jeudi 18 février 2016

Entreprises publiques israéliennes : la cooptation revient en force



Le directeur de l’Autorité des Sociétés publiques refuse le système de cooptation des membres des directoires par les politiciens : il sera évincé. Ouri Yoguev, le patron de “The Government Companies Authority”, la puissante autorité qui gère les entreprises publiques pour le compte de l’État, est en sursis...



Le dernier conseil des Ministres a voté une procédure allégée pour faciliter l’éviction des hauts fonctionnaires. Cette modification a été instituée spécialement à l’encontre d’Ouri Yoguev qui, en deux ans de fonction, avait réussi à exaspérer plus d’un ministre et député.


NOMINATIONS POLITIQUES


De quel crime s’est donc rendu coupable le directeur de l’Autorité des Sociétés publiques ? Nommé en septembre 2013 par l’ex-ministre des Finances Yaïr Lapid, il avait décidé de mettre un peu d’ordre dans les nominations des représentants publics qui siègent aux directoires des sociétés d’État ; il proposait simplement nommer des personnalités qualifiées, qui ont fait preuve de leurs capacités à gérer de grandes entreprises.
Jusqu’à présent, les membres des conseils d’administration étaient nommés par les ministres et députés qui voulaient ainsi récompenser un militant politique de sa fidélité ; un siège dans le conseil d’administration d’une société publique est une position enviable et qui confère un réel pouvoir d’influence aux partis politiques.
Ouri Yoguev voulait donc mettre fin à cette pratique des “nominations politiques”. Mal lui en a pris. Les “jobs” (comme on les appelle ici) assurent à 500 directeurs un emploi de confiance dans les sociétés publiques d’Israël ; les politiciens ne sont pas encore prêts à renoncer à ce privilège, même si le système de cooptation frise la corruption politique.


90 SOCIÉTÉS PUBLIQUES ET 60 000 SALARIÉS


Ouri Yoguev passera à la trappe pour ne pas avoir obtempéré à son ministre de tutelle, Moshe Kahlon, le ministre des Finances.
Ces derniers mois pourtant, Yoguev avait pris la peine de dresser une liste de 500 personnalités du monde de l’économie, de la gestion et de la finance, qui lui semblaient qualifiées pour remplir la fonction de membres du conseil d’administration d’une société publique. Les épais classeurs, contenant les 500 curriculum vitae, ont même été distribués aux ministres ; ils finiront sans doute dans une poubelle.
En Israël de 2016, l’État est à la tête de 90 sociétés publiques qui emploient 60.000 salariés et réalisent un chiffre d’affaires annuel consolidé de 70 milliards de shekels (16 milliards d’euros).
Parmi les entreprises publiques les plus connues : la compagnie d’Électricité, les Industries Militaires, les Industries Aéronautiques, Rafael, la société des Chemins de fer, la compagnie des Eaux Mekoroth, les ports, la Poste, etc.


Jacques Bendelac (Jérusalem)


Source Israel Valley