Israel Valley