Le cabinet interministériel chargé des Affaires législatives a approuvé le projet de loi qui autorisea les médecins à traiter les prisonniers en grève de la faim contre leur volonté et en particulier à les nourrir de force. Selon le projet de loi, présenté par le ministre israélien de la Sécurité intérieure Yitshak Aharonovitch, ce sera aux tribunaux qu'incombera la charge d'autoriser, ou pas, l'administration pénitentiaire de traiter les détenus en dépit de leur refus...
"Une décision concernant un problème aussi sensible, qui nécessite une prise en compte de l'équilibre de divers facteurs, ne doit pas être prise par l'administration ou le corps médical, responsables de l'intégrité physique d'un détenu en grève de la faim, mais doit être du ressort de l'appareil judiciaire", peut-on lire dans l'avant-projet de loi.
Le tribunal doit approuver cette procédure seulement après s'être assuré que toutes les mesures pour aboutir à un accord avec le prisonnier ont bien été prises et après plusieurs tentatives pour le convaincre d'accepter le traitement.
Le journal israélien Haaretz souligne que ce projet de loi risque de soulever des problèmes de conscience pour certains médecins. Mais dans une note jointe à l'avant-projet, on peut lire: "Il n'y a pas lieu de contester le fait qu'un médecin est lié à son serment de faire tout ce qui est en son pouvoir pour soulager les souffrances et apporter une assistance médicale aux patients dont il a la charge".
Mais il y est cependant ajouté: "Il y a des situations dans lesquelles la personne tritée ne coopère pas pour des raisons diverses avec le traitement proposé et s'oppose même par la force à aux examens médicaux appropriés. Ceci pose un sérieux dilemme au médecin traitant car il est, d'une part, responsable de la santé de la personne avec la possibilité de lui accorder une assistance médicale voire même de sauver sa vie, et, d'autre part, il se doit respecter la liberté du patient, d'accepter son droit à prendre ses propres décisions concernant sa vie et sa santé".
L'avant-projet, étudié ce dimanche, est la conséquence de grèves de la faim récurrentes de détenus sécuritaires palestiniens qui se déroulent dans les prisons israéliennes depuis 2012.
Parallèlement, un juge fédéral américain a ordonné la suspension jusqu'à mercredi de l'alimentation forcée d'un détenu de Guantanamo.
Abou Wa'el Dhiab, un détenu syrien de 42 ans, qui a été déclaré libérable en 2009, est emprisonné sans jugement à Guantanamo depuis plus d'une dizaine d'années. Jusqu'au mercredi 21 mai, il ne devra plus être nourri de force. La juge fédérale Gladys Kessler a également exigé la saisie d'enregistrements vidéo des traitements infligés à ce détenu entre le 9 avril 2013 et le 19 février 2014.
Selon l'organisation de défense des droits de l'homme Reprieve, les prisonniers qui font la grève de la faim à Guantanamo sont extraits de leur cellule, maîtrisés "souvent avec violence" et nourris de force. La santé de ce père de quatre enfants s'est "sérieusement détériorée", il est "très dépressif" et circule en chaise roulante.
Les avocats du gouvernement américain ont confirmé que Dhiab, qui est né au Liban, était sur la liste des personnes à nourrir de force. Cette information intervient alors que les autorités du centre pénitentiaire ont refusé depuis la fin de l'année dernière de fournir des informations sur les grévistes de la faim et le traitement qui leur est réservé.
Plus de douze ans après l'arrivée des vingt premiers détenus à Guantanamo, le 11 janvier 2002, la prison renferme encore 154 hommes sur les 779 qui y ont été incarcérés au total, la plupart sans inculpation ni procès. En 2013, des dizaines de détenus avaient mené une grève de la faim pendant plus de six mois et avaient été alimentés de force.
Source I24News
