mardi 22 avril 2014

Dissoudre l'Autorité palestinienne serait " grave "

 
La porte-parole du département d'État américain, Jen Psaki, a averti lundi le leader palestinien Mahmoud Abbas que dissoudre l'Autorité palestinienne aurait des "conséquences graves" sur les relations entre les Etats-Unis et les Palestiniens, rapporte le quotidien Haaretz. "Un grand effort a été fait au cours des dernières années pour bâtir des institutions palestiniennes, y compris avec l'aide financière des États-Unis", a déclaré Psaki. "La dissolution de l'Autorité palestinienne n'est pas dans l'intérêt des Palestiniens ... et aura des répercussions sur notre relation et notre aide", a-t-elle ajouté, citée par Haaretz...



Le président Abbas a affirmé dimanche qu'il envisage de dissoudre l'Autorité palestinienne et d'annuler les accords d'Oslo, des décisions qui engendraient la fin de la solution à deux Etats et qui rendraient Israël vulnérable à des procédures légales internationales sur ses politiques de développement des implantations.
"Les implantations mettent en danger le processus de paix, et la nouvelle génération considère de moins en moins possible la solution à deux Etats, et voit difficilement comment la solution d’un Etat unique peut être évitée", a déclaré le président de l'Autorité palestinienne, cité par le site d’information Ynet.
Il a en outre ajouté que le gouvernement de Ramallah est un "gouvernement occupé", dépourvu de réelle autorité et de pouvoir.
Selon des sources palestiniennes citées par le quotidien Yediot Ahronot, l'idée gagne du terrain parmi les hauts responsables de Ramallah.
Au cours d’une cérémonie traditionnelle de clôture de la Pâque, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a commenté l’annonce de Mahmoud Abbas, lundi soir : "Nous voyons l'Autorité palestinienne, qui parlait hier de dissolution, et aujourd’hui de discuter avec le Hamas de l'unité. Ils doivent décider s'ils veulent dissoudre ou retrouver une unité, et quand ils veulent la paix, ils devraient nous le faire savoir parce que nous voulons une paix véritable", a-t’il déclaré au cours de la réception.
"Et pendant notre congé aujourd'hui, nos ennemis ont tiré des missiles sur notre pays. Notre politique est claire : réagir rapidement et fermement en frappant celui qui vient nous attaquer" a-t-il ajouté, faisant référence aux tirs de roquettes lancées depuis Gaza lundi, auxquelles Tsahal a riposté par une frappe aérienne.

7 conditions palestiniennes

Par ailleurs, le site d’information Times of Israel a rapporté lundi que de hauts responsables de l'Autorité palestinienne ont présenté à l'émissaire américain au Moyen-Orient Martin Indyk sept conditions pour prolonger les négociations de paix avec Israël, à un peu plus d’une semaine de la date d’échéance prévue le 29 avril.
Israël n'a pas encore répondu aux conditions, qui sont similaires à celles antérieurement présentées lorsque les négociations ont été confrontées à une crise majeure au début du mois.
Des rapports ont toutefois fait état lundi d'une rencontre tripartite entre l'envoyé spécial américain Martin Indyk et les équipes de négociations palestiniennes et israéliennes serait prévue mardi.
Les conditions palestiniennes mettent l'accent sur ​​la définition des frontières d'un futur Etat palestinien au cours des prochains mois des négociations, sur l'arrêt de la construction dans les implantations et sur la libération du quatrième contingent de prisonniers, qui s'est heurté à une forte opposition de la part de certains membres du parlement israélien en raison de l'inclusion de 14 terroristes arabes israéliens dans la liste des libérations.
Le report ou l’éventuelle annulation de la libération des prisonniers par Israël, suivi par la demande du président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas à 15 agences des Nations Unies et conventions internationales, a conduit à une impasse dans les pourparlers qui se poursuit jusqu’à ce jour.

Négociations Hamas/OLP

Un haut responsable du Hamas basé au Caire, Moussa Abou Marzouk, est arrivé lundi à Gaza pour préparer une rencontre entre des représentants de son mouvement et de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) pour faire avancer la réconciliation.
Les tensions entre le Hamas et le Fatah --membre de l'OLP-- ont atteint un pic en 2007, lorsque les affrontements entre les deux groupes ont mené à la prise de Gaza par le Hamas, divisant de fait le territoire palestinien en deux.
Le Fatah et le Hamas gouvernent depuis respectivement les zones de Cisjordanie et la bande de Gaza. Ils ont signé en 2011 au Caire un accord de réconciliation pour mettre fin à la division politique entre les deux territoires, mais la plupart des clauses en sont restées lettre morte et les échéances constamment repoussées.
Des centaines de membres du Fatah au sein des services de sécurité ont fui Gaza vers l'Egypte, en particulier après les affrontements de juin 2007 au cours desquels ils avaient été défaits par les combattants du mouvement islamiste.
M. Abou Marzouk, responsable des affaires externes au sein du bureau politique du Hamas, a franchi le poste-frontière de Rafah pour entrer dans l'enclave contrôlée par son mouvement, a constaté un journaliste de l'AFP.
Il s'est immédiatement entretenu avec le Premier ministre du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, selon le bureau du responsable.
Selon un responsable de l'OLP, dominée par le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, une délégation de l'OLP doit se rendre mardi de Cisjordanie à Gaza pour des discussions avec le Hamas.
La délégation de l'OLP sera composée du député indépendant Moustafa Barghouti, de Azzam al-Ahmad (Fatah), de Bassam Salhi (Parti du peuple palestinien), de l'homme d'affaires Mounib al-Masri et de Jamil Chéhadé (Front palestinien arabe), a déclaré M. Barghouti à l'AFP.
Il a ajouté que la délégation discuterait avec le Hamas de la mise en place d'un gouvernement de consensus national et de la tenue d'élections palestiniennes, notamment.
Dans le même temps, le ministère de l'Intérieur du Hamas à Gaza a annoncé, dans un geste de bonne volonté pour soutenir les efforts de réconciliation nationale, la libération lundi de 10 membres du Fatah détenus pour troubles à l'ordre public.
Alors que l'Autorité palestinienne en Cisjordanie est engagée dans des pourparlers de paix moribonds avec Israël, le Hamas a subi un revers avec la destitution en juillet du président islamiste Mohamed Morsi en Egypte.

Une éventuelle réconciliation pourrait créer un front politique unifié pour les Palestiniens et ainsi modifier sensiblement l'équilibre diplomatique.
Source I24News