Ainsi a lucidement relevé le quotidien israélien The Jerusalem Post, en commentaire de l’auto-reconduite au pouvoir, du président Abdelaziz Bouteflika, à l’issue d’un scrutin qui aura fait première mondiale, où un homme gravement malade qui n’a pas fait le moindre speech électoral, remporte à plus de 80% de suffrage les ‘élections’...
Dans un article intitulé ‘‘What does Algeria’s election mean for Israel ? ’’ ( traduction : Qu'est-ce que signifie les élections algériennes pour Israël ? ), le JPost a indiqué que l'Algérie, où Bouteflika a été ‘‘réélu’’ pour "un quatrième mandat lors d'un vote marqué d’irrégularités", pourrait devenir un facteur de préoccupation de plus en plus important pour Israël.
Une Algérie criblée de corruption
‘‘Bouteflika, gravement malade, va régner sur un pays criblé de corruption et en proie à la stagnation et à l'agitation sociale’’, observe The Jerusalem Post, soulignant que ‘‘l'Algérie en 2014 rappelle l'Egypte peu avant le renversement de Hosni Moubarak en 2011’’.
Rappelant que l'Algérie n'a pas figuré dans les premières priorités de sécurité nationale d'Israël, "The Jerusalem Post" fait état de "signes troublants", qui montrent que ce pays d'Afrique du nord va commencer à préoccuper les responsables israéliens.
Tout en mettant en avant, dans ce contexte, le coup dur essuyé par l'establishment sécuritaire algérien suite à l'attaque d'In Amenas, le journal critique la politique du Président Bouteflika qui a, selon la publication, "utilisé le système de lutte contre le terrorisme de son pays pour affaiblir les partis d'opposition et étouffer tout espoir d'un semblant de démocratie".
Une Algérie vivier de terrorisme
Le journal souligne que les risques avérés de déstabilisation en Algérie demeurent la plus grande source de préoccupation.
"Les risques d'une Algérie déstabilisée ne peuvent être surestimés", indique Caitlin Poling, directeur des relations gouvernementales au sein du think tank "the Foreign Policy Initiative", cité par le JPost.
‘‘L'Algérie partage de longues frontières avec la Libye et le Mali, deux pays secoués par des rébellions jihadistes’’, observe Poling, soulignant que la chute du régime en Algérie pourrait conduire à une expansion outre-mesure des territoires échappant à tout contrôle où les groupes terroristes pourraient trouver refuge, accentuant ainsi les menace pour la sécurité internationale".
Tout cela contribue à expliquer que l'effondrement du régime algérien, ou des sections de ce pays, pourrait donner naissance à un nouveau pipeline d'armes dans une zone de grand intérêt pour Israël, indique "le Jerusalem Post".
Un régime en pré-disparition
La situation qui a prévalu en Libye après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, qui a conduit à une prolifération des armes dans la cour arrière d'Israël, pourrait se reproduire en Algérie, ajoute le journal, rappelant que la bande de Gaza et le nord du Sinaï sont inondés avec des armes libyennes.
Notant que depuis 1990, l'Algérie a été un volcan prêt à exploser, le journal estime que les révoltes en Libye et en Tunisie ont probablement rapproché cette échéance.
Le choc né de l'effondrement du régime algérien serait d'envergure sur les marchés pétroliers et sur le rôle des Etats-Unis dans la région, prédit le journal, avant de s'interroger si Israël est préparé pour la disparition du régime algérien actuel.
Source Le Mag
