jeudi 18 février 2016

Bizarre ! Le CNC n'a pas d'argent pour le "Festival du Cinéma Israélien



Le Centre National du Cinéma et de l’image animée (CNC) a décidé de ne plus « accompagner financièrement » le festival du cinéma israélien justifiant cette décision par les « fortes contraintes budgétaires » de l’organisation...



Le CNC est rattaché au ministère de la Culture et de la Communication et s’occupe de financer l’audiovisuel et le cinéma en France. Cela faisait maintenant 15 ans que le CNC soutenait financièrement le festival à hauteur de plusieurs milliers d’euros.
Cette décision a été prise a priori bien avant que le Festival du cinéma israélien ait présenté le programme de ses festivités 2016 et ait fait parvenir sa volonté de moderniser le festival. 
Le rideau s’est levé sur le 15ème Festival du film israélien à Paris lundi 13 avril. Ce rendez-vous très attendu des cinéphiles mais aussi d’un plus large public de spectateurs est l’occasion de découvrir les dernières créations en provenance d’Israël.
Pendant 8 jours, le public français peut assister à des dizaines de projections, de la série au documentaire en passant par les fictions, tous genres confondus. Régulièrement récompensé, le cinéma israélien jouit depuis plusieurs années d’une excellente réputation dans le monde et a séduit le grand public grâce à Hatufim, série ayant inspiré Homeland, les films, souvent primés, de Shlomi et Ronit Elkabetz ou encore le documentaire The Gatekeepers, nominé aux Oscars. L‘actrice Elsa Zylberstein, prochainement à l’affiche aux côtés de Jean Dujardin dans Un plus une de Claude Lelouch est la marraine de cette 15ème édition.


A la recherche de pépites

 
Pour sélectionner les films diffusés lors de cet évènement, son créateur, Charles Zrihen, se rend régulièrement en Israël et écume les festivals notamment à Jérusalem et Haïfa. Afin d’être retenus, les films doivent être suffisamment récents, de qualité et connaître déjà un certain succès en Israël. Charles Zrihen entretient de solides relations avec producteurs et distributeurs israéliens. C’est ainsi qu’il a déniché l’une des perles de cette semaine cinématographique, le film Zero Motivation, de Talya Lavie. Ce film douze fois nominés aux Ophirs (les Oscars israéliens) raconte l’histoire d’une unité de jeunes femmes soldats isolées dans le désert.
Refusant d’être l’étendard d’un quelconque message politique, ce festival est avant tout le rendez-vous de la culture cinématographique israélienne. Il s’agit de mettre en lumière les différentes facettes de la société israélienne avec notamment Shtissel, une série – bientôt en DVD – racontant l’histoire d’une famille de Juifs orthodoxes à Jérusalem. Pendant des années, ce qu’on appelle l’Israël-bashing était en vogue.
En effet, les films qui plaisaient en France étaient souvent ceux qui se montraient très critiques à l’égard de l’Etat hébreu.
Ainsi, la question des territoires tendait à devenir le marronnier du cinéma israélien.
Depuis quelques années, le public découvre la véritable force de création en Israël et les talents que regorge le pays. Les organisateurs ont d’ailleurs décidé de surprendre les spectateurs en ouvrant cette nouvelle édition avec la comédie Fin de partie traitant de l’euthanasie. 
 Moins que la radicalité, c’est l’audace des auteurs israéliens qui plait désormais. Si les questions relatives au coût de la vie ont été au centre des dernières élections législatives, cette réalité israélienne se retrouve dans le cinéma présenté lors de ce festival puisque on y découvre une jeunesse confrontée à la crise du logement et aux difficultés à trouver un emploi , notamment avec les films Manpower et Vallée.


Source Israel Valley