La campagne internationale de boycott contre Israël aurait coûté au pays jusqu'à présent environ 100 millions de shekels (21 millions d'euros), a rapporté le quotidien israélien Maariv vendredi. Selon le rapport, les appels à boycotter les produits fabriqués dans les implantations de Cisjordanie devraient croître en Europe, ce qui devrait réduire encore davantage les importations européennes en provenance d'Israël...
Le montant global des exportations des implantations en Europe est estimé à environ 300 millions de shekels (63 millions d'euros).
L'économie d'Israël s'appuie fortement sur les exportations. Le ministère israélien des Finances estime qu'une baisse de seulement 20% des exportations vers les États membres de l'UE pourrait coûter à l'économie israélienne 4,1 milliards d'euros en exportations annuelles - et faire perdre 9800 emplois instantanément.
Lors d'un discours prononcé début mars à Washington devant le lobby pro-Israël AIPAC, le Premier ministre israélien a tenté de minimiser les effets de la campagne BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions). "Le boycott du BDS ne pourra pas arrêter l’essor technologique d’Israël", a-t-il dit, qualifiant ce mouvement d'"erroné et dangereux".
"Le BDS est mauvais pour la paix. II transforme Israël en un Etat illégitime", a lancé le Premier ministre en expliquant que les partisans de cette campagne de boycott étaient "antisémites".
"Ceux qui s’opposent au BDS doivent être ovationnés", a déclaré Netanyahou en remerciant directement l’actrice américaine Scarlet Johannsson, qui a publiquement dénoncé les pressions du BDS.
En février, Netanyahou a déclaré lors de la Conférence des présidents à Jérusalem que la campagne de boycott est "une nouvelle campagne contre nous. [Les gens] pensent que les boycotts vont nous toucher. Mais ce n'est pas nouveau. Les boycotts contre les Juifs ont toujours existé".
"Les Européens parlent de boycotter les Juifs? C'est scandaleux. Le BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions, ndlr) veut voir la fin de l'Etat juif. Ceci doit être clairement affiché. Ce sont des antisémites classiques. Dans le passé, les antisémites ont boycotté les magasins juifs. Aujourd'hui, ils appellent au boycott d'Israël. Nous devons les combattre et boycotter les boycotteurs", avait déclaré le Premier ministre.
Un premier groupe étudiant irlandais a voté jeudi en faveur de l'appui la la campagne BDS, a rapporté le site d'information galwaybayfm.ie .
En avril, le syndicat des enseignants de l'Irlande est devenu le premier syndicat de l'éducation en Europe à adopter un boycott des universités israéliennes.
Dans un communiqué publié fin février, le YMCA-YWCA norvégien s'est prononcé en faveur de la campagne BDS.
Début mars, des étudiants de l'université canadienne de Windsor en Ontario ont rejoint la campagne de boycott universitaire ciblant Israël.
En avril 2013, la fédération étudiante de l'Université de York au Canada avait décidé de rejoindre le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions). Le mouvement a appelé l'université de York à vendre ses parts dans les sociétés qui tirent des bénéfices en faisant des affaires d'Israël.
En décembre 2013, l'American Studies Association (l’un des principaux syndicats américains de chercheurs et d’enseignants) a pris à l'unanimité la décision de boycotter les institutions universitaires israéliennes.
En 2011, l'université de Johannesburg en Afrique du sud, a rompu ses relations avec l'Université Ben Gourion de Beer Sheva, dans le sud d'Israël , une initiative encouragée par l'archevêque Desmond Tutu.
Le mouvement BDS soutient le boycott d'Israël, pas seulement des implantations juives en Cisjordanie, dans le but de "mettre fin à l'occupation israélienne des terres arabes et pour l'octroi d'un droit de retour des réfugiés palestiniens".
La campagne est qualifiée d'inefficace en Israël, où elle y est dépeinte par les autorités comme un mouvement "antisémite" qui tente de "délégitimer l'Etat juif".
Source I24News
