Ni l'actuelle vague de violence en Israël ni l'accord sur le nucléaire iranien ont été au centre des projecteurs lors de la première journée de la visite du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à Berlin...
Sa déclaration concernant le rôle de l'ancien mufti de Jérusalem dans l'élaboration de la solution finale a assombri mercredi sa conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel, qui a insisté une fois de plus pour faire porter la responsabilité de la Shoah uniquement à l'Allemagne.
Netanyahou a édulcoré ses remarques mais est quand même revenu sur le passé pro-nazi de Haj Amin al-Husseini.
Il a soutenu que bien que Hitler soit responsable de la Shoah, le dignitaire musulman a exhorté les dirigeants nazis à mettre en œuvre la solution finale et à empêcher les Juifs de fuir l'Europe.
Il a affirmé que le mufti avait été complice de Himmler et d'Eichmann, rappelant les éléments de preuve trouvés lors de la procédure de Nuremberg et du procès Eichmann. Il avait déclaré la veille dans un discours au Congrès sioniste mondial à Jérusalem que l'anéantissement du peuple juif était l'idée de al-Husseini, alors que Hitler voulait initialement seulement l'expulser d'Europe.
Niant que ses paroles soient le reflet de l'incitation dont il accuse le président de l'Autorité palestinienne, M. Netanyahou a souligné que "la vraie question devrait être posée à Abbas.
Pourquoi des membres de l'Autorité palestinienne et lui font l'éloge du mufti et en font un symbole palestinien? C'était un criminel de guerre recherché qui a collaboré avec les nazis. Il est malgré tout vénéré dans les manuels scolaires palestiniens. Cela se reflète maintenant dans l'incitation et les mensonges contre Israël".
"La simple vérité est qu'ils veulent tuer des Juifs et détruire l'Etat d'Israël", a accusé Netanyahou au début de la conférence de presse, en faisant référence aux récentes attaques. "Les Palestiniens refusent de dénoncer la terreur et c'est pire depuis que le président Abbas s'est joint à l'incitation et affirme sur des pages (Facebook) officielles qu'Israël viole le statu quo au Mont du Temple, ce qui est faux."
Il a ajouté que "la communauté internationale doit exiger d'Abbas qu'il cesse les incitations, qu'il cesse de répandre les mensonges sur l'Etat juif".
En réponse à la controverse au sujet du mufti, qui a augmenté de manière significative l'intérêt des médias allemands quant à la réunion autrement prévisible, Merkel a réitéré les remarques prononcées plus tôt par son porte-parole, en disant que "nous sommes très clairs au sujet de notre responsabilité de la Shoah.
Ce message doit être transmis aux générations futures et nous ne voyons aucune raison de changer notre point de vue sur l'histoire".
Evoquant la situation sécuritaire en Israël, la chancelière allemande a reconnu l'obligation d'Israël de protéger ses citoyens, mais a ajouté qu'elle serait heureuse de voir "les deux côtés contribuer à la désescalade." Elle a réaffirmé son soutien à la solution à deux Etats et a suggéré que d'offrir aux jeunes Palestiniens des perspectives d'avenir et des opportunités pourraient les encourager à ne pas participer à la violence.
Mme Merkel a conclu en félicitant Netanyahou pour son 66e anniversaire aujourd'hui.
Peu de temps avant l'arrivée de M. Netanyahou à la rencontre, plusieurs dizaines de militants pro-palestiniens ont manifesté devant le bâtiment de la chancellerie. Accusant le Premier ministre israélien de crimes de guerre à l'égard des Palestiniens, ils ont brandi des drapeaux palestiniens et scandé "vous n'êtes pas le bienvenu ici."
La conférence de presse a eu lieu après une longue réunion d'une quarantaine de minutes entre les deux dirigeants, qui avaient prévu de poursuivre leurs discussions au cours du dîner.
Le Premier ministre doit rencontrer jeudi le secrétaire d'Etat américain John Kerry, la responsable de la politique étrangère de l'Union européenne Federica Mogherini et le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier avant de retourner en Israël.
Source I24News
