« Il y aura un prix à toute intervention militaire en
Ukraine ! », a réagi le président Barack Obama en apprenant, le 28 février
dernier, l’ordre de pré-mobilisation en direction de la Crimée donné par
Vladimir Poutine à 150 000 soldats de son armée afin de « défendre les intérêts
russes » en interférant directement dans la grave crise politique qui secoue
l’Ukraine depuis des mois...
Or ce brusque changement de ton américain s’est confirmé le lendemain, lorsque l’hôte de la Maison-Blanche s’est entretenu directement par téléphone de ce brûlant dossier avec Poutine pendant plus de 90 minutes : une conversation qualifiée par un membre de l’entourage d’Obama, « comme la plus difficile qu’ait tenu le président depuis son entrée en fonction ».
Après que les chars russes se sont déjà emparés le 2 mars des grandes villes russophones de Crimée - une ex-République soviétique incluse à l’URSS jusqu’en 1954, date à laquelle elle fut intégrée à la République socialiste soviétique d’Ukraine, puis en 1991 à l’Ukraine indépendante comme République autonome -, le pire peut très bien arriver : à savoir une intervention russe militaire massive et sanglante à Kiev, capitale de l’Ukraine, ce qui plongerait les relations entre Moscou et Washington dans la pire crise jamais vue depuis l’entrée des chars soviétiques à Prague au printemps 1968…
Même momentané - puisque Washington et d’autres pays occidentaux ont déjà gelé leurs préparatifs du sommet du G8 prévu en juin prochain à Sochi - où Poutine vient de clôturer des Jeux olympiques d’hiver de pur prestige qui lui ont coûté 50 milliards de dollars -, tout retour à la Guerre froide et donc à un bras de fer constant entre les USA et la Russie serait négatif pour Israël, et ce, pour plusieurs raisons.
La première a trait au dossier iranien : bien que vertement critiqué par Jérusalem pour n’avoir pas stoppé la course des mollahs iraniens au nucléaire, l’accord temporaire signé en novembre dernier à Genève par les puissances du P 5 + 1, dont la Russie, lie en quelque sorte les mains de Moscou en associant Poutine à une solution négociée et globale de ce sulfureux dossier au niveau de la communauté internationale. Or toute explosion de ce processus qui serait provoquée par un raidissement entre Moscou et Washington jetterait la Russie dans les bras des Iraniens aux plans à la fois politique et militaire, ce qui pourrait provoquer les pires scénarios d’affrontement…
Même chose en ce qui concerne les
complexes dossiers syrien et palestinien : au lieu d’être associée à des programmes (plus ou moins efficaces) de désescalade, comme l’accord sur le démantèlement des armes chimiques d’Assad ou le « plan-cadre » façonné par le secrétaire d’État John Kerry censé structurer les pourparlers israélo-palestiniens toujours dans l’impasse, une Russie durement isolée économiquement et diplomatiquement par l’Occident se retrouverait, à n’en pas douter, tentée de défendre encore plus la survie du régime Assad et de se jeter dans les bras des Palestiniens.
Source Hamodia
