vendredi 13 mars 2015

Climat : création d’une carte mondiale de la foudre à l’Université de Tel-Aviv

La carte mondiale de la foudre
 
Le Prof. Colin Price du Département de géosciences de l’Université de Tel-Aviv et sa doctorante Keren Mezuman ont établi la première carte interactive permettant de suivre la répartition des orages et de la foudre sur toute la planète de manière continue...


Leur étude, publiée dans la revue Environmental Research Letters, pourra s’avérer cruciale pour évaluer l’effet des changements climatiques sur l’un des phénomènes météorologiques les plus problématiques à travers le monde, possédant des répercussions directes sur le grand public, l’agriculture et l’industrie.
D’après les chercheurs, la fréquence de la foudre augmentera de 25 pour cent d’ici la fin du siècle.
“Jusqu’à présent les satellites ne fournissaient que des clichés instantanés de l’impact des orages”explique le Prof. Price. “Nous voulons utiliser notre algorithme pour déterminer comment le changement climatique va en affecter la fréquence et l’intensité. Selon les prévisions de changement climatique, chaque hausse de un pour cent de la température globale entraine une augmentation de 10 pour cent de l’activité orageuse. Cela signifie que d’ici la fin du siècle on verra 25 pour cent d’éclairs en plus”.
Pour créer cette carte, le Prof. Price et sa doctorante ont utilisé le World Wide Lightning Location Network (WWLLN), vaste réseau mondial de localisation des orages composé de 70 stations météorologiques gérées par des spécialistes en sciences atmosphériques des universités et instituts de recherche à travers le monde, capable de détecter les ondes radio produites par la foudre, principale caractéristique de l’orage, à des milliers de kilomètres.
La station du WWLLN en Israël a la capacité de détecter la foudre jusqu’en Afrique centrale.
L’équipe de l’UTA a utilisé ce système de détection au sol pour regrouper les éclairs individuels en ‘cellules d’orages’.
Les chercheurs ont enregistré le temps GPS exact de chaque impulsion de foudre détectée toutes les heures pendant sept ans. Ils ont ensuite calculé la différence de temps d’arrivée des signaux, en utilisant les données de quatre à cinq stations distinctes pour localiser les coups de foudre partout à la surface du globe. Enfin, ils ont réparti les éclairs individuels détectés en ‘grappes de cellules orageuses’.
“En regroupant les coups de foudre en ‘cellules’, nous avons découvert qu’il y avait environ 1000 orages actifs à tout moment quelque part sur la planète” a commenté le Prof. Price. Les chercheurs ont également constaté que les occurrences de la foudre culminaient à 19 heures GMT (20h. française et 21h. israélienne), l’activité orageuse la plus faible étant localisée à 3 heures du matin GMT. Bien que selon les études antérieures 90 pour cent des éclairs se seraient produit sur les terres, l’étude de l’UTA a révélé que seules 50 pour cent des cellules d’orages se trouvaient au-dessus des zones terrestres, ce qui implique que les tempêtes terrestres produisent beaucoup plus de foudre que celles des océans.
“Nous travaillons à présent sur la manière dont les coups de foudre se répartissent dans les tempêtes, et sur le changement du nombre et de l’intensité des orages à l’avenir” a annoncé le Prof. Price.
Source SiliconWadi