La conseillère à la sécurité du président américain Barack Obama a affirmé vendredi que les investissements américains dans la défense israélienne montrent l'engagement de son pays envers la sécurité de l'État hébreu...
«Chaque dollar américain consacré à la sécurité d'Israël est un investissement dans la protection des nombreux intérêts que nos nations partagent. Que ce soit pour prévenir les roquettes lancées pour terroriser le peuple israélien, pour assurer sa défense contre la menace de plus en plus grande des missiles balistiques dans la région, ou pour réaliser notre engagement à défendre la liberté et la démocratie", a dit la conseillère Susan Rice.
Elle a également annoncé qu'Israël et les Etats-Unis avaient récemment signé un accord pour accroître les investissements américains dans le système de défense anti-missile israélien Dôme de fer.
Le nouvel accord "totalisera un investissement dans Dôme de fer, qui a sauvé un nombre incalculable de vies israéliennes, à près de 900 millions de dollars, en signe de notre engagement continu à la sécurité d'Israël", a-t-elle poursuivi.
Rice est dans la région afin de rencontrer les dirigeants israéliens et palestiniens. Sa visite intervient peu de temps après la dernière série de pourparlers de paix parrainés par les États-Unis qui se sont soldés par un échec.
A Jérusalem jeudi, Rice s'est également entretenu sur la question iranienne et a tenu à rassurer Israël.
Crise budgétaire
L'annonce américaine survient alors que l'armée israélienne se dit en crise budgétaire.
Dans ce contexte, Israël fait actuellement pression sur les États-Unis pour conclure un accord étendant l'aide américaine au-delà de 2017, date à laquelle les trois milliards de dollars annuels que Washington verse à son allié au Moyen-Orient arrivent à expiration, ont indiqué vendredi des responsables cités par le site d'information Ynet.
Le secrétaire à la Défense des États-Unis Chuck Hagel se rendra en Israël la semaine prochaine et la question sera probablement soulevée par ses hôtes, ont révélé des sources à Ynet.
En raison de manque de fonds, un exercice militaire annuel du Front intérieur de Tsahal prévu en juin a été annulé, ont annoncé vendredi le ministre de la Défense israélien Moshe Yaalon et chef d'état-major de Tsahal, le lieutenant-général Benny Gantz.
Une source de la défense citée par Ynet a confié qu'il s'agit d'une "première étape vers un arrêt presque complet des formations pour l'armée israélienne et les responsables de la défense, en raison de contraintes budgétaires. Nous ne nous livrons pas à pas un jeu et il ne s'agit pas de proférer des menaces. C'est tout simplement la réalité".
Jeudi, le ministre israélien de la Défense Moshe Ya’alon a dénoncé dans les médias la crise budgétaire à laquelle l'armée israélienne est confrontée et a exhorté le gouvernement à "desserrer immédiatement le budget de la défense".
Les hauts responsables militaires auraient longuement hésité à évoquer la question du budget de l’armée publiquement, craignant une confrontation directe avec le leadership israélien et pour éviter de porter un coup sévère à la capacité de dissuasion de l’armée israélienne, selon le un rapport du site israélien Ynet.
Depuis quelques temps, Tsahal subit des coupes budgétaires importantes. L’an dernier, le budget de l’armée a diminué de 4.5 milliards de shekels.
"Notre objectif n’est pas d’effrayer les gens", a déclaré le Général de Brigade Agay Yechzkel, en charge de la division de la planification militaire, mais "nous serons obligés d’interrompre le fonctionnement de l’armée".
Le ministre de la Défense Moshe Ya'alon a également souligné la mauvaise gestion du budget de la Défense.
"Ce mois-ci marque l’entrée dans une période difficile", a indiqué Ya’alon qui a précisé que les coupes budgétaires avaient déjà porté atteinte aux entraînements sur le terrain et au niveau de préparation de Tsahal.
"Les négociations sur le budget militaire ressemblent à celles d’un bazar turc (…) Pourquoi devons-nous payer une taxe absurde sur le carburant utilisé pour nos chars et nos avions alors que les transports publics en sont exemptés ? ", a-t-il ajouté.
Les responsables du budget ont rapidement réagi, estimant que le ministre de la Défense avait opté pour "la facilité" au lieu de songer à réduire les dépenses militaires excessives et les pensions gonflées.
En octobre dernier, le gouvernement israélien a voté une augmentation de 2,75 milliards de shekels (573 millions d'euros) pour le budget de la défense israélienne moins de six mois après avoir voté un budget pour la défense en baisse de 3 milliards de shekels, défendu par le ministre des Finances Yaïr Lapid dans le cadre d'un budget d'austérité dont il avait souligné la nécessité pour la santé de l'économie israélienne.
Les dirigeants de la défense, arguant des dangers que représentent le conflit syrien, les troubles dans le Sinaï égyptien voisin et la menace nucléaire iranienne, avaient fait activement campagne contre des coupes dans leur intouchable budget, réclamées par Lapid comme par ses prédécesseurs.
Ils avaient précisé que les politiciens devraient assumer leurs responsabilités s'ils minaient la capacité d'Israël à se défendre.
M. Lapid avait rétorqué que, si les dépenses militaires ne sont pas maîtrisées, le couperet devra tomber sur la santé, l'éducation et les prestations sociales pour enrayer le déficit budgétaire.
Source I24News
